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La Ville d’Ottawa augmente son budget pour le logement abordable mais a besoin d’aide

Un travailleur de la construction sur le site d'un projet de logements.

Les dépenses en immobilisations ne sont pas assez ambitieuses, selon certains intervenants. (Photo d'archives)

Photo : La Presse canadienne / Spencer Colby

Radio-Canada

La Ville d'Ottawa dépensera près de 50 % de plus pour construire de nouveaux logements abordables l'année prochaine, mais cette augmentation de budget ne se traduira pas nécessairement par un plus grand nombre d'unités sur le marché, car la Municipalité aura besoin de l'aide des gouvernements fédéral et provincial.

Deux ans et demi se sont écoulés depuis que le personnel municipal a publié son plan financier à long terme pour le logement, qui prévoyait une contribution municipale de 15 millions de dollars et un plan de collaboration avec d'autres ordres de gouvernement pour construire au moins 500 logements abordables par an. Toutefois, il n'a pas fallu longtemps pour que ce plan s'avère irréalisable.

La Municipalité d'Ottawa n'a pas atteint son objectif annuel en 2021 ou en 2022, n’ayant pas pu obtenir le financement extérieur dont elle avait besoin. La Ville a augmenté ses dépenses d'un million de dollars cette année, mais le financement des autres ordres de gouvernement n'a toujours pas suivi.

Avec l’inflation, les sommes consacrées au logement n'ont plus la même portée, a expliqué aux élus la trésorière municipale adjointe Isabelle Jasmine lors de la réunion du Comité de la planification et du logement cette semaine.

Certaines des hypothèses financières clés qui ont changé depuis 2021 comprennent le coût de la construction, qui a augmenté de 25 à 35 % depuis 2021, a-t-elle indiqué.

L'inflation a également réduit la capacité d'emprunt de la Ville de 22 %, augmentant le montant nécessaire de la contribution en espèces. La nouvelle taxe sur les logements vacants a simplement permis de compenser les déficits, a-t-elle fait remarquer.

Plusieurs conseillers municipaux ont fait valoir que pour convaincre les autres ordres de gouvernement d'engager plus d'argent, il fallait augmenter encore la contribution de la Municipalité pour obtenir un effet de levier, une idée qui n'enthousiasme pas le personnel municipal du service des finances.

L’année prochaine, la Ville prévoit dépenser 23,8 millions de dollars, mais pour que ce plan produise les effets escomptés, il repose également sur des contributions égales de la province et du gouvernement fédéral.

Près de 1800 logements non financés en cours

Les 12 membres du comité ont transmis leur budget au conseil municipal pour la réunion de mercredi. Deux conseillers sont toutefois en désaccord sur la partie concernant le financement du logement abordable : Ariel Troster, conseillère de Somerset, et Tim Tierney, conseiller de Beacon Hill-Cyrville.

Mme Troster souhaitait présenter une motion visant à augmenter les dépenses pour 2024 de 23,8 millions de dollars à 30 millions de dollars. Elle a finalement choisi de s'abstenir.

Pour moi, un doublement net de l'engagement pris dans le plan financier initial à long terme témoigne d'un degré d'ambition supérieur à tout ce que la Ville a fait à ce jour, a-t-elle fait savoir.

Les conseillers municipaux d'Ottawa Ariel Troster, Jeff Leiper et Riley Brockington sont assis derrière un bureau pendant une séance du conseil municipal.

Les conseillers municipaux d'Ottawa Ariel Troster, Jeff Leiper et Riley Brockington (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Felix Desroches

Elle a évoqué les projets de 1794 logements pour un coût total de 370 millions de dollars mais qui ne sont pas encore financés.

Mon objectif consiste à faire en sorte que chacun de ces logements soit financé au cours de la présente législature. Cela permettrait de réduire l'ampleur de la crise avec laquelle nous sommes aux prises.

Mme Troster a fait valoir un point soulevé précédemment par plusieurs intervenants en matière de logement, à savoir qu'un engagement plus fort pourrait pousser le gouvernement fédéral à accéder à la demande de la Ville d’obtenir du fédéral des sommes du fonds destiné à accélérer la construction de logements.

Les intervenants illustrent l'ampleur de la crise du logement

Des intervenants qui travaillent avec des locataires à faible revenu et des usagers de refuges ont applaudi la décision de la Ville d'augmenter ses dépenses annuelles pour des projets d'investissement dans le logement abordable mais ont exhorté les conseillers à faire encore plus.

Je pense que c'est une chose incroyablement positive que nous avons vue aujourd'hui, a commenté en entrevue la directrice générale de l’Alliance canadienne pour mettre fin à l'itinérance d'Ottawa, Kaite Burkholder Harris. Toutefois, je souhaiterais que le conseil municipal soit encore plus ambitieux, car nous n'avons plus de temps à perdre.

Mme Burkholder Harris a souligné d'autres problèmes liés au marché de la construction, notamment le manque de main-d'œuvre qualifiée.

Kaite Burkholder Harris, assise, parle au micro.

Kaite Burkholder Harris, directrice générale de l'Alliance canadienne pour mettre fin à l'itinérance d'Ottawa

Photo : Radio-Canada / Francis Ferland

Les villes de la province s'efforcent de faire face aux changements législatifs qui les obligent à accélérer les approbations pour la construction de logements tout en recevant moins d'argent des droits d'aménagement.

Cependant, elle a également souligné que pour une rare fois, tous les ordres de gouvernement ont la même priorité.

Nous avons une occasion à saisir. Ne planifions pas uniquement en fonction de la crise : regardons vers l'avenir et demandons-nous où nous voulons être dans cinq ans, a-t-elle lancé.

Mme Burkholder Harris a suscité la stupeur de nombreux conseillers lorsqu'elle a présenté une nouvelle étude réalisée par l'expert en logement Steve Pomeroy, qui suggère que les logements abordables disparaissent du marché plus rapidement qu'ils ne sont construits.

Selon M. Pomeroy, pour chaque nouvel appartement mis sur le marché entre 2011 et 2021, Ottawa a perdu 31 logements dont le prix est inférieur à 1000 $ par mois. Cela comprend les logements qui ont été démolis ou rénovés, transférés sur le marché de la location à court terme ou simplement remis en vente à un prix plus élevé.

Les refuges bondés mettent la crise en lumière

Le directeur général de la Mission d'Ottawa, Peter Tilley, a dressé un tableau de la façon dont le manque de logements abordables accroît la pression sans précédent sur les refuges.

Nous avons de 25 à 30 personnes la nuit, parfois plus dans la zone d'attente, qui attendent parfois six ou sept jours pour un matelas ou pour un lit... Nous n'avons jamais été aussi occupés, a-t-il raconté à CBC.

Peter Tilley sourit pour la photo.

Le président-directeur général de la Mission d'Ottawa, Peter Tilley (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Arthur White-Crummey

Faute d'un endroit où se coucher, beaucoup se contentent de dormir assis sur des chaises pliantes.

L'augmentation proposée du financement est énorme, a reconnu M. Tilley, mais selon lui, ce n'est pas tant la Ville qui est en cause que les autres ordres de gouvernement, notamment le fédéral, qui n'a pas de plan pour de nombreuses personnes qui dépendent de la Mission, tout particulièrement les demandeurs d'asile, a-t-il partagé.

C'est donc à nous tous de prendre le relais.

Le maire s'engage à continuer à négocier avec Ottawa

Le président du Comité de la planification et du logement, Jeff Leiper, a expliqué qu'il a été tenté de réclamer davantage de fonds pour le logement abordable. Cependant, il est convaincu que le personnel municipal a déjà utilisé toutes les ressources financières possibles pour les affecter à résoudre ce problème.

Le maire Mark Sutcliffe partage cet avis.

La population d'Ottawa augmente très, très rapidement et je pense que toute la conversation autour du logement a changé, a-t-il réagi à l'extérieur de son bureau. Nous sommes soumis à des pressions, mais je pense que nous avons des solutions.

Mark Sutcliffe en entrevue.

Le maire d'Ottawa, Mark Sutcliffe (Photo d'archives)

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Depuis son entrée en fonctions, M. Sutcliffe a compris que l'établissement de relations avec les autres ordres de gouvernement est une de ses tâches les plus importantes.

Nous ne pouvons pas agir seuls. Nous avons besoin de nos partenaires des gouvernements fédéral et provincial, a-t-il jugé, et nous avons eu de nombreuses conversations avec le gouvernement fédéral en particulier.

Avec les informations d’Elyse Skura, de CBC News

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