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L’humanité aux « portes de l’enfer » avec la crise climatique, avertit le chef de l’ONU

Un homme à une tribune derrière deux micros regarde devant lui.

Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres

Photo : Getty Images / Adam Gray

Agence France-Presse

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a averti mercredi que la dépendance de l'humanité aux énergies fossiles avait « ouvert les portes de l'enfer » au moment de lancer un sommet sur la lutte contre le réchauffement climatique sans la Chine ni les États-Unis.

La poursuite de la hausse des émissions de gaz à effet de serre, responsables du réchauffement, a entraîné cette année une chaleur épouvantable et des incendies historiques dans le monde entier, a constaté Antonio Guterres lors de cette réunion partiellement éclipsée par l'annonce du Royaume-Uni de mettre un coup de frein à certains de ses engagements climatiques.

Cependant, il n'est pas trop tard pour limiter la hausse des températures mondiales à 1,5 °C, a assuré le chef de l'ONU. L'avenir n'est pas écrit : c'est à vous, les dirigeants, de l'écrire.

Nous pouvons toujours construire un monde avec de l'air pur, des emplois verts et une énergie propre et abordable pour tous.

Une citation de Antonio Guterres, secrétaire général de l'ONU

Pour combler le fossé immense entre la crise climatique et les politiques des gouvernements, il avait convoqué ce sommet du bon sens avec des conditions d'entrée élevées au moment où des dizaines de chefs d'État et de gouvernement sont réunis pour l'Assemblée générale de l'ONU.

Il avait en effet été très clair, refusant reculades, greenwashing, esquive des responsabilités et réemballage d'engagements déjà connus : seuls les plus ambitieux, notamment en matière d'objectifs de neutralité carbone, auraient le droit de s'exprimer.

Après avoir reçu plus d'une centaine de réponses de pays justifiant de leur action, la liste de la quarantaine d'heureux élus comportait quelques absents de marque, en particulier les deux plus gros émetteurs de gaz à effet de serre : les États-Unis, au moment où le président Joe Biden était encore à New York, et la Chine, dont le président n'a pas fait le déplacement à l'Assemblée générale annuelle.

Le Royaume-Uni n'était pas non plus sur la liste. Et son premier ministre Rishi Sunak, qui n'est pas venu à New York, a choisi ce jour pour annoncer le report de mesures phares de la politique climatique britannique.

L'Union européenne était en revanche invitée à exposer ses politiques climatiques, tout comme le Brésil, le Canada ou l'Afrique du Sud.

Peut-être que c'est une bonne nouvelle que Biden n'ait pas de créneau pour parler au sommet, a commenté Catherine Abreu, de l'ONG Destination Zero, en montrant du doigt les plans de développement des énergies fossiles aux États-Unis.

C'est une correction par rapport à de précédents sommets où les dirigeants avaient eu [l'occasion] de s'attribuer le mérite d'un leadership climatique sur la scène internationale alors qu'ils poursuivaient des plans d'expansion des énergies fossiles alimentant la crise climatique chez eux, a-t-elle ajouté.

La colère monte parmi les militants du climat, en particulier les jeunes, qui le week-end dernier sont à nouveau descendus par milliers dans les rues de New York lors d'une marche contre les énergies fossiles.

Quelques progrès

Certains ont malgré tout noté quelques points positifs.

Ainsi, le chancelier allemand Olaf Scholz a mis en avant les deux milliards d'euros promis à un fonds de financement de l'action climatique dans les pays en développement, tandis que le Brésil a assuré qu'il parviendrait à réduire la déforestation de l'Amazonie à zéro d'ici 2030.

Les petits pas de certains pays sont bienvenus, mais c'est un peu comme essayer d'éteindre un brasier avec un tuyau percé, a déploré David Waskow, du World Resources Institute. Bien trop d'acteurs clés n'ont pas touché à l'accélérateur.

Les pays en développement, eux, ont encore une fois rappelé les pays riches à leur promesse d'accroître largement leur aide climatique.

Il s'agit là d'un des points les plus délicats des négociations climatiques internationales et qui sera sans aucun doute au cœur de la COP28 dans quelques semaines, à Dubaï, à la fin novembre.

Ni l'Afrique ni le monde développé ne demandent la charité ou l'aumône [...], seulement la justice, a lancé le président kényan William Ruto en réclamant une taxe universelle sur les énergies fossiles.

La première ministre de la Barbade, Mia Mottley, en pointe sur les demandes de réforme de l'architecture financière internationale, a quant à elle dit espérer que le monde s'emparera de la crise climatique avec autant de sérieux qu'il l'a fait avec la guerre en Ukraine.

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