•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Une forêt au pied de la Fonderie Horne pour revaloriser les boues municipales

De petits arbres et des plants de tomates, avec les deux cheminées de la Fonderie Horne en arrière-plan.

Depuis le début du projet, plus de 1000 arbres ont été plantés dans le parc à résidus situé derrière la Fonderie Horne.

Photo : Radio-Canada / Jean-Michel Cotnoir

Contrainte de composer avec des boues municipales contaminées aux métaux lourds, la Ville de Rouyn-Noranda pourrait avoir trouvé une partie de la solution afin de disposer de ces biosolides dans le cadre d’un projet-pilote réalisé en partenariat avec la Fonderie Horne et la firme Viridis Environnement.

En raison de la présence trop importante de cuivre et de cadmium dans ces boues, qui sont issues du traitement des eaux municipales, l’épandage comme engrais dans des champs agricoles est impossible.

Depuis la mise en branle du projet, plus de 1000 arbres ont été plantés dans le parc à résidus Quémont-1, situé derrière la Fonderie Horne. L'objectif est d'implanter sur le site une forêt boréale.

Marie-Élise Viger, dossard sur le dos et casque sur la tête, sur un terrain derrière la Fonderie Horne et ses deux cheminées.

Marie-Élise Viger, directrice environnement chez Glencore pour les opérations cuivre en Amérique du Nord et aux Philippines, lors d'une présentation du projet.

Photo : Radio-Canada / Jean-Michel Cotnoir

La directrice environnement pour les opérations cuivre chez Glencore, Marie-Élise Viger, explique que le projet-pilote, qui a pour objectif de revaloriser les boues contaminées de la Ville de Rouyn-Noranda, permet également à la Fonderie Horne de répondre à un besoin.

C’est un bon adon! On était en train de se pencher sur la question de ce parc à résidus [Quémont-1]. On voulait aller plus loin qu’une restauration ordinaire et on voulait vraiment venir implanter une forêt boréale. Par la suite, pendant qu’on était dans cette réflexion, la Ville, avec Viridis Environnement, nous a approchés; ils allaient vider les étangs aérés, avaient des boues septiques et essayaient de trouver une façon de revaloriser ces boues-là, relate Mme Viger.

Une journaliste de Radio-Canada devant un lac

La journaliste Annie-Claude Luneau revient sur la saga entourant les boues usées contaminées à Rouyn-Noranda.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Perron

Le projet est basé sur la technique de tranchées profondes en rangées, développée par l’Université du Maryland, et a permis l’enfouissement de plusieurs centaines de tonnes de boues septiques sur une superficie de 1,7 hectare.

Des peupliers hybrides, des érables rouges, des épinettes et des pins gris ont été plantés en juin, au-dessus des rangées.

Les boues septiques vont apporter les nutriments pour favoriser la croissance des arbres. En même temps, ça permet que tout ce qu’on trouve dans les boues ne soit pas lavé par la pluie, indique Marie-Élise Viger.

Des plants de tomates sur un terrain de boue asséchée.

Des peupliers hybrides, des érables rouges, des épinettes et des pins gris ont été plantés en juin, au-dessus des rangées.

Photo : Radio-Canada / Jean-Michel Cotnoir

Selon Mme Viger, il pourrait s'écouler plusieurs années avant de conclure à un succès pour le projet-pilote.

L’objectif premier, pour nous, c’est vraiment la restauration du site minier. On s'assure que les résidus sont bien saturés et bien encapsulés. On va aussi vérifier le volet forêt boréale, l’implantation des arbres, leur croissance, et on va regarder tout ce qui est qualité de l’eau, autant l’eau souterraine que l’eau de surface. On va venir vérifier les paramètres pour voir si les résidus sont bien saturés, mais aussi si les nutriments qu’on trouve dans les boues septiques sont bien encapsulés, restent sur le site et ne vont pas se faire laver et sortir du site, mentionne-t-elle.

Un projet exporté ailleurs?

En cas de succès, les instigateurs du projet aimeraient le promouvoir à l’extérieur de la région.

On trouve que c’est une belle occasion, quelque chose qu’on vient développer ici et qui peut être bénéfique pour l’ensemble du Québec où il y a des sites dégradés et des boues septiques à gérer.

Une citation de Marie-Élise Viger
Marie-Élise Viger au milieu des petits arbres plantés derrière la Fonderie Horne.

Marie-Élise Viger souligne qu'en cas de succès les instigateurs aimeraient promouvoir le projet à l’extérieur de la région.

Photo : Radio-Canada / Jean-Michel Cotnoir

Si les essais sont concluants et si la qualité des eaux de surface et souterraines n'est pas affectée, il est possible qu'une autorisation soit demandée au ministère de l’Environnement afin d'élargir le projet actuel, qui pourrait atteindre plus de 35 hectares.

On pourrait faire l’ensemble du parc à résidus Quémont-1, qui va jusqu’au bassin Nord-Osisko et qui fourche pour aller rejoindre le Golf Noranda. C’est donc une très grande superficie qui serait accessible pour un projet de cette nature, signale Mme Viger.

« Une combinaison gagnante »

Questionnée pour savoir si la participation de la Fonderie Horne à ce projet-pilote constituait une reconnaissance de sa responsabilité pour la contamination des boues municipales de Rouyn-Noranda, Marie-Élise Viger a répondu par la négative.

Non, ce n’était pas ça, le but. La Ville avait un problème avec les boues, et nous, on avait un problème avec un parc, donc c’était une combinaison gagnante pour venir implanter une forêt dans un ancien parc, fait-elle valoir.

Des plants de tomates y poussent!

Des plants de tomates à l'avant-plan, la Fonderie Horne en arrière-plan.

De nombreux plants de tomates ont poussé derrière la Fonderie Horne en raison de la présence de semences dans les boues.

Photo : Radio-Canada / Jean-Michel Cotnoir

En plus des boues enfouies dans les tranchées, de fines couches de boue ont été ajoutées en surface à certains endroits. De nombreux plants de tomates y ont poussé.

On ne digère pas les semences de tomates, donc on se retrouve avec un champ de tomates entre les arbres. Il y a peut-être un petit peu d’entre vous ici, fait remarquer Marie-Élise Viger.

Vous souhaitez signaler une erreur?Écrivez-nous (Nouvelle fenêtre)

Vous voulez signaler un événement dont vous êtes témoin?Écrivez-nous en toute confidentialité (Nouvelle fenêtre)

Vous aimeriez en savoir plus sur le travail de journaliste?Consultez nos normes et pratiques journalistiques (Nouvelle fenêtre)

Chargement en cours

Infolettre ICI Abitibi

Une fois par jour, recevez l’essentiel de l’actualité régionale.

Formulaire pour s’abonner à l’infolettre d’ICI Abitibi.