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ArchivesJean-Louis Roux, homme de théâtre et éveilleur de conscience

Jean-Louis Roux avec un bébé sur les genoux.

Le comédien Jean-Louis Roux et Ronald Luttrell Jr., La famille Plouffe, 4 octobre 1956.

Photo : Radio-Canada / Henri Paul

Radio-Canada

L’acteur Jean-Louis Roux est décédé le 28 novembre 2013. Au cours d'une carrière qui s’est étalée sur plus de six décennies, Jean-Louis Roux a contribué à l’implantation durable du théâtre au Québec ainsi qu’à réfléchir sur le rôle de cet art dans la société moderne.

Un pilier du théâtre québécois

Le 29 novembre 2013, le journaliste Maxence Bilodeau présente au Téléjournal Grand Montréal 18 h, un reportage biographique sur Jean-Louis Roux.

Reportage biographique du journaliste Maxence Bilodeau à la suite du décès de Jean-Louis Roux

Le Téléjournal Grand Montréal 18 h est animé ce jour-là par Christian Latreille.

Comme le rapporte le reportage, peu de comédiens au Québec ont eu une carrière aussi longue et aussi riche que celle de Jean-Louis Roux.

Il a prêté son visage à Ovide Plouffe, le fils intellectuel et amoureux de la culture d’une famille typique de Québec dans les années 1930 et 1940, dans l’adaptation télévisuelle du roman de Roger Lemelin, Les Plouffe, au début des années 1950.

Jean-Louis Roux a par ailleurs joué dans une multitude de productions théâtrales, au Québec, au Canada anglais et en Europe.

Entrevue de Jean-Louis Roux et de Jean Gascon accordée à la journaliste Judith Jasmin durant le Festival de théâtre de Stratford.

On en a le rappel dans cette entrevue que Jean-Louis Roux accorde du festival de Stratford, en Ontario, en compagnie de son collègue et ami Jean Gascon, à la journaliste Judith Jasmin et qui est diffusée à l’émission Carrefour le 9 août 1956.

Jean-Louis Roux, comme le rappelle le reportage biographique de Maxence Bilodeau, était aussi à l’aise d'incarner des rôles tragiques, comme celui du roi Lear dans la pièce éponyme de Shakespeare, que dans des comédies de Georges Feydeau.

Une de ses principales contributions au théâtre québécois a été sa participation à la création en 1951, aux côtés de Jean Gascon et de Georges Groulx, du Théâtre du Nouveau Monde.

Ce dernier demeure une incontournable institution théâtrale au Québec.

Acteur et observateur de la société

Jamais nous ne choisirons une pièce que pour des valeurs strictement artistiques ou esthétiques. Il faut que cette pièce, en plus, en plus d’être valable sur ces deux plans, soit en prise, soit significative pour l’époque où nous vivons et pour la société dans laquelle nous vivons.

Une citation de Jean-Louis Roux, 1970

Plusieurs rangeaient Jean-Louis Roux dans la catégorie des hommes au goût très classique, voire conservateur.

Ses amis et collègues défont quelque peu cette image dans le reportage de Maxence Bilodeau.

En tant que directeur artistique du Théâtre du Nouveau Monde, Jean-Louis Roux a proposé au public plusieurs pièces au caractère foncièrement moderne ou revendicateur comme celles des auteurs Claude Gauvreau et de Michel Tremblay.

On lui doit aussi la production de la pièce coup de poing de Denise Boucher, Les fées ont soif, qui, en 1978, a provoqué une vive polémique au Québec.

À l’époque, Jean-Louis Roux a défendu la très controversée remise en question de la société patriarcale proposée par l’œuvre de Denise Boucher.

Il s’est même battu contre les tentatives de la censurer, au nom du principe même de la liberté d’expression.

En 1970, Jean-Louis Roux dirige le Théâtre du Nouveau Monde depuis quatre ans.

Jean-Louis Roux s'entretient avec l'animateur Wilfrid Lemoine sur sa carrière et le théâtre.

Il accorde alors une longue entrevue au journaliste Wilfrid Lemoine qui anime l’émission Gros Plan.

Jean-Louis Roux y fait le récit de différentes étapes dans son cheminement et dans le développement du Théâtre du Nouveau Monde.

Dans cette entrevue diffusée le 29 juillet 1970, Jean-Louis Roux explique notamment comment il conçoit le rôle du théâtre dans la société.

Celui-ci ne doit pas être que divertissant ou beau, affirme-t-il.

Jean-Louis Roux est convaincu que le théâtre doit parler au public des enjeux que vit une société.

C’est pourquoi en 1967, il a adapté et monté sur la scène du Théâtre du Nouveau Monde une pièce de l’auteur américain Barrie Stavis, On n’a pas tué Joe Hill, qui raconte un épisode de la lutte pour la reconnaissance syndicale aux États-Unis.

La création d’un certain nombre de pièces contestatrices présentées au Théâtre du Nouveau Monde s’est également expliquée par le fait que Jean-Louis Roux conçoit aussi l’art dramatique comme étant un moyen de remettre en question les valeurs qui gouvernent la société.

Éveiller la conscience

Reportage du journaliste Gilles Gougeon sur la carrière et les réflexions de Jean-Louis Roux sur le théâtre et la société contemporaine

Le 26 juin 1992, l’émission Le Point diffuse une entrevue qu’accorde Jean-Louis Roux au journaliste Gilles Gougeon.

Durant cette entrevue, l’acteur poursuit sa réflexion sur le rôle du théâtre dans le monde contemporain.

Premier constat de Jean-Louis Roux : notre société est censée être une société de communication et d’ouverture.

Or, il observe que l’abondance et la facilité des moyens de communication modernes entraînent de manière générale un repliement sur soi-même.

Deuxième constat : le moyen de communication qu’est la télévision évolue dans une direction que Jean-Louis Roux juge très négative.

Le contenu de la télévision dans ses premières années était créatif et exigeant.

Or, la télévision telle que Jean-Louis Roux la voit en 1992 ne fait qu'abrutir et n’offre pratiquement que des contenus grossiers ou peu exigeants au niveau intellectuel.

Pour contrer ces tendances néfastes, croit-il, le théâtre peut être un bon antidote car c'est un éveilleur de conscience.

Mais cet effet ne se réalisera que si le théâtre présente une production radicalement différente de ce qui est proposé par la télévision, concluent Jean-Louis Roux et quelques-uns de ses collègues qui le rejoignent à la fin du reportage de Gilles Gougeon.

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