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Des réponses exigées après que des policiers de Louiseville aient été menacés

Enseigne de la Sûreté du Québec, poste principal de la MRC de Maskinongé.

Poste de la Sûreté du Québec à Louiseville

Photo : Radio-Canada / Josée Ducharme

Les policiers de la Sûreté du Québec (SQ) du poste de Louiseville ont été visés par des menaces de mort d’un individu connu des milieux policiers dans les derniers jours. Une situation décriée par l’Association des policières et policiers provinciaux du Québec (APPQ), alors que la pétition lancée après la mort de la policière Maureen Breau a été classée par le gouvernement il y a deux semaines.

Le signalement que les policiers ont reçu concernant cet individu, c’est qu’il veut tuer des policiers, policières spécifiques à l’unité de Louiseville, raconte le président de l’APPQ, Jacques Painchaud.

Des policiers du Groupe tactique d'intervention de la Sûreté du Québec ont procédé à son arrestation vendredi.

Jacques Painchaud soutient, visiblement découragé, que l’homme était connu des milieux policiers pour s’en être pris à plusieurs reprises à des policiers.

Selon des documents de cour que Radio-Canada a pu consulter, Maxime Bourassa, 36 ans, de Saint-Barnabé, a déjà plaidé coupable par le passé à des accusations de méfait et d’avoir tenté de désarmer un policier dans divers dossiers entre 2006 et 2022.

Il a aussi plaidé coupable à des accusations de harcèlement criminel, entrave au travail d’un policier et port d’arme dans un dessein dangereux.

Le président de l’APPQ rapporte que lors d’événements en 2022, l’individu a menacé des policiers avec une hache en plus d’endommager une voiture de patrouille à l’aide de celle-ci. Celui-ci a poursuivi ses infractions au cours de l’année 2023, des menaces, des voies de fait, des bris de conditions et il est toujours sur [la dépendance] de drogue. Il dit qu’il va briser ses conditions de remise en liberté, ajoute M. Painchaud. Ce dernier se demande pourquoi l’homme a été libéré compte tenu de ses antécédents.

Actions demandées

Cette situation suscite l’incompréhension de l’APPQ à savoir pourquoi le gouvernement n’a pas donné suite à la pétition de près de 24 000 signatures réclamant un meilleur encadrement des personnes remises en liberté ayant un passé connu de violence ou de troubles mentaux.

Jacques Painchaud dit avoir été informé de la fermeture de la pétition par le ministère de la Sécurité publique avec la raison à l’effet qu’ils ont donné suite aux demandes de la pétition.

Le président de l’APPQ a demandé une rencontre avec le ministère cette semaine pour voir précisément en quoi il y a eu réponse positive, parce que l’on comprendra que la pétition demandait aux ministères de la Santé, de la Justice, de la Sécurité publique de se mettre en commun pour tenter de trouver des solutions pour amener l’information sensible, pour que nos policiers, policières puissent agir de façon plus sécuritaire.

Il y avait également aussi une demande pour au niveau fédéral avec le comité d’examen des troubles mentaux, d’arriver et de pouvoir réviser les critères avant de libérer quelqu’un. Et ça, ce sont deux demandes qui m’ont été dites par le MSP qui ont été bien répondues. Mais il y en a une autre, par exemple, qui est celle de se remettre en question sur la liberté conditionnelle concernant quand les gens ils ont fait des infractions criminelles, poursuit M. Painchaud, qui indique que son association n’a pas été consultée pendant les travaux sur cette question.

On dirait que là-dessus, ce n’est pas juste la transmission d’informations qui un travail à faire, c’est une remise en question, dit-il. Les choses doivent changer.

Jacques Painchaud déplore que l’APPQ soit dans l’inconnu au sujet des discussions que le ministre de la Justice, Simon Jolin-Barrette, aurait eu avec son homologue fédéral pour qu’il y ait une révision des critères pour le comité d’examen des troubles mentaux du Québec.Quelle est la nature des échanges d’argumentaires? On n’a rien de ça, lance celui qui représente près de 6000 policiers dans la province.

La question des remises en liberté systématiques malgré la dépendance aux drogues de prévenus, ainsi que la sécurité autour des postes de police sont des éléments qui doivent être revus, selon lui. C’est clair que pour moi peut-être que la pétition est fermée, mais les enjeux et les problèmes doivent avoir une suite, la reddition de comptes est importante.

Consternation

Jacques Painchaud a du mal à cacher ses émotions lorsqu’il évoque les impacts que de tels événements peuvent avoir sur les membres de son syndicat.

J’ai beaucoup, beaucoup de policiers qui demandent assistance à des soins en santé mentale, auprès de la vigile également, pour poursuivre puis tenir le flambeau. Ils veulent faire leur mission, enchaîne-t-il la gorge nouée.

Le président de l’APPQ rappelle que le gouvernement a annoncé en mai que des travailleurs sociaux seraient déployés, notamment à Louiseville, pour faire équipe avec les policiers sur le terrain. Le poste est toujours ouvert, ce n’est pas comblé, il n’y a pas personne de rajouter. Les mois s’additionnent, les mois s’ajoutent, avons-nous quelque chose de concret ?

S’il y avait vraiment des gestes, des actions très concrètes, c’est sûr que ce serait une tape dans le dos pour mes policiers, policières, pour le travail, leur mission qu’ils accomplissent tous les jours pour assurer la sécurité du public, conclut Jacques Painchaud, qui participait dimanche à la cérémonie annuelle des policiers et agents de la paix canadiens morts en service dans la dernière année au pays, à Ottawa.

La policière Maureen Breau est morte le 27 mars dernier lors d’une intervention dans un logement de Louiseville qui a connu un dénouement tragique. Un suspect l’a poignardée avant d’être abattu. L’enquête publique sur ces deux morts s’ouvrira en février 2024, à Trois-Rivières.

Avec les informations de Rosalie Sinclair

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