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Partie pour Dubaï, la présidente de la FTQ revient précipitamment au pays

Magali Picard, dehors, parle dans un micro.

La présidente de la FTQ, Magali Picard, participera à la COP28 qui aura lieu du 30 novembre au 12 décembre, malgré les grèves qui se multiplient dans le secteur public. (Photo d'archives)

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Aussitôt partie, aussitôt rentrée. Montrée du doigt pour un déplacement à Dubaï entamé en pleine crise, la présidente de la FTQ, Magali Picard, annonce qu'elle annule ce voyage et qu'elle retrouvera le Front commun afin de l'aider à conclure une entente avec le gouvernement et de mettre fin aux grèves qui s'enchaînent dans le secteur public.

Je reviens cette nuit, a fait savoir la principale intéressée dans une vidéo partagée sur le compte Facebook de la centrale syndicale, précisant que son avion atterrira à Montréal mercredi à 6 h 30.

Mme Picard dit avoir entendu la colère de ses membres, déçus qu'elle ne soit pas au Québec pour participer aux négociations du Front commun. Je comprends à quel point vous n'êtes pas contents, vous n'êtes pas fiers de cette décision-là, alors on change les plans, dit-elle.

La FTQ avait fait savoir en matinée que sa présidente, l'une des figures de proue du Front commun, ferait partie de la délégation dépêchée à Dubaï, où se déroulera cette année la réunion de la Convention-cadre de l'ONU sur les changements climatiques – communément appelée « COP28 » – du 30 novembre au 12 décembre.

Or, les négociations battent leur plein avec le gouvernement Legault dans le but de renouveler les conventions collectives des employés du secteur public, et de nouvelles journées de grève du Front commun ont été annoncées du 8 au 14 décembre, mardi.

Les quatre chefs syndicaux lors d’une mêlée de presse en face de l’édifice du parlement, à Québec.

Les quatre chefs syndicaux du Front commun. De gauche à droite : Robert Comeau (APTS), Magali Picard (FTQ), François Enault (CSN) et Éric Gingras (CSQ). (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Camille Carpentier

Grèves dans le secteur public au Québec

Consulter le dossier complet

Des manifestants sont massés devant l'Assemblée nationale et brandissent pancartes et banderoles.

Mme Picard explique dans sa vidéo qu'elle devait initialement rester deux semaines aux Émirats arabes unis, puis qu'elle a décidé la semaine passée de revenir au Québec au début de la semaine prochaine, soit le lundi 4 décembre au matin. Son retour sera finalement devancé.

J'étais convaincue que je pouvais faire les deux, a expliqué Mme Picard en entrevue avec l'équipe de l'émission Ça nous regarde. Ce que je m'en viens faire à Montréal cette semaine, j'aurais fait exactement la même chose, a-t-elle plaidé, soulignant au passage qu'elle ne siège pas au comité de négociation.

Mais je réalise que, bon, c'est plus rassurant et ça a plus de bon sens pour tout le monde que je sois à Montréal.

La réaction, oui, elle me surprend. Mais il est clair que [...] la tension est assez haute et que les 420 000 personnes que [le Front commun] représente n'ont pas besoin de stress supplémentaire. Et je n'ai pas envie de faire de distraction compte tenu de tout ça. Alors oui, j'ai décidé de revenir cette nuit.

Une citation de Magali Picard en entrevue à l'émission « Ça nous regarde »

Outre Mme Picard, le numéro 2 de la FTQ, Denis Bolduc, ainsi que des délégués de différents syndicats affiliés sont arrivés à Dubaï lundi avec pour objectif d’influencer les élus sur place, notamment les ministres Pierre Fitzgibbon et Benoit Charette, qui participeront à la COP28 un peu plus tard.

La présidente ayant choisi de rentrer au Québec, c'est son bras droit qui prendra la relève pour porter le message de la centrale, qui participe à ces conférences depuis leur création, en 2015.

Une absence remarquée

Les premières réactions politiques à l'annonce du déplacement de Mme Picard à Dubaï témoignaient d'un certain étonnement, mardi, la libérale Marwah Rizqy et le péquiste Paul St-Pierre Plamondon se disant tous deux surpris de la décision de la présidente de la FTQ.

C'est ordinaire, avait pour sa part lancé le député caquiste Mario Asselin à son arrivée à l'Assemblée nationale.

Le chef conservateur Éric Duhaime avait également estimé sur le réseau X que Mme Picard devait annuler le voyage de la délégation par respect pour les travailleurs syndiqués [...], les parents, patients et citoyens qui subissent les effets de la grève.

Hasard ou coïncidence, le ministre des Finances, Eric Girard, a quant à lui décidé d'annuler son voyage à New York – où il devait rencontrer le commissaire de la LNH, Gary Bettman – pour se concentrer sur le cadre financier du gouvernement en lien avec le conflit de travail.

Magali Picard lève les bras en signe de victoire avec Daniel Boyer, tout sourire.

Magali Picard a succédé à l'ancien président de la FTQ Daniel Boyer au début de 2023. (Photo d'archives)

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Magali Picard a été élue à la présidence de la FTQ en janvier 2023, devenant du même coup la première femme et la première Autochtone à occuper ce poste.

Pour obtenir de meilleures conditions salariales, sa centrale s'est alliée avec la CSN, la CSQ et l'APTS pour former le Front commun, qui négocie avec le gouvernement parallèlement aux tables sectorielles, où sont discutés les enjeux normatifs.

D'autres syndicats, cela dit, sont engagés cet automne dans de difficiles pourparlers avec Québec.

La FAE, au premier chapitre, a entamé jeudi dernier une grève générale illimitée qui se poursuit cette semaine. Quelque 368 000 élèves sont touchés, à Montréal, à Laval, dans les Laurentides, en Outaouais, dans la Capitale-Nationale et dans la grande région de Granby.

La FIQ, qui négocie elle aussi une nouvelle convention collective pour ses membres, devrait également observer de nouvelles journées de grève du 11 au 14 décembre.

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