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Fausses lettres d’avocat, faux sites web : attention aux fraudes à l’héritage

Une nouvelle version de cette vieille arnaque est plus crédible que jamais.

Une lettre d'avocat. Le mot «FAUX» est superposé sur l'image.

Plusieurs Québécois ont reçu des lettres semblables à celle-ci ces dernières semaines.

Photo : Frédéric Brousseau

De fausses lettres d’avocat qui font croire que le destinataire est l’héritier de plusieurs millions de dollars atterrissent dans les boîtes aux lettres de résidents de plusieurs régions du Québec depuis quelques semaines. Les arnaques à l’héritage comme celle-ci ne datent pas d’hier, mais cette nouvelle version du stratagème est plus sophistiquée que jamais, puisque les fausses firmes légales qui rédigent les lettres ont même leurs propres faux sites web.

Je vous prie de m'excuser si ma lettre vous a surpris, puisqu'il n'y a pas eu de correspondance antérieure entre nous, peut-on lire dans la lettre reçue par un résident de la région des Laurentides signalée aux Décrypteurs.

Il existe une police d'assurance vie permanente non réclamée détenue par notre client décédé. La transaction concerne un dépôt monétaire d'épargne non réclamé, payable au décès, d'un montant de onze millions cinq cent cinquante mille et trois cents dollars américains (11 550 300 $ US).

Depuis la mi-novembre, des citoyens des régions du Grand Montréal et de Chaudière-Appalaches ont reçu des lettres semblables, écrites en anglais plutôt qu’en français. Les phrases dans les lettres et le montant à réclamer sont les mêmes, et la supposée personne décédée a le même nom de famille que le destinataire. Elles ont toutes été envoyées depuis le Canada.

Identiques en apparence, ces trois lettres sont rédigées par de fausses firmes d’avocats américaines : Hensley, Bates & Partners LLP, Victor Caputo Law et Creech, Abbot & Partners LLP. Ces firmes ont toutes leur propre site web, l’adresse étant indiquée à même la fausse lettre. Ces sites ont une esthétique assez léchée et contiennent plusieurs sous-sections types d’autres sites Internet de cabinets d’avocats.

Selon l’outil d’analyse DomainTools, ces domaines ont été enregistrés entre fin octobre et début novembre. Certains d’entre eux partagent des adresses IP avec d’autres sites de fausses firmes d’avocats. Plusieurs passages qui s’y trouvent sont plagiés de sites web de vrais cabinets d’avocats.

Une fraude commune et répandue

Les arnaques à l’héritage font des victimes partout dans le monde depuis des années. Il s’agit d’une variation de la fameuse arnaque du prince nigérian, qui gagne en popularité depuis les années 1990 (Nouvelle fenêtre). Une fois que la victime contacte le fraudeur, celui-ci lui demandera de payer des droits avant que les montants promis soient remis. Or, l’héritage en question n’existe pas, et l’argent versé est irrécupérable.

C’est certain que cette fraude a évolué durant les dernières années, car les fraudeurs peuvent maintenant facilement créer des sites web et des adresses courriel frauduleuses. C’est important de vérifier l’adresse physique de la firme, le numéro de téléphone et l’adresse web avant de procéder ou de donner de l’information personnelle, met en garde le porte-parole du Centre antifraude du Canada (CAFC), Jeff Horncastle.

Le modèle de lettre dont il est question dans cette plus récente vague d’envois au Québec circule depuis quelques années. Nous avons pu trouver une douzaine d’exemples de lettres identiques ayant circulé depuis 2020 un peu partout au Canada, mais aussi aux États-Unis et en Nouvelle-Zélande. Dans ce type de fraude aux États-Unis, les faux cabinets d’avocats affirment être installés au Canada.

La plupart des sites web apparaissant dans les lettres semblent liés. Ils ont des caractéristiques communes et la plupart d’entre eux ont été enregistrés à l’aide du même service d’hébergement européen, selon DomainTools. Il est donc possible qu’un seul acteur ou groupe d’acteurs soit à l'origine de ces envois.

Le CAFC considère que les arnaques à l’héritage font partie des fraudes de la catégorie offre d'argent étranger. Les Canadiens ont signalé avoir perdu près de neuf millions de dollars dans ce type de fraude depuis 2021, selon les statistiques du Centre, qui n’offrent qu’un portrait partiel de la situation.

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