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Santé publique Ottawa préconise d’interdire progressivement le tabac

Une personne fume une cigarette.

Santé publique Ottawa partage l'objectif de la Nouvelle-Zélande de réduire le taux de tabagisme à moins de 5 %. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / David Donnelly

Radio-Canada

Santé publique Ottawa (SPO) demande au gouvernement fédéral de suivre l'exemple de la loi néo-zélandaise antitabac (Smoke-Free Generation), visant à interdire la vente de cigarettes aux personnes nées après 2008 pendant toute leur vie.

Même si la Nouvelle-Zélande a finalement décidé d’abandonner sa loi antitabac pour financer des baisses d’impôts, SPO recommande à Santé Canada d'adopter une approche similaire lors de la révision de la Loi sur le tabac et les produits de vapotage.

Selon les autorités de santé publique locales, les restrictions actuelles ne sont pas suffisantes pour protéger les jeunes de la dépendance. Santé publique Ottawa a également insisté pour que le gouvernement fédéral fixe à 21 ans l'âge minimum pour acheter du tabac, de la nicotine et des produits de vapotage.

L'année dernière, le gouvernement néo-zélandais de Jacinda Ardern, alors première ministre, a adopté une loi visant à relever progressivement l'âge de consommation du tabac afin d'empêcher toute personne née à partir du 1er janvier 2009 de pouvoir acheter légalement des cigarettes dans le pays. L'interdiction devait entrer en vigueur en 2027.

Cette politique aurait également éliminé près de 90 % des points de vente et envisageait de réduire le taux de nicotine dans les cigarettes.

Mais les élections du mois dernier ont entraîné l’arrivée au pouvoir d’un nouveau gouvernement de coalition en Nouvelle-Zélande, qui a décidé de revenir sur cette loi.

SPO n’avait aucun intervenant de disponible pour commenter ces propositions, qui figurent dans un rapport destiné au Conseil de santé de la ville. Dans ce document, les autorités de santé publique locales expliquent que la Nouvelle-Zélande partage l'objectif du Canada de réduire le taux de tabagisme à moins de 5 %.

Le bon sens ou une aubaine pour les criminels ?

Le Dr Andrew Pipe, professeur à la faculté de médecine de l'Université d'Ottawa et spécialiste du sevrage tabagique, estime que cette proposition est tout à fait sensée. Il va même plus loin en affirmant que l'interdiction générationnelle devrait s'appliquer à tous les produits contenant de la nicotine, et pas seulement aux cigarettes.

C'est un très bon moyen de restreindre l'accès aux produits du tabac, a-t-il réagi. Vous aurez ainsi une cohorte de jeunes qui ne pourront absolument pas acheter de produits à base de nicotine, et c'est important parce que la nicotine est la drogue qui crée la dépendance la plus tenace à laquelle nous avons affaire dans notre communauté.

Les trois hommes sont assis dans le studio des médias de Queen's Park, en train de donner une conférence de presse.

En 2017, le Dr Andrew Pipe (à gauche) faisait partie des membres du comité directeur chargé de la modernisation de la stratégie Ontario sans fumée avec Michael Perley et le Dr Robert Schwartz. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Claudine Brulé

Selon Sir Collin Tukuitonga, président du Collège néo-zélandais de médecine de santé publique, la politique Génération sans tabac (Smoke-Free Generation) est à la pointe du progrès et innovante. Selon lui, une telle mesure pourrait tout à fait être implantée au Canada, rappelant que le Royaume-Uni envisage une loi quasi similaire à celle de la Nouvelle-Zélande. Le taux de tabagisme en Nouvelle-Zélande est déjà faible, environ 8 %, explique M. Tukuitonga, mais il peut encore baisser, juge-t-il.

Nous pensons que l'ensemble des mesures - éducation, législation, réduction de la disponibilité par un nombre limité de points de vente - conduira globalement à une réduction continue [du tabagisme], a-t-il déclaré.

Analyste politique au sein de l'Association pulmonaire du Canada, Sarah Butson, juge qu'il est inutile que les jeunes puissent acheter du tabac à l'avenir, compte tenu des effets néfastes du tabagisme.

Il s'agit d'une stratégie très sensée pour s'assurer que les jeunes générations ne peuvent tout simplement pas se procurer ces produits. Nous savons que l'éducation publique, comme c'est malheureusement le cas pour la plupart des questions de santé, n'a qu'une portée limitée.

Sarah Butson assise dans un restaurant.

Sarah Butson, de l'Association pulmonaire du Canada, se dit d'accord avec la politique néo-zélandaise, car l'éducation du public «n'a qu'une portée limitée».

Photo : Gracieuseté Sarah Butson

Mais Dan Malleck, professeur de sciences de la santé à l'Université Brock et spécialiste de la réglementation des drogues et de l'alcool, a qualifié la politique Génération sans fumée de nouvel exemple de prohibition. Une stratégie qui compte une longue histoire d'échecs, selon lui.

La prohibition ne fonctionne jamais et il s'agit bel et bien de prohibition, a-t-il estimé. Il existe de nombreux moyens de mettre la main sur quelque chose que l'on veut vraiment essayer, et si l'on rend quelque chose d’illégal, cela devient encore plus attrayant pour certaines personnes.

Il fait remarquer que les expériences passées en matière de prohibition ont fourni aux réseaux criminels de nombreuses occasions de tirer profit de la situation.

Il existe des réseaux de contrebande bien établis, rappelle-t-il. Il serait préférable pour la santé publique de se concentrer sur la limitation des effets négatifs [du tabac] sur les autres, ce que nous avons fait avec un certain succès.

M. Malleck note également que la proportion de jeunes qui fument est déjà en baisse. Selon lui, les stratégies les plus efficaces pour réduire le tabagisme consistent à proposer des solutions de remplacement, et non des interdictions.

De plus en plus de vente aux mineurs, selon SPO

Outre les recommandations relatives à l'âge pour consommer du tabac, SPO demande également à Santé Canada d'interdire de fumer et de vapoter sur les territoires fédéraux, tels que les parcs, les sentiers et les plages, et de réglementer le placement de produits à base de nicotine sur les réseaux sociaux et de diffusion en continu, y compris de la part d’influenceurs.

Un panneau d'interdiction de fumer dans un parc

Santé publique Ottawa demande également à Santé Canada d'interdire de fumer et de vapoter sur les territoires fédéraux, tels que les parcs, les sentiers et les plages. (Photo d'archives)

Photo : iStock

L'agence de santé publique fait également pression pour que des incitations financières soient accordées pour des conseils ou des médicaments de sevrage tabagique, et pour que les vendeurs de tabac et de produits de vapotage reçoivent une formation sur le sevrage tabagique.

Selon SPO, les agents chargés de l'application de la législation sur le tabac ont constaté une augmentation significative du nombre de vendeurs de tabac à des personnes de moins de 19 ans à Ottawa ces derniers temps.

Depuis le début de l'année, 114 accusations et sept avertissements ont été portés lors d'inspections sur l'accès des jeunes au tabac, ce qui constitue un nouveau record.

Avec les informations d’Arthur White-Crummey de CBC News

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