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« La guerre va durer tant que Poutine sera au pouvoir » : entrevue avec Andreï Kourkov

L’écrivain ukrainien Andreï Kourkov, auteur de Journal d'une invasion, a fait part de ses réflexions sur la guerre à Patrice Roy au Téléjournal.

Andreï Kourkov sourit à Patrice Roy sur le plateau du Téléjournal.

L'auteur ukrainien Andreï Kourkov a remporté le Prix des libraires du Québec pour son roman «Les abeilles grises».

Photo : Radio-Canada

Andreï Kourkov, qui sera au Salon du livre de Montréal samedi et dimanche, est un des auteurs ukrainiens les plus lus.

Il s’est fait connaître avec le succès planétaire Le pingouin, publié en 1996. Son roman Les abeilles grises a remporté le prix Médicis étranger en 2022.

Né en 1961 dans la région de Leningrad, en Russie, Andreï Kourkov a déménagé à Kiev, en Ukraine, lorsqu’il était enfant.

Mon origine russe n’est pas très importante pour moi, souligne l’auteur en entrevue. Je ne suis pas attaché à la culture russe ou à l’histoire russe. Pour moi, je suis Ukrainien.

Dans son plus récent livre Journal d’une invasion, il écrit d’ailleurs avoir souvent été amené à [se] sentir honteux de [ses] origines russes.

Entrevue avec l'auteur Andreï Kourkov

Guerre en Ukraine

Consulter le dossier complet

Un véhicule blindé est en feu, un corps gît dans la rue.

Pas de négociations possibles, selon l'auteur

Avec Journal d’une invasion, Andreï Kourkov nous amène dans son quotidien et ses réflexions sur la guerre. Son récit débute quelques semaines avant l’invasion du 24 février 2022.

Selon lui, Vladimir Poutine voit en cette invasion la dernière possibilité.

Il veut rester dans l'histoire russe comme un tsar qui a réussi à recréer non seulement l'Union soviétique, mais l'empire russe, explique-t-il.

La guerre va durer tant que Poutine est au pouvoir.

Une citation de Andreï Kourkov, écrivain

Même s’il refuse de renoncer à l’espoir de la paix, Andreï Kourkov ne voit pas de solution par la négociation. Avec Poutine, je ne crois pas qu’on puisse négocier, parce qu’il a promis beaucoup de choses avant l'invasion : il a dit que la Russie n’allait pas agresser l'Ukraine. [...] Les mots de Poutine ne signifient rien, dit-il.

Il croit également que même si un accord de paix était conclu, la Russie n’hésiterait pas à retenter une invasion d’ici 5 à 10 ans.

Le désir de liberté

L’écrivain explique que la guerre vise non seulement à intégrer le territoire ukrainien dans l’empire russe, mais également à détruire l’identité nationale et la culture du pays afin d’assimiler les Ukrainiens.

[Les Russes et les Ukrainiens] sont différents : la mentalité ukrainienne est une mentalité individualiste, alors que la mentalité russe est une mentalité collective et loyaliste, explique-t-il.

Selon lui, pour les Russes, la stabilité est plus importante que la liberté. Il s’agit pour l’auteur d’une différence marquée avec les Ukrainiens.

La culture est [une composante] très importante de l’identité nationale. [...] S’il n’y a pas de culture, on peut assimiler les gens très facilement.

Une citation de Andreï Kourkov, écrivain

Le désir de liberté des Ukrainiens est d’ailleurs au cœur du récit d’Andreï Kourkov. Il écrit : Ou bien l’Ukraine sera libre, indépendante et européenne, ou bien elle cessera tout simplement d’exister.

L’Ukraine, c’est un mélange des ethnies et des langues, mais tous les Ukrainiens sont unis par le désir d’être et de rester libres, ajoute-t-il en entrevue.

La solidarité totale

La guerre sème la mort, mais elle réveille aussi l’humanité en nous, peut-on lire dans Journal d'une invasion.

Il révèle que les biens matériels perdent leur valeur dans ce genre de contexte. J’ai accepté que je peux perdre ma maison, mes livres et mon ordinateur, dit-il. Il faut penser à la famille et il faut penser à soi-même.

Il remarque également que les Ukrainiens se sont montrés particulièrement solidaires depuis l'invasion. Il mentionne en exemple une femme qui lui a donné les clés de son appartement afin qu’il puisse se réfugier avec sa femme et ses deux enfants.

Elle ne voulait pas que nous payions pour l’électricité, c’était la solidarité totale, raconte-t-il.

Quel espoir pour la suite?

Andreï Kourkov affirme que si aujourd’hui 75 % des Ukrainiens soutiennent le président Volodymyr Zelensky, ils étaient nombreux à le critiquer avant l’invasion du 24 février 2022. Je suis aussi très critique de ses activités avant le 24 février, admet-il.

L’auteur ukrainien est d’avis qu’il est logique de reporter l’élection présidentielle prévue en mars 2024. S’il y a 8 millions de réfugiés ukrainiens à l’étranger et 600 000 à 800 000 soldats sur le front, comment peut-on vraiment avoir des élections légitimes?, soulève-t-il.

Lorsqu’on lui demande s’il a encore espoir de déloger l'armée russe, l’auteur répond par l’affirmative. J'ai espoir, mais c'est très difficile, parce que la ligne de front est de 1300 km, indique-t-il. Le territoire de la guerre est immense, 30 % du pays est détruit.

J'espère que l'Ouest va continuer à donner des aides militaires à l'Ukraine parce que sans ces aides, c'est impossible de prévoir les conséquences de la guerre, affirme M. Kourkov.

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