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Grève des enseignants : des travailleurs de la construction font appel au SPVM

Le Service de police de la Ville de Montréal a dû intervenir dans certaines écoles après que des travailleurs de la construction ont traversé des lignes de piquetage de professeurs en grève générale illimitée.

Le Service de police de la Ville de Montréal a dû intervenir dans certaines écoles après que des travailleurs de la construction ont traversé des lignes de piquetage de professeurs en grève générale illimitée.

Photo : Gracieuseté

Radio-Canada a appris que des affrontements ont éclaté devant au moins six écoles de Montréal, fermées en raison de la grève générale illimitée, parce que des enseignants s'opposaient à ce que des travailleurs de la construction franchissent leur ligne de piquetage pour y exécuter des travaux à la demande de la CSSDM.

L'Alliance des professeures et professeurs de Montréal dénonce avec vigueur le fait qu'ils aient fait appel aux agents du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) afin de menacer d'arrestation des enseignants en grève dans l'espoir d'avoir accès aux établissements scolaires.

Le vice-président de l'Alliance des professeurs, Patrick Trottier, reçoit l'ordre des policiers de laisser passer des travailleurs de la construction à l'école primaire Saint-Émile, sinon des arrestations pourraient avoir lieu parmi les professeurs sur les lignes de piquetage.

Le vice-président de l'Alliance des professeurs, Patrick Trottier, reçoit l'ordre des policiers de laisser passer des travailleurs de la construction à l'école primaire Saint-Émile.

Photo : Gracieuseté

C'est une situation tout à fait inacceptable! En ce moment, les profs sont en grève générale illimitée. Ils ne reçoivent pas de salaire. Ils sont dans la rue. Et on le sait pourquoi, c'est pour les conditions de travail, pour les élèves et l'école publique, tonne Catherine Beauvais St-Pierre, présidente de l'Alliance des professeurs.

L'École des métiers de la construction de Montréal, l'école secondaire Robert-Gravel dans le secteur du Mile-End, l'école Jeanne-Mance dans l'arrondissement du Plateau-Mont-Royal et l'école Saint-Émile dans l'arrondissement Rosemont–La Petite-Patrie font partie des établissements scolaires où la police est intervenue auprès d'enseignants en grève.

Grèves dans le secteur public au Québec

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Des manifestants sont massés devant l'Assemblée nationale et brandissent pancartes et banderoles.

Les travailleurs de la construction qui ont demandé aux policiers d'intervenir à l'école primaire Saint-Émile n'ont pas voulu s'identifier ni préciser s'ils avaient une affiliation syndicale quand Radio-Canada a tenté de les questionner sur place.

Trois travailleurs de la construction amènent du matériel dans une école.

Un travailleur de la construction est escorté par la police pour aller récupérer des outils sous l'œil attentif d'un enseignant du primaire de l'école Saint-Émile.

Photo : Gracieuseté

Profiter des écoles vides pour faire des travaux pendant la grève nous laisse penser que notre employeur nous méprise encore plus que ce qu'on ressentait déjà. Le CSSDM (Centre de services scolaire de Montréal) n'a aucun respect pour la grève qu'on est en train de faire, dénonce la présidente de l'Alliance des professeurs.

La situation très tendue a été désamorcée quand les policiers du SPVM ont demandé aux grévistes, avertis d'arrestations probables, de simplement permettre aux travailleurs de récupérer des outils avant de quitter les lieux.

Aller jusqu'à appeler la police, vous comprendrez que pour les profs de niveau primaire, qui se battent pour de meilleures conditions pour leurs élèves, c'est assez insultant!

Une citation de Catherine Beauvais St-Pierre, présidente de l'Alliance des professeurs
Catherine Beauvais St-Pierre, présidente de l'Alliance des professeurs.

Catherine Beauvais St-Pierre, présidente de l'Alliance des professeurs

Photo : Radio-Canada

Tant qu'on sera en grève générale illimitée, les écoles ne fonctionneront pas. Elles ne seront pas ouvertes. C'est le principe de la grève. C'est bon pour les directions d'établissement ou les gens qui veulent faire des travaux sur des chantiers. On ne profitera pas de la grève des profs pour faire avancer des travaux qui traînent depuis longtemps, lance Mme Beauvais St-Pierre.

La CSN solidaire

Invitée à réagir à la situation conflictuelle sur les lignes de piquetage, la CSN rappelle qu'elle représente les employés de soutien au sein du Front commun, qui se trouvent aussi en conflit de travail avec le gouvernement Legault. Mais pour ses autres membres qui ne sont pas en moyens de pression, la situation peut devenir un véritable dilemme.

Légalement, lorsque les travailleurs ne sont pas en grève, ils sont tenus par le Code du travail de fournir une prestation d'emploi. De plus, le Code interdit aux organisations syndicales d'inciter leurs membres à un arrêt concerté de travail lorsqu'ils ne sont pas officiellement en grève, Caroline Senneville, présidente de la CSN.

La centrale syndical recommande à ses membres affiliés, compte tenu du contexte de conflit de travail, de respecter les lignes de piquetage des enseignants.

Toutefois, nous n'encourageons aucun membre à traverser une ligne de piquetage dès qu'il y a un problème d'accessibilité à leur lieu de travail. Nos représentants syndicaux locaux ont la responsabilité de communiquer avec l'employeur dans de telles situations, pour assurer la sécurité de tous les travailleurs, a-t-elle ajouté.

Le CSSDM tient à faire exécuter des travaux

Pour sa part, le Centre de services scolaire de Montréal considère qu’il est de sa responsabilité d’offrir un environnement sécuritaire pour nos élèves et notre personnel tout en respectant les droits légitimes des travailleurs.

Nous croyons que certains projets de construction doivent continuer de progresser, et ce, tant en raison de nos obligations contractuelles que pour les conséquences futures pour les communautés éducatives touchées par ces chantiers. Il faut comprendre que nos échéanciers sont serrés, a répondu le responsable des relations de presse, Alain Perron.

La CSSDM n'entend pas céder à la demande des professeurs en grève de fermer entièrement les établissements scolaires sur son territoire.

Par conséquent, nous désirons permettre à certains entrepreneurs privés d'avoir accès aux terrains et à nos écoles pour l'avancement de nos projets. Nous avons demandé la collaboration de l’Alliance à cet effet, dans l’intérêt des élèves et de leurs membres, ajoute-t-il.

Par ailleurs, le porte-parole se dit surpris par la tournure des événements.

On ne vous cachera pas notre étonnement face à cette interdiction d'accès. D'autant que notre situation contraste avec celle d'autres centres de services scolaires ayant des syndicats affiliés à la FAE, où ils permettent l’accès aux chantiers, tout en exerçant leur droit fondamental de grève, affirme-t-il.

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