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La PDG d’un fonds vert fédéral quitte son poste dans la controverse

Après avoir été ciblé par des dénonciateurs, Technologies du développement durable Canada accumule les critiques.

Leah Lawrence devant un comité.

La PDG de Technologies du développement durable Canada (TDDC), Leah Lawrence, a remis sa démission.

Photo : Image tirée des enregistrements de la Chambre des communes

La présidente-directrice générale d’une fondation fédérale dans le domaine des technologies de l’environnement a démissionné après que son organisation a été ciblée par un groupe de lanceurs d’alerte.

Dans sa lettre de démission à la tête de Technologies du développement durable Canada (TDDC), Leah Lawrence explique son départ en faisant référence aux critiques croissantes à l'égard de l'organisation.

Tel que nous pouvons voir dans les reportages médiatiques, les témoignages devant les comités de la Chambre des communes et la controverse ambiante, il est clair qu'il y a eu une campagne soutenue et malveillante pour saper mon leadership, a-t-elle déclaré dans une lettre à son conseil d’administration. Cela remet en cause ma capacité à diriger l'organisation et me place dans une situation intenable. Or, je veux que cette organisation réussisse.

Leah Lawrence a défendu sa gestion de TDDC depuis 2015, notant le financement d'un nombre croissant d'entreprises dirigées par des femmes.

Je me réjouis d'entamer un nouveau chapitre dans ma carrière, qui se concentrera sur la poursuite de l'amélioration de la gouvernance, de la transparence des entreprises et de l'intégrité, a-t-elle déclaré dans sa lettre.

Selon son entente en cours avec le ministère de l’Innovation, TDDC a le mandat de distribuer un milliard de dollars à des petites et moyennes entreprises du secteur des technologies de l’environnement entre 2021 et 2026.

Éolienne dans un paysage d'automne.

Le gouvernement fédéral finance le développement de technologies propres au pays. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes

Les sommes à dépenser par cette fondation augmentent chaque année et doivent atteindre 320 millions de dollars en 2025-2026.

Un fonds vert dans la tourmente

Tel que le révélait un reportage de Radio-Canada la semaine dernière, un haut fonctionnaire fédéral a émis plusieurs critiques à l’égard de la haute direction de la fondation au cours des derniers mois dans des conversations enregistrées à son insu.

Dans ses commentaires, le sous-ministre adjoint Doug McConnachie affirme que les hauts dirigeants de TDDC avaient perdu la confiance du gouvernement.

Douglas McConnachie en comité.

Douglas McConnachie, sous-ministre adjoint au ministère de l’Innovation

Photo : Image tirée des enregistrements de la Chambre des communes

La démission de Leah Lawrence survient après que le gouvernement a reçu, en début d’année, une dénonciation de lanceurs d’alerte sur la gestion des fonds publics et des ressources humaines au sein de TDDC.

En réponse à cette plainte, le gouvernement a commandé une enquête à la firme Raymond Chabot Grant Thornton, qui a soulevé des problèmes en ce qui a trait à la gestion des conflits d’intérêts de même que des dépenses problématiques au sein de TDDC.

Toutefois, cette enquête n’était pas suffisante aux yeux du Bureau du vérificateur général du Canada, qui a annoncé la semaine dernière son propre audit de la gestion des fonds publics au sein de TDDC.

Allégations de conflit d'intérêts

Lors d’un témoignage devant un comité parlementaire mercredi, la présidente du conseil d’administration de TDDC a été vivement critiquée pour son rôle dans l’approbation de 217 000 $ en financement à sa propre compagnie.

Annette Verschuren a expliqué que selon un avis juridique, elle n’avait pas à se récuser dans ce dossier étant donné que toutes les entreprises avec des ententes de financement avec TDDC avaient obtenu un financement supplémentaire durant la pandémie de COVID-19.

Annette Verschuren en comité.

Annette Verschuren, présidente du conseil d’administration de Technologies du développement durable Canada (TDDC), une fondation fédérale et la PDG d’une firme du nom de NRStor.

Photo : Image tirée des enregistrements de la Chambre des communes

Cette explication a toutefois été critiquée par des députés libéraux, conservateurs et néo-démocrates.

Ne comprenez-vous pas la perception parmi les membres du public, les contribuables, qui écoutent votre témoignage [...] que ceci pose problème? a demandé Matthew Green, député du NPD, à Annette Verschuren.

À plusieurs reprises, celle-ci a indiqué aux députés qu’elle était satisfaite de la procédure utilisée dans ce dossier.

J’ai suivi les conseils de mon avocat, a-t-elle indiqué. J’ai reçu un avis légal et je pense que cela était la bonne approche.

Le chef du Parti conservateur du Canada, Pierre Poilievre, a toutefois demandé son congédiement en Chambre jeudi.

Le scandale entourant le fonds vert d’un milliard de dollars du premier ministre continue de grandir. On sait maintenant que non seulement les dénonciateurs ont comparé ce fonds au scandale des commandites, mais que la présidente du fonds a versé 200 000 $ de l'argent des contribuables à sa propre entreprise, a-t-il lancé en Chambre.

En réponse, le ministre de l’Innovation François-Philippe Champagne a dit qu’il a pris les mesures nécessaires après avoir eu vent de la plainte contre TDDC.

Nous nous attendons au plus haut niveau de gouvernance concernant les agences qui reçoivent des fonds des contribuables. Nous allons continuer d'aller au fond des choses, a-t-il répondu.

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