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Les affectations, au cœur du litige entre les enseignants et la partie patronale

Des gens manifestent dehors avec une pancarte et des drapeaux rouges.

Les 66 500 membres des syndicats affiliés à la Fédération autonome de l'enseignement (FAE) sont en grève générale illimitée depuis le 23 novembre.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Les membres des syndicats affiliés à la Fédération autonome de l'enseignement (FAE) ont manifesté en grand nombre mercredi matin à travers le Québec pour exprimer leur colère face aux demandes gouvernementales dans les négociations entourant le renouvellement de leur convention collective. Celles concernant les affectations ne passent tout simplement pas.

La FAE déplore la volonté du gouvernement d’effectuer des changements majeurs dans les processus d’affectation, d’embauche, de mutation et de listes de priorité, des clauses qui sont normalement négociées à l'échelle locale entre ses neuf syndicats affiliés et les centres de services scolaires.

Ce que le gouvernement propose de faire, c’est de s’ingérer au niveau national dans les ententes locales et d’imposer une solution sans qu’aucune contrepartie ne soit offerte aux profs qui vont subir les frais de ça, a affirmé Mélanie Hubert, présidente de la Fédération autonome de l'enseignement (FAE), en conférence de presse à Québec.

Des gens manifestent avec des drapeaux sur le bord d'une rue, devant un pont.

Les membres des syndicats affiliés de la FAE sont sans contrat de travail depuis le 31 mars dernier.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

De par leur nature, les changements proposés auraient des impacts significatifs sur l’organisation du travail des enseignants et ont besoin de plus de temps pour être négociés, selon Mme Hubert.

Penser trouver des solutions porteuses pour l'ensemble du réseau et penser qu’on va réussir à inclure ça dans une entente avant les Fêtes, c’est absolument irréaliste. Et honnêtement, c’est irresponsable considérant que présentement il y a 66 500 profs dans les rues et un demi-million d’élèves qui ne vont pas à l’école.

Une citation de Mélanie Hubert, présidente de la Fédération autonome de l'enseignement

Grèves dans le secteur public au Québec

Consulter le dossier complet

Des manifestants sont massés devant l'Assemblée nationale et brandissent pancartes et banderoles.

Si on veut travailler dans le respect des gens et des syndicats locaux, ça va prendre du temps. Du temps que nous n'avons pas en ce moment.

De plus, la FAE et ses syndicats affiliés estiment que les solutions mises de l’avant par le gouvernement provincial ne régleraient en rien les problèmes de pénurie d’enseignants, de recrutement et de stabilité dans le système de l’éducation, qui se dégrade depuis 20 ans.

Un énième changement de structure négocié rapidement sur le coin d’une table dans une négociation nationale, qui n’est même pas le bon lieu pour le faire, ça ne réglera rien, croit la présidente de la FAE.

Un recul pour les enseignants

Québec demande à la FAE et à ses membres une plus grande souplesse dans les négociations, mais Mélanie Hubert est catégorique.

Ce n'est pas le syndicat qui est rigide; c’est que les profs qu’on représente jugent que les solutions, particulièrement sur les affectations, vont les ramener 30 ans en arrière.

Outre l’uniformisation des pratiques au niveau national, le gouvernement du Québec souhaiterait établir le 30 juin comme date butoir pour le processus d'affectation. En annulant la séance du mois d’août, il confierait le pouvoir décisionnel aux directions de services scolaires en matière d’affectation pendant la période estivale.

Concrètement, ce que ça veut dire, c’est que ça va enlever des choix à notre personnel précaire sur les listes de priorités, et des opportunités d’obtenir un contrat qui répondrait peut-être mieux à leurs besoins et à leurs intérêts, a expliqué Mme Hubert.

Elle dénonce aussi la volonté de la partie patronale de forcer les enseignants à accepter des contrats sous peine d’être radiés des listes de priorité s’ils refusent une tâche qui ne leur convient pas.

Les effets des propositions patronales en termes d'affectation ne favoriseront pas la rétention de personnel, bien au contraire. Ça ne favorisera pas l’épanouissement et le bien-être du personnel enseignant. Le gouvernement manque sa cible en ce moment.

Une citation de Mélanie Hubert, présidente de la Fédération autonome de l'enseignement

Les membres des syndicats affiliés de la FAE sont sans contrat de travail depuis le 31 mars dernier. Ils ont déclenché une grève générale illimitée le 23 novembre, même s’ils ne bénéficient pas d’un fonds de grève.

Malgré tout, Mélanie Hubert soutient que les enseignants ne fléchiront pas tant qu'ils n'auront pas obtenu de meilleures conditions, notamment salariales.

Année après année, le système perd une proportion importante de gens qualifiés, compétents, parce qu’on n’a pas su prendre soin d’eux, dit-elle. On observe un problème de désertion depuis des années et ce n’est pas un changement radical dans les séances d'affectation qui vont permettre de renverser la vapeur.

La FAE et ses membres espèrent que Sonia LeBel, présidente du Conseil du Trésor, mettra tout son poids pour débloquer les discussions aux tables de négociations, où les parties impliquées sont dans une impasse. Ils jugent que les centres de services scolaires ne sont pas au rendez-vous présentement pour améliorer la situation.

La Fédération autonome de l'enseignement considère toujours la possibilité de faire appel à un négociateur.

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