•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

À Kahnawake, une fête d’anniversaire pour toutes celles oubliées dans les pensionnats

Deux femmes sous une arche de ballons.

Helen Montour et Curran Jacobs, organisatrices de la fête.

Photo : Radio-Canada / Alexis Gacon

Des ballons, des gâteaux colorés, des cadeaux, de la musique festive : la communauté mohawk de Kahnawake ne souhaitait pas faire du 30 septembre un jour triste. Depuis trois ans, elle organise à cette date une fête d’anniversaire pour ceux qui ont survécu aux pensionnats pour Autochtones et pour leurs familles.

Kakaionstha Deer ne se souvient pas des anniversaires au pensionnat de Spanish, en Ontario, où elle a passé une partie de son enfance. On n’était pas fêtés. Sans ma sœur aînée d’un an, je serais morte là-bas. Je la suivais partout. En ce moment, elle est à l’hôpital, je la célèbre ici, je lui dis que je l’aime.

Alors, ce 30 septembre, les Mohawks voulaient rattraper tous les anniversaires oubliés de son enfance et lui donner tous les cadeaux qu’elle n’a jamais reçus.

Une femme assise sur une chaise de camping sourit.

Kakaionstha Deer, une Mohawk de Kahnawake, est allée dans un pensionnat pour Autochtones de Spanish, en Ontario.

Photo : Radio-Canada / Alexis Gacon

Dans son panier, elle a reçu des pommes, un tableau, une tasse de café orange et des bâtons de marche gravés sur lesquels on peut lire chaque enfant compte.

C’est une bonne journée. C’est ça, Kahnawake : on fait de grandes choses ensemble.

Une citation de Kakaionstha Deer, survivante

Journée nationale de la vérité et de la réconciliation

Consulter le dossier complet

A child stands by a wall of "Every Child Matters" artwork during the National Day for Truth and Reconciliation in Ottawa on Sept. 30, 2021. (Sean Kilpatrick/Canadian Press.)

Helen Montour, qui a organisé cette fête, veut que la journée soit joyeuse tout en honorant ceux qui ont péri dans les pensionnats et ceux qui sont encore là. C’est elle qui a préparé les sacs-cadeaux qui iront aux survivants ou à leurs familles.

Son père est allé au pensionnat de Spanish, en Ontario. Ils étaient forcés à travailler, à cueillir des légumes et des fruits. Ils n’avaient pas le droit à des peluches.

Gonfler ces ballons, choisir un beau glaçage, c’est corriger une injustice, pour elle.

Ici, c’est la journée du chandail orange!

Ce samedi, ils étaient plus de 70 à prendre part à la célébration. Cependant, en raison de leur âge, les survivants sont de moins en moins nombreux à s’y rendre.

Ici, personne ne parle de la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation. On parle plutôt de la Journée du chandail orange, une initiative autochtone née en 2013 avec laquelle Ottawa a fait coïncider l’événement depuis 2021.

Deux hommes sourient.

Ronald Boyer et son fils Arnold, qui est un des chefs élus au conseil de la communauté mohawk de Kahnawake.

Photo : Radio-Canada / Alexis Gacon

Même s'il boite, le père d’Arnold Boyer, Ronald, a pris sa voiture pour venir. Il prend la pose avec son fils sous l’arche de ballons orange sur laquelle est inscrit le mot résilience.

Lui aussi est allé à Spanish, en Ontario. Il y a rencontré sa femme. C’est la seule bonne chose qui m’est arrivée là-bas, raconte Ronald Boyer, qui a ensuite passé sa jeunesse sur les grues new-yorkaises pour construire le pont Verazzano-Narrows, entre Brooklyn et Staten Island.

Dès que je descendais de la grue la fin de semaine, je filais à Kahnawake. Ça me coûtait cher de gaz!

Une citation de Ronald Boyer, survivant

La moindre des choses

Même si tous les ingrédients d’une fête sont réunis, quelques larmes coulent sur les joues des participants pendant la cérémonie de la fumée.

L’ambiance est festive, certes, mais personne n’oublie pourquoi il est là. Je suis là parce que mon père a survécu à tout ça. C’est la moindre des choses de lui rendre hommage, dit Helen Montour.

Arnold Boyer ajoute : Tout a été fait pour qu’on disparaisse. Regardez ce qu’on fait de ça : quelque chose de beau.

Vous souhaitez signaler une erreur?Écrivez-nous (Nouvelle fenêtre)

Vous voulez signaler un événement dont vous êtes témoin?Écrivez-nous en toute confidentialité (Nouvelle fenêtre)

Vous aimeriez en savoir plus sur le travail de journaliste?Consultez nos normes et pratiques journalistiques (Nouvelle fenêtre)

Chargement en cours

Infolettre Info nationale

Nouvelles, analyses, reportages : deux fois par jour, recevez l’essentiel de l’actualité.

Formulaire pour s’abonner à l’infolettre Info nationale.