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Santé publique Ottawa cherche des ressources pour s’attaquer à la crise des opioïdes

Deux hommes assis sur un trottoir.

Les drogues font des ravages dans les rues d'Ottawa. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Patrick André Perron

Radio-Canada

La Ville d’Ottawa n’est pas épargnée de la crise des opioïdes et Santé publique Ottawa (SPO) cherche à obtenir plus d'argent et de ressources pour lutter contre ce problème.

SPO a présenté, lundi, une mise à jour de sa stratégie d'intervention en cas de surdose lors de la réunion du Conseil de santé de la Ville.

Des idées ont été soulevées pour lutter contre la dépendance et réduire le nombre de décès liés à la crise. Certaines des recommandations sont déjà bien connues, notamment l'amélioration du soutien à la santé mentale, l'augmentation du nombre de logements abordables et une meilleure coordination entre les premiers répondants.

Mais de nouvelles propositions ont aussi été avancées, dont la création d'un centre de soins pour la santé mentale, la dépendance et l'usage de substances psychoactives, la mise en place de services de deuil et un soutien aux traumatismes pour les toxicomanes, leur famille et les personnes qui travaillent avec eux, ainsi que l'extension d'un projet pilote qui permet aux personnes en situation d’itinérance de s'entraider.

De nombreuses recommandations font appel au gouvernement de l'Ontario pour aider à financer les initiatives proposées.

La médecin chef en santé publique de Santé publique Ottawa, la Dre Vera Etches, parle au micro.

La médecin cheffe en santé publique de Santé publique Ottawa, la Dre Vera Etches (Photo d'archives)

Photo : La Presse canadienne / Justin Tang

Le rapport présenté lundi demande au président du Conseil de santé d’écrire une lettre au ministre de la Santé de l'Ontario et au ministre des Services à l'enfance et des Services sociaux et communautaires de l'Ontario pour obtenir davantage de financement.

Nous savons qu'il s'agit d'un défi complexe auquel nous sommes confrontés, a reconnu la médecin cheffe en santé publique de SPO, la Dre Vera Etches, lors de la réunion de lundi soir. C'est pourquoi ce que vous verrez aujourd'hui est une stratégie en cours d'élaboration... Vous verrez de nouvelles données à la demande de la communauté.

Les morts par inhalation dépassent celles par injection

Selon les données de SPO figurant dans le rapport, les modes de consommation de drogues ont évolué au cours des dernières années.

Les experts en santé communautaire affirment que ce changement est lié aux drogues elles-mêmes, qui sont plus toxiques. Elles doivent être consommées plus fréquemment pour obtenir le même état d'euphorie, ce qui entraîne un affaissement des veines.

Le nombre de morts accidentelles par inhalation d'opioïdes a plus que doublé, passant de 16 % en 2018 à 39 % en 2022, selon le rapport de SPO.

Ce constat correspond à une diminution des morts par surdose dues à des injections.

Auparavant, nous pensions qu'encourager les gens à fumer plutôt qu'à s'injecter était un moyen plus sûr de consommer des drogues, mais ce n'est plus le cas, a observé l’ancienne directrice générale d'Ottawa Inner City Health, Wendy Muckle. Actuellement, à Ottawa, plus de personnes meurent par inhalation que par injection, pour la première fois de notre histoire.

Wendy Muckle pose pour la caméra debout dans une fourgonnette modifiée en petite salle d'examen médical.

L’ancienne directrice générale d'Ottawa Inner City Health, Wendy Muckle (Photo d'archives)

Photo : CBC/Laurie Fagan

Selon Mme Muckle, si les personnes qui vivent dans la rue ont tendance à se rassembler près des sites d'injection supervisés où ils peuvent obtenir de l'aide en cas de surdose, la situation est bien plus dangereuse pour les personnes qui fument à la maison.

L'organisation a déjà rencontré un certain succès avec son programme pilote « block leaders » où environ 120 personnes ayant vécu dans la rue et consommé des drogues ont été formées pour devenir elles-mêmes des chefs de file, prêts à interagir avec les autres membres de la communauté dans les quartiers du marché By et de la Basse-Ville d’Ottawa.

Depuis le long week-end de la fête du Canada, plusieurs d'entre eux s'aventurent sur le terrain pour des quarts de travail de deux heures, six heures par jour, sept jours sur sept, pour fournir à leurs concitoyens des collations et de l'eau pendant les journées chaudes. Ils distribuent aussi des trousses de naloxone et des boîtes de récupération des aiguilles pour les distribuer.

Ces mesures très simples sont très efficaces pour réduire les surdoses, a-t-elle soutenu en ajoutant que ces chefs de file sont souvent les premiers à administrer la naloxone.

Des trousses de naloxone et du matériel nécessaire à l'injection sécuritaire de drogue reposent dans des bacs sur une photo non datée.

Ces chefs de file distribuent aussi des trousses de naloxone. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Flora Pan

Ce programme est une source d'espoir pour ces leaders, constate la responsable du programme et de l'équipe de gestion des cas à Ottawa Inner City Health, Tabitha Morris.

Si vous restez dans un refuge et que vous n'avez pas d'endroit stable, où pouvez-vous trouver un emploi? Mais avec les quarts de travail de deux heures, ça ouvre vraiment la porte à la possibilité de faire quelque chose pour sa communauté, de se sentir un peu mieux dans sa peau et d'avoir un emploi du temps là où le temps semble perdu et où la seule façon de s'en sortir est de se droguer.

Jusqu'à présent, l'organisation a dépensé environ 50 000 dollars au cours des cinq derniers mois, mais ne dispose d'assez de fonds que pour poursuivre le projet pilote jusqu'à la fin de l'année.

Gestion du deuil

Une autre recommandation porte sur la mise en place d'un soutien aux personnes en deuil et vivant des traumatismes, non seulement pour les consommateurs de drogues, mais aussi pour leurs familles et les personnes de première ligne qui sont témoins de dizaines de surdoses chaque mois.

Rien qu'au cours des trois derniers mois, le Centre de santé communautaire Côte-de-Sable a enregistré environ 80 surdoses par mois.

Le personnel de première ligne ne se contente pas que de fournir des services de réduction des risques et de soutien, il entretient des relations avec ces personnes, a soulevé la directrice du programme OAISIS du centre de santé, Wendy Stewart.

Il faut plus d'engagements, disent les résidents

Plusieurs résidents des quartiers de la Côte-de-Sable, de la Basse-Ville et de Vanier ont réagi au rapport et ont fait part de leur expérience de vie dans des zones où les surdoses sont en augmentation.

Certains ont recommandé d'ajouter des toilettes publiques et des espaces verts avec des sièges dans leur quartier, et ont demandé que des mesures soient prises pour réduire la concentration excessive de prestataires de services dans leur quartier.

D'autres ont laissé entendre qu’à leur avis, le rapport ne va pas assez loin en matière de sécurité pour la communauté et que Santé publique Ottawa n'a pas suffisamment consulté les résidents. Ils qualifient le terme de communauté utilisé dans le rapport de trompeur.

Une femme répond aux questions d'un journaliste sur une rue piétonnière.

La vice-présidente de l'association de citoyens Action Côte-de-Sable, Calla Barnett (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada

Ce rapport me déçoit. Je suis frustrée et en colère, a lancé la vice-présidente de l'association de citoyens Action Côte-de-Sable, Calla Barnett. Nous ne pouvons pas continuer à nous battre les uns contre les autres. Ce n'est pas nous contre eux. Mais ce rapport présente les choses de manière dichotomique. [...] S'il vous plaît, laissez-nous vous aider.

Il y a ici des thèmes communs qui m'inspirent l'idée que nous pouvons améliorer la situation et que la volonté est là, de beaucoup de personnes, de travailler ensemble et de faire partie de la solution, a insisté la Dre Etches dans sa conclusion. Nous pouvons travailler [et] progresser en tant que communauté.

Avec les information de Kimberley Molina et Priscilla Ki Sun Hwang de CBC News

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