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Les événements liés à la guerre Israël-Hamas ont coûté 1,7 M$ au SPVM

Fady Dagher, en entrevue.

Le directeur du SPVM, Fady Dagher, dit ressentir « une anxiété extrêmement élevée, beaucoup de stress, beaucoup de peur », dans les communautés juives et arabo-musulmanes.

Photo : Radio-Canada / Charles Contant

Radio-Canada

Le directeur du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), Fady Dagher, se dit « particulièrement préoccupé » par la situation tendue dans la métropole en raison de la guerre entre Israël et le Hamas, au Proche-Orient.

Selon lui, les événements survenus dans les dernières semaines en lien avec la guerre déclenchée le 7 octobre à la suite de l'attaque du Hamas ont coûté 1,7 million de dollars en heures supplémentaires à son organisation. Ce chiffre inclut la notamment mobilisation d’agents lors d’événements comme des manifestations.

Le SPVM a recensé une soixantaine de manifestations en lien avec la guerre Israël-Hamas au cours des six dernières semaines sur le territoire de la Ville de Montréal. Certaines ont rassemblé des milliers de personnes.

Selon Fady Dagher, il s'agit d'un exemple qui illustre les coûts imprévus auxquels fait face le SPVM. En 2023, son organisation a dépensé 42 millions de dollars de plus en heures supplémentaires que ce qui était budgété. On est tributaire des grands événements, a-t-il déclaré.

Des centaines de personnes marchent au centre-ville derrière une grande banderole représentant le drapeau palestinien avec le message « Révolution jusqu'à la libération ».

Le SPVM a recensé environ 60 manifestations liées à la guerre Israël-Hamas au cours des mois d'octobre et de novembre. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Proche-Orient, l’éternel conflit

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Un panache de fumée s'élève à la suite d'une frappe aérienne israélienne, dans la ville de Gaza, le samedi 7 octobre 2023.

En entrevue à l’émission Tout un matin, sur les ondes d’ICI Première, Fady Dagher a déploré le climat de tension dans la métropole.

Le SPVM a recensé 142 crimes et incidents haineux contre des membres des communautés arabo-musulmanes et juives entre le 7 octobre, date du début du conflit entre Israël et le Hamas, et le 21 novembre. De ce nombre, 35 visaient des membres des communautés arabo-musulmanes et 107 des membres des communautés juives.

Les deux communautés, je les côtoie depuis plusieurs années, plus de 20 ans. Mais ce que je ressens maintenant lorsque je les rencontre de part et d’autre, [c’est] une anxiété extrêmement élevée, beaucoup de stress, beaucoup de peur, a déclaré Fady Dagher.

Un climat de peur

Fady Dagher assure que les tensions causées par la guerre Israël-Hamas se transportent jusque dans les classes universitaires. Il rapporte s’être fait demander par des étudiants de la communauté juive d’accroître la présence policière près des campus.

Dans une classe de socio-politique,[...] avant le 7 octobre, c’était tous des amis, peu importe les origines. Et depuis le 7 octobre, tout le monde s’est polarisé, tout le monde s’est marginalisé, et ça, ça m’inquiète, que la jeunesse vive au quotidien comme ça, a-t-il expliqué.

Ils demandent encore plus de présence policière et surtout de pouvoir mieux porter plainte, soit en ligne, soit dans un poste de quartier sur des incidents et crimes haineux [dont] ils sont témoins.

Une citation de Fady Dagher, directeur du Service de police de la Ville de Montréal

Le chef Dagher déplore également que ce climat de peur mène des membres des communautés arabo-musulmanes et juives à cacher les signes religieux qu’ils portent.

Les signes, ils enlèvent. [...] Ils mettent un capuchon au-dessus d’un voile exprès pour pas être identifiés, pour pas être vus.

Une citation de Fady Dagher, directeur du SPVM

Malgré les demandes des étudiants, il n’entend pas augmenter la présence policière sur les campus des universités en raison de l’indépendance de ces établissements.

Le directeur souligne également que le nombre de plaintes recensées par le SPVM n’est pas nécessairement représentatif de l’ampleur des crimes et incidents survenus depuis le 7 octobre. Selon lui, certains groupes sont plus enclins à porter plainte que d’autres.

Cliquez ici pour écouter l'entrevue accordée par Fady Dagher à l'émission Tout un matin.

Des débordements

Même s’il qualifie certains événements de débordements, Fady Dagher ne considère pas que la situation est hors de contrôle.

Il déplore des événements comme l‘échauffourée à l’Université Concordia, survenue au début de novembre.

Selon lui, la solution serait un appel au calme commun de la part des leaders des communautés juives et arabo-musulmanes.

Il faut faire extrêmement attention dans cette discussion-là. Même si vous êtes pour la paix, c’est trop fragile présentement de parler de dialogue, de médiation, mais je pense qu’éventuellement, il va falloir que les deux côtés on s'assoie ensemble et qu'on puisse sortir un message de calme et de paix de part et d’autre.

Une citation de Fady Dagher, directeur du SPVM

Il espère qu’une telle rencontre aura lieu avant qu’il soit trop tard. Il voudrait [...] que les deux communautés s’assoient soit en conférence de presse, soit dans une sortie médiatique, et demandent un appel à la paix, au calme, ici à Montréal.

Selon lui, il s’agit d’une responsabilité collective que d’assurer la paix sur le territoire de la Ville de Montréal.

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