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Le maire de Sainte-Cécile-de-Milton continue à boire l’eau, des résidents restent inquiets

Un verre d'eau et un robinet à l'arrière-plan.

Le maire soutient qu'il va continuer à boire l'eau du robinet (archives).

Photo : Radio-Canada / Bruno Giguere

Radio-Canada

Le maire de Sainte-Cécile-de-Milton a affirmé mardi matin qu'il va continuer à consommer l'eau du robinet, étant donné qu'aucune analyse n'a encore été effectuée sur les puits de chacun des résidents. Pendant ce temps, des citoyens demeurent inquiets et plusieurs de leurs questions restent en suspens.

Le maire de Sainte-Cécile-de-Milton, Paul Sarrazin, espère avoir rassuré sa population lundi soir, lors de la rencontre d'information.

La santé publique recommande aux femmes enceintes, celles qui souhaitent le devenir ainsi qu'aux nourrissons de ne pas consommer l'eau du robinet en raison de présence de polluants éternels (PFAS) en concentration supérieure aux limites recommandées par Santé Canada. Pour ce qui est du restant de la population, il est conseillé de réduire la consommation.

Il reste encore des questions sans réponse et on va travailler dans les prochains jours, prochaines semaines, prochains mois à aller chercher plus d'informations afin d'aller sécuriser la population de Sainte-Cécile en lien avec la qualité de l'eau dans leur puits individuel, assure Paul Sarrazin.

Paul Sarrazin devant l'hôtel de ville.

Le maire de Sainte-Cécile-de-Milton, Paul Sarrazin (archives)

Photo : Radio-Canada / Yannick Cournoyer

Je vais continuer à boire mon eau encore ce matin, encore ce midi. Je vais continuer à boire l'eau de mon puits. Chez nous, je n'ai pas d'informations comme quoi mon puits serait à risque ou pas à risque.

Une citation de Paul Sarrazin, maire de Sainte-Cécile-de-Milton

D'ailleurs, la Municipalité demande la création d’une table interministérielle regroupant les ministères de l’Environnement, de la Santé, de l’Éducation, des Affaires municipales ainsi que le ministre responsable de l’Estrie. Une résolution en ce sens sera adoptée au conseil municipal qui aura lieu dans deux semaines, indique le maire. La municipalité souhaite devenir un laboratoire, un projet-pilote en lien avec la situation des PFAS.

On a reçu une lettre hier après-midi de la main [de Benoît Charette, ministre de l'Environnement] disant qu'il n'avait pas encore statué sûr quel serait l'accompagnement au niveau de la municipalité, mais qu'il ne nous laisserait pas tomber, rapporte-t-il.

Les élus municipaux ont eu une rencontre mardi après-midi avec des représentants du cabinet de M. Charette, pour regarder comment on peut travailler et avancer dans cette direction-là.

M. Sarrazin met de l'avant que la municipalité ne peut pas assumer les coûts des études, par exemple, la cartographie, à elle seule.

Il y a un accompagnement qui est assuré auprès de la municipalité. C'est un cas d'espèce, la source reste à être confirmée, assure le ministre Benoît Charette en mêlé de presse mardi.

Source de la contamination

Ni la santé publique ni le ministère de l'Environnement de la Lutte contre les changements climatiques n'a confirmé la source de la contamination de l'eau. On soupçonne notamment un site d'enfouissement qui se trouve dans la municipalité.

On ne peut pas prouver grand-chose avec une dizaine d'échantillons, mais il y a quand même une forte suggestion que plus on s'approche du site d'enfouissement, plus les concentrations semblent élevées, mais c'est quand même complexe de comprendre les mouvements d'eau dans la nappe souterraine, observe le professeur en chimie environnementale à l'Université de Montréal, Sébastien Sauvé, qui a réalisé les analyses.

Une eau qui est au-dessus des normes proposées par Santé Canada, moi je ne voudrais pas en boire.

Une citation de Sébastien Sauvé, professeur en chimie environnementale, l'Université de Montréal

Risques pour la santé

La médecin-conseil à la direction de santé publique du CIUSSS de l'Estrie-CHUS, Mélissa Généreux, mentionne que si on est exposé pendant plusieurs années à une eau qui dépasse les valeurs guide on peut avoir de possibles risques à la santé.

Notamment, possible cancer du rein, problème de thyroïde, de cholestérol, ou encore au niveau du système immunitaire, expose-t-elle.

Des résidents inquiets

Le résident donne une entrevue à Radio-Canada.

Brian Furlong habite à la limite de Sainte-Cécile-de-Milton.

Photo : Radio-Canada

Brian Furlong, qui habite à la limite de Sainte-Cécile-de-Milton, n'est pas satisfait de la rencontre d'information. On n'a pas trouvé la problématique, ce qui est très, très, très dérangeant. On comprend que Sainte-Cécile a un gros problème d'eau potable. Mon sentiment, c'est qu'on ne cherche pas de façon ardente, la vraie problématique et la source du problème.

Il demande au ministère de l'Environnement de la Lutte contre les changements climatiques de trouver la source du problème.

Une résidente du secteur, Denise Maurice, rencontrée mardi matin, trouve la situation inquiétante. Elle songe à faire tester son eau. D'habitude on la fait tester tous les deux, trois ans, avance-t-elle, mais elle ajoute que ces tests n'étaient pas pour les polluants éternels.

Nous, on achète des bouteilles d'eau ça fait longtemps. Par sécurité, on a toujours fait ça.

Une citation de Denise Maurice, résidente de Sainte-Cécile-de-Milton

On va suivre les directions et c'est sûr que c'est inquiétant, soutient-elle.

Un autre résident, Benjamin Drapeau, se dit lui aussi préoccupé par la présence de PFAS. Je pense que la Municipalité a fait une bonne action en faisant des tests plus poussés. On va sûrement s'acheter un refroidisseur, mais pour ce qui est de l'alimentation, la glace, on va continuer avec l'eau de notre puits.

C'est sûr que c'est inquiétant, on consomme tous de l'eau.

Une citation de Benjamin Drapeau, résident de Sainte-Cécile-de-Milton

M. Drapeau a deux enfants qui fréquentent l'école Sainte-Cécile, où la santé publique a recommandé de limiter la consommation d'eau. Je pense que [mes enfants] vivent bien ça. L'école a mis en place des procédures pour que les enfants ne manquent pas d'eau, donc c'est ça qui est le plus important.

Il y a plusieurs points qui nous inquiètent par rapport au futur, même jusqu'à la valeur de nos maisons, mais la Municipalité a quand même pris les devants, j'ai l'impression que c'est le début de quelque chose de plus large , poursuit-il.

Il accorde une entrevue à Radio-Canada.

Louis Lussier est résident de Sainte-Cécile-de-Milton.

Photo : Radio-Canada

Je ressors de cette soirée informé, mais par bouts. Moi je trouve qu'on n'a pas eu assez d'information, mais ils n'en ont pas d'information.

Une citation de Louis Lussier, résident de Sainte-Cécile-de-Milton

Mario Lachance, qui a assisté à la rencontre lundi soir, se dit satisfait des informations qu'il a obtenues. Moi ça me satisfait, je ne suis pas trop préoccupé par la qualité de l'eau actuellement, en tout cas pour chez moi, je me sers de cruches d'eau pour boire de l'eau, ça fait des années que l'on fait ça, donc je pense que ça ne me touche pas trop.

Ça ne m'inquiète pas plus que ça.

Une citation de Mario Lachance, résident de Sainte-Cécile-de-Milton

Mais je n'aurais pas détesté avoir plus de détails sur les adresses qui ont été ciblées [pour les analyses], ça aurait pu nous renseigner un peu plus, nous rassurer, admet-il.

Avec les informations de Brigitte Marcoux et de Marie-Hélène Rousseau

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