•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Sommet Canada-UE : l’embargo sur le phoque est un « différend », pas une priorité

Un chasseur sur la banquise empile des peaux de phoques.

De la chasse au phoque sur la banquise à Terre-Neuve. Une interdiction européenne sur le commerce des produits du phoque existe depuis 2009, au grand désarroi des chasseurs canadiens.

Photo : La Presse canadienne

Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, reconnaît que l'interdiction européenne sur les produits du phoque représente un « différend que nous avons » avec l’Union européenne, mais son ambassadeur auprès du bloc des 27 pays européens souligne que cet embargo n'est pas la priorité du moment.

De passage à Saint-Jean, à Terre-Neuve-et-Labrador, pour un sommet avec les dirigeants du bloc des 27 pays européens, Justin Trudeau a expliqué que l'épineuse question de l’interdiction sur le commerce du phoque représente une discussion complexe mais que son gouvernement continue de défendre cette activité économique importante [non seulement] pour Terre-Neuve-et-Labrador mais aussi dans d’autres régions.

Plusieurs membres de l’industrie du phoque avaient critiqué la décision de ne pas faire de cet embargo un sujet prioritaire du sommet Canada-Union européenne organisé jeudi et vendredi à Saint-Jean, à Terre-Neuve-et-Labrador.

Stéphane Dion, envoyé spécial du Canada auprès de l’Union européenne, rappelle pourtant que ce sommet a plutôt été axé sur des questions comme les conflits en Ukraine et au Proche-Orient, la transition énergétique et la relation économique plus étendue entre le Canada et l'Europe.

À travers tout ça, [l’embargo sur les produits du phoque] n’a pas été le centre de la chose, a-t-il affirmé en mêlée de presse en répondant aussi à des questions sur l’aide envoyée en Ukraine ainsi que sur la participation du Canada au programme de recherche et de développement Horizon Europe.

Je crois que [la chasse au phoque] est un sujet important. Mais ce que je viens de dire est extrêmement important [aussi], a-t-il ajouté.

Les leaders de l'Union européenne et du Canada marchent ensemble sur un tapis rouge.

De gauche à droite : le président du Conseil européen, Charles Michel, le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, et la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, se sont réunis vendredi à Saint-Jean, à Terre-Neuve-et-Labrador.

Photo : La Presse canadienne / Paul Daly

Embargo en vigueur depuis 2009

L’industrie du phoque, surtout présente à Terre-Neuve-et-Labrador et au Nunavut, ne s’est jamais remise de l’embargo européen, en vigueur depuis 2009, fondé sur des préoccupations éthiques.

Les chasseurs et les transformateurs reconnaissent que le sang des animaux sur la banquise crée des images-chocs, mais ils soutiennent que la chasse est effectuée sans cruauté. L’animal ne souffre pas étant donné que, selon eux, il meurt instantanément lorsqu’il est abattu.

Quinze ans après l’adoption de cette interdiction par l’Union européenne, les débarquements dans l’Est canadien se sont élevés à 40 000 phoques en 2023. Il s’agit de moins du quart des débarquements de 2008.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, soutient que l’interdiction actuelle de l’Union européenne permet un juste équilibre puisqu’elle inclut une exemption qui permet le commerce des produits de phoques chassés par des communautés autochtones.

À ma connaissance, ce système fonctionne très bien, a-t-elle affirmé, une déclaration remise en cause par Doug Chiasson, directeur général de l’Institut de la fourrure du Canada.

Nous avons vu très peu de peaux et de produits qui ont été exportés vers l’Union européenne en vertu de l’exemption, affirme-t-il en soulignant la lourdeur de la paperasse nécessaire pour certifier des produits autochtones.

De plus, il y a seulement deux organismes reconnus par l’Union européenne comme étant capables de certifier que les produits proviennent de chasseurs autochtones. C’est le gouvernement du territoire du Nunavut et le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest. Il n’y a pas d’organisme reconnu sur la côte est.

Justin Trudeau affirme que si le Canada et l'Union européenne ne s'entendent pas sur la chasse aux phoques, cette dispute ne nuit pas à la relation globale, qu’il juge très fructueuse.

Vous souhaitez signaler une erreur?Écrivez-nous (Nouvelle fenêtre)

Vous voulez signaler un événement dont vous êtes témoin?Écrivez-nous en toute confidentialité (Nouvelle fenêtre)

Vous aimeriez en savoir plus sur le travail de journaliste?Consultez nos normes et pratiques journalistiques (Nouvelle fenêtre)

Infolettre ICI Acadie

Une fois par jour, recevez l’essentiel de l’actualité régionale.

Formulaire pour s’abonner à l’infolettre d’ICI Acadie.