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Billets d’avion à 500 $ : des changements immédiats réclamés

Un agent de piste fait circuler un avion sur la piste d'un aéroport.

Le programme de billets d'avion à 500 $ a été révisé à la baisse pour l'année en cours.

Photo : Radio-Canada

Sans tambour ni trompette, le gouvernement du Québec a réduit d’environ 30 % le nombre de billets d’avion à 500 $ disponibles dans le Programme d’accès aérien aux régions (PAAR) pour l’année 2023-2024. Or, aux yeux de l’industrie, la solution pour augmenter la popularité du programme passe plutôt par une révision de ses critères.

Il faut voir tous les paramètres qu’on est capable de modifier pour mousser davantage ce programme-là, estime Yani Gagnon, copropriétaire de Pascan Aviation, l’un des transporteurs aériens qui participent au PAAR.

M. Gagnon, qui siège aussi au Comité permanent sur le transport aérien régional, dit avoir déjà informé le gouvernement de quelques pistes de solution qu’il juge « porteuses ». On a fait nos représentations, assure-t-il.

Selon lui, les billets à 500 $ devraient être élargis aux vols interrégionaux, comme ceux en partance de la Gaspésie et à destination des Îles-de-la-Madeleine. À l’heure actuelle, le PAAR exige que le départ ou l’arrivée se fasse dans l’un des trois aéroports suivants : Montréal, Saint-Hubert ou Québec.

M. Gagnon croit aussi que le PAAR devrait être accessible aux travailleurs et pas seulement aux personnes qui voyagent à des fins personnelles.

Ça peut être aussi des organismes à but non lucratif, des très petites PME, des travailleurs autonomes qui se déplacent pour fins d’affaires, mais qui ont besoin d’un mode de déplacement efficace.

Une citation de Yani Gagnon, copropriétaire de Pascan Aviation
Yani Gagnon debout devant des avions dans un hangar.

Yani Gagnon, copropriétaire de Pascan Aviation

Photo : Radio-Canada / François Gagnon

Bilan mitigé

Au cours des 12 premiers mois d’existence du PAAR, en 2022-2023, moins de la moitié des 98 800 allers-retours à 500 $ ont trouvé preneur pour des vols régionaux au Québec.

Un résultat jugé mitigé par plusieurs, d’autant plus que le programme visait entre autres à accroître la demande pour le transport aérien régional dans le but ultime d’améliorer l’offre et la fiabilité des vols.

D’avril 2023 à mars 2024, le gouvernement a donc abaissé à 67 500 le nombre d’allers-retours disponibles, afin de s’ajuster à la demande. Le porte-parole du ministère des Transports et de la Mobilité durable, Nicolas Vigneault, n’y voit pas un aveu d’échec.

Il est encore trop tôt pour mesurer l’efficacité [du PAAR], dit-il. Les 98 800 billets subventionnés par le gouvernement, l’an dernier, n’étaient pas une cible et n’avaient donc pas à être entièrement vendus.

Le programme a atteint son objectif qui consistait à rendre disponibles des billets d’avion à un prix abordable sur des liaisons ciblées.

Une citation de Nicolas Vigneault, porte-parole du ministère des Transports et de la Mobilité durable

Un secret trop bien gardé

Or, le principal problème du PAAR est qu’il est encore méconnu, selon Charles Milliard, président de la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ) Je pense que ce programme-là est un secret trop bien gardé au Québec.

À son avis, le gouvernement devrait miser sur une promotion accrue du programme, que les gens ne connaissent pas.

Ce n'est pas une raison suffisante pour le supprimer ou le diminuer. Au contraire, il faut redoubler d'efforts pour mieux le faire connaître et voir ce que ça génère comme résultat.

Une citation de Charles Milliard, président de la FCCQ
Charles Milliard.

Charles Milliard, président de la Fédération des chambres de commerce du Québec.

Photo : Fédération des Chambres de Commerce du Québec

À l’instar du propriétaire de Pascan aviation, M. Milliard croit aussi que les billets à 500 $ pourraient être disponibles pour les gens d’affaires, mais il précise que des balises claires devraient être établies.

« En mode agile »

M. Milliard, qui siège aussi au Comité permanent sur le transport aérien régional, croit d’ailleurs que le gouvernement n’a pas à attendre que la deuxième année du programme soit terminée avant d’ajuster le tir.

Selon moi, le Comité est capable de travailler en mode agile et de faire des changements en cours de mandat, dit M. Milliard, une possibilité à laquelle le ministère des Transports et de la Mobilité durable ne ferme pas la porte.

Le président de la Fédération québécoise des municipalités (FQM), Jacques Demers, n’est toutefois pas convaincu de l’utilité de réviser les critères du PAAR. Il y a des difficultés beaucoup plus grandes que le coût (des billets d’avion).

La vraie problématique du transport aérien, présentement [...] c’est la problématique de la fiabilité, affirme M. Demers. Les vols retardés et annulés sont les irritants dont il entend le plus parler et qui, à son avis, n’ont pas vraiment été amoindris par l’arrivée des allers-retours subventionnés par le gouvernement.

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