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La direction du REM présente ses mesures d’atténuation du bruit

Gros plan sur le REM qui arrive à la gare de Montréal avec des appartements en arrière-plan.

Le passage du REM dans les zones résidentielles a rapidement soulevé des problèmes de nuisance sonore.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Confrontée à des niveaux de nuisance sonore plus élevés que prévu sur plusieurs tronçons de son réseau, notamment près des zones résidentielles, la direction du REM a présenté lundi matin les principales mesures qu’elle a retenues pour atténuer le bruit généré par le passage de ses voitures de trains.

Dès le lancement des opérations du REM, en juillet dernier, autant les responsables du réseau que les citoyens qui habitent près des rails ont constaté que les trains, qui circulent à fréquence élevée, ne sont pas aussi silencieux qu’on le promettait.

Un fait reconnu d’entrée de jeu par le président et chef de la direction de CDPQ Infra, Jean-Marc Arbaud, lundi, lors d’une séance de breffage technique.

Nous avions clairement exprimé que nous n’étions pas entièrement satisfaits du bruit émis avec le passage des voitures, a-t-il expliqué. Nous nous étions alors engagés à mettre en place une démarche rigoureuse pour y pallier.

À la suite d’une série d’analyses menées avec des experts internationaux et l’installation d’appareils de mesure du bruit le long du parcours, les résultats ont en effet démontré des effets insatisfaisants sur les niveaux sonores dans plusieurs secteurs, notamment dans les zones situées entre L’Île-des-Sœurs et la gare Centrale.

C'est pourquoi CDPQ Infra annonce le déploiement de mesures d’atténuation du bruit dès l’automne dans les secteurs de L’Île-des-Sœurs, de Pointe-Saint-Charles et de Griffintown qui sont actuellement les plus problématiques.

Selon la firme SYSTRA, à qui on a confié le mandat d’identifier les sources du bruit généré par le passage des trains du REM, deux problèmes ont été identifiés.

Le premier est la transmission de vibrations par le rail vers la structure aérienne qui crée un bruit de grondement. Le second est le contact entre les roues des voitures et le rail qui génère un bruit de roulement.

Meulage acoustique et absorbeurs dynamiques

Afin d'atténuer ces phénomènes sonores, les ingénieurs ont opté dans un premier temps pour une technologie de meulage des rails qui permet, selon CDPQ Infra, de réduire de façon notable le bruit généré par les roues des wagons sur les rails d’acier.

La deuxième solution retenue est l’installation d’absorbeurs dynamiques sur des portions du réseau qui se trouvent près des habitations.

Tout en soutenant qu’il s’agit de technologies qui ont fait leurs preuves dans le monde, CDPQ Infra a dit espérer réduire sensiblement la nuisance sonore de ses trains.

À la suite de la mise en place de ces deux mesures, une réduction de l’intensité sonore totale de 5 à 10 décibels à la source est anticipée. En général, une telle réduction équivaut à une baisse du niveau de bruit émis allant de 3 à 10 fois par rapport à la situation actuelle, explique CDPQ Infra.

Effectuées à l'aide de machinerie spécialisée, les opérations de meulage acoustique doivent commencer au mois de novembre entre L’Île-des-Sœurs et la gare Centrale avant de se poursuivre jusqu’à la station Brossard, sur la Rive-Sud.

L’installation des absorbeurs dynamiques doit quant à elle s’échelonner de la mi-octobre jusqu’au mois de décembre.

En ce qui a trait à l’installation de murs antibruit supplémentaires près des zones résidentielles, CDPQ Infra affirme avoir étudié cette possibilité. Mais comme les rails sont construits en hauteur, l’installation de murs antibruit n’amènerait en général aucun gain acoustique significatif, précise CDPQ Infra.

Selon Jean-Marc Arbaud, toutes ces nouvelles mesures déployées pour atténuer le bruit des trains du REM feront l’objet d’un suivi rigoureux afin de valider l’atteinte de nos objectifs de réduction de bruit, a-t-il assuré.

Ces solutions devront remplir leurs promesses dans la mesure où la mise en service du REM soulève plusieurs inquiétudes pour les citoyens qui vivent près du parcours et pour qui le passage de ces trains à grande fréquence est une épreuve quotidienne.

On ne dort plus après 6 h le matin. Ça nous réveille constamment. On ne peut plus ouvrir nos portes, on ne peut plus s’asseoir sur notre balcon, on ne peut pas ouvrir les fenêtres, déplore Monelle Carama qui réside dans une tour d'habitation de Griffintown située près des rails.

Interrogée au micro de l'émission Tout un matin, elle doute fortement que la direction du REM soit capable de réduire à ce point la nuisance sonore. Mon mari a téléchargé une application pour mesurer les décibels. On est à 77 ou 78 décibels… ils nous en ont promis cinquante et quelques, s'exclame-t-elle.

Plusieurs administrations d'arrondissement s'inquiètent aussi de la venue prochaine du REM dans leur secteur.

Le 7 septembre dernier, le Conseil municipal de l’arrondissement de Saint-Laurent, qui accueillera cinq stations du REM, a adopté une motion dans laquelle il demande à CDPQ Infra de prendre dès maintenant des mesures afin de réduire les impacts sonores anticipés.

Près de 5,5 kilomètres du tracé du REM longent des quartiers résidentiels dans ce secteur.

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