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L’homme qui fait le printemps

Louis-Émile Cormier est l’ami des hirondelles, des balbuzards et des papillons monarques. Son travail acharné contribue à la santé de ces espèces dans le sud-est du Nouveau-Brunswick.

Louis-Émile Cormier montre un plateau de plantes d'asclépiades dans sa serre remplie de semis.

Louis-Émile Cormier prépare des mois à l'avance les semis de plantes d'asclépiades distribuées plus tard dans la communauté.

Photo : Radio-Canada / Monique Bourque

« Allô les hirondelles! C’est monsieur Cabane qu’est ici. » Quand Louis-Émile Cormier arrive près de ses cabanes, les hirondelles virevoltent, pirouettent et tourbillonnent comme pour lui dire bonjour. Le sexagénaire à la retraite aime les hirondelles depuis son jeune âge.

Une hirondelle bicolore en vol se prépare à entrer dans une cabane où attend une autre hirondelle.

Chaque année, Louis-Émile nettoie les cabanes qu'il a installées afin que les oiseaux y reviennent l'année suivante.

Photo : Radio-Canada / Monique Bourque

Je me suis dit c'est pas vrai qu'on va attendre qu’il y ait plus d’hirondelles pour faire quelque chose. J'ai commencé à bâtir des cabanes à hirondelles par les petits, explique ce naturaliste passionné d’oiseaux et de papillons.

Une cabane à la fois

Au fil des années, Louis-Émile a construit plus de 1000 cabanes pour les hirondelles bicolores. Il en a installé dans des marais, près de la mer, dans des parcs et chez des particuliers comme Annette et Anne-Marie LeBlanc.

Annette LeBlanc à côté d'une cabane d'oiseaux.

Louis-Émile a installé trois cabanes près de chez Annette LeBlanc. Elle remarque déjà une présence accrue d'oiseaux et songe à en installer d'autres.

Photo : Radio-Canada / Monique Bourque

Les deux sœurs vivent au bord de la baie de Bouctouche. Elles sont enchantées de voir évoluer les locataires de leurs nouvelles cabanes. Quand Louis-Émile précise que le même couple d’hirondelles revient chaque année au même endroit, Annette décrète avec aplomb qu’il faudra installer d’autres cabanes pour leurs enfants.

On les mettra de l’autre bord l’année prochaine, répond Louis-Émile en observant les allées et venues des hirondelles.

Un merle bleu perché au-dessus de sa cabane installée près d'un arbre.

Des merles bleus occupent aussi parfois les cabanes de la cour de Louis-Émile.

Photo : Radio-Canada / Monique Bourque

Annette LeBlanc ne voyait pas d’hirondelle devant chez elle avant que Louis-Émile installe ses cabanes.

Les hirondelles l’ont suivi, ça fait que pour moi, c’est comme magique.

Une citation de Annette LeBlanc

Sauver une espèce

Louis-Émile Cormier est un des bénévoles les plus actifs au Groupe de développement durable du Pays de Cocagne. Sa directrice, Wiebke Tinney, sait qu’elle peut toujours compter sur lui.

C’est vraiment quelqu'un qui est capable de sauver une espèce. Je ne connais personne d'autre comme ça, si investi ou passionné, explique la jeune femme venue voir l’installation d’une nouvelle cabane à hirondelles à la marina de Cocagne.

Une hirondelle bicolore posée sur un fil électrique.

Les hirondelles bicolores sont nombreuses dans les régions où Louis-Émile a installé ses cabanes.

Photo : Radio-Canada / Monique Bourque

Louis-Émile assemble sa plus récente cabane avant de l’installer. Il nous montre la petite échelle conçue pour aider les hirondelles à sortir et le prolongement du toit pour éviter que le soleil ne plombe dans le nid. Alors qu’il visse avec concentration les derniers morceaux de la petite cabane blanche et verte, des hirondelles sont perchées sur les lignes électriques ou passent en coup de vent, ramenant des brindilles pour confectionner leur nid.

Une hirondelle bicolore attrape une plume en vol, à quelques centimètres du gazon.

Les hirondelles bicolores font leur nid avec des plumes et des brindilles dans les cabanes construites par Louis-Émile.

Photo : Radio-Canada / Monique Bourque

Louis-Émile a apporté les plumes d’un oreiller. Il en lance une poignée dans le vent. Une hirondelle en capte une en plein vol et l’apporte immédiatement chez elle. D’autres vont ramasser les précieuses plumes blanches dans l’herbe. Leur nid sera plus douillet.

Wiebke Tinney raconte qu’elle voit toujours quelque chose d’intéressant quand elle est avec Louis-Émile.

Wiebke Tinney devant les quais de la marina de Cocagne.

Wiebke Tinney, directrice du Groupe de développement durable du Pays de Cocagne, reconnaît l'impact de Louis-Émile sur les populations d'oiseaux et de papillons dans la région.

Photo : Radio-Canada / Monique Bourque

C'est comme s'il attirait la nature comme les hirondelles ou les papillons. Il a une grande passion pour la nature qu’il partage heureusement avec beaucoup de monde.

Une citation de Wiebke Tinney, directrice du Groupe de développement durable du Pays de Cocagne

Les balbuzards

La contribution de Louis-Émile ne se limite pas aux jolies hirondelles bicolores. Il participe aussi à l’installation de plateformes pour les balbuzards.

Le jeune (balbuzard) revient dans la même région où il est né, pas l'année d'après, juste la deuxième année donc il va chercher des plateformes lui aussi, explique ce bénévole infatigable.

Le puissant rapace est un indicateur de la santé de l’écosystème, car il se nourrit principalement de poisson.

Si on s'aperçoit une année qu’il n’y a plus de balbuzards, ça veut dire qu’il y a quelque chose qui se passe dans nos rivières, précise-t-il.

Un balbuzard s'envole de son nid installé sur une plateforme.

Louis-Émile contribue aussi à l'installation de plateformes pour les balbuzards.

Photo : Radio-Canada / Gilles Boudreau

Annette LeBlanc observe avec plaisir les balbuzards de son voisinage à Bouctouche. Elle constate qu’ils ne manquent pas de nourriture.

Je l’ai vu manger une plaise l’autre midi. Moi je mangeais ma salade et lui mangeait sa plaise dans l’arbre et je me suis dit : on est correct s’exclame-t-elle en riant.

Suivant les conseils de Louis-Émile, Annette et Anne-Marie LeBlanc ont fait installer une plateforme derrière chez elles le printemps dernier. Une demi-heure plus tard, un couple de jeunes balbuzards l’avait déjà adoptée.

Des plantes pour les papillons monarques

Il y a cinq ans, une conférence sur les papillons monarques a allumé une nouvelle passion chez Louis-Émile. Depuis, il s’investit sans compter pour donner un coup de pouce à ces magnifiques papillons orange, noir et blanc.

Dans son cabanon, il fait pousser, à partir de la graine, des centaines d'asclépiades incarnates, plantes essentielles aux papillons monarques.

La première année, on avait donné 500, 600 plantes puis le monde en a plantées et ils ont eu du succès, raconte-t-il avec fierté.

Louis-Émile se penche pour planter de l'asclépiade incarnate près d'un papillon monarque géant.

Un papillon géant a été installé près de la Marina de Cocagne pour sensibiliser les visiteurs à l'importance de l'asclépiade incarnate pour la survie des monarques.

Photo : Radio-Canada / Monique Bourque

Cet amateur de la nature a aménagé un grand jardin à Cocagne où il a planté une centaine d’asclépiades incarnates. Les plantes étaient encore petites quand, en les arrosant, il a fait une belle découverte. Sur presque toutes les plantes, il y avait de petits œufs. Deux semaines plus tard, des chenilles sont apparues puis elles se sont multipliées. Louis-Émile n’en revenait pas.

Plantez-la et le papillon monarque va la trouver, votre plante.

Une citation de Louis-Émile Cormier

Ce travail est tellement valorisant que Louis-Émile ne peut pas s’empêcher de faire pousser des centaines d’asclépiades incarnates, tous les printemps.

Une passion qui fait des petits

Le sexagénaire adore partager ses connaissances et son savoir-faire. Sous sa supervision, des élèves de l’école de Grande-Digue ont planté 400 asclépiades incarnates. Le résultat a été époustouflant. L’automne suivant, lors d’un cours en plein air près du jardin, des dizaines de papillons monarques virevoltaient autour des élèves.

De jeunes élèves observent un papillon monarque posé sur la main d'une petite fille.

Louis-Émile a participé à un projet de l'école de Grande-Digue sur le cycle des papillons monarques en aidant les élèves à planter des asclépiades incarnates.

Photo : Gracieuseté : École de Grande-Digue

Les papillons étaient perchés sur les épaules, sur le front. Je n’en revenais pas parce que normalement quand tu relâches le papillon, il part. J'ai juste l'impression que le papillon devait leur dire merci pour toutes les plantes d'asclépiade que ces jeunes-là avaient plantées dans leur jardin l'été d'avant, dit-il avec émotion.

La récompense pour tous ses efforts, Louis-Émile la trouve dans la nature. Moi, tant je vois les hirondelles voler, ça m'apporte assez de joie. Et il retire beaucoup de satisfaction en pensant qu’il procure la même joie à toutes les personnes chez qui il a installé ses belles petites cabanes.

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