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Les critiques du projet de loi 32 trouvent écho sur la Côte-Nord

Jean-Charles Piétacho s'adresse à un journaliste.

« Reconnaitre le racisme systémique c’est une première chose, et après on parlera de sécurisation culturelle », affirme le chef Jean-Charles Piétacho. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Mageau

Radio-Canada

« Le gouvernement fait fi de nos solutions », déplorent des figures innues de la Côte-Nord, qui adressent de dures critiques au gouvernement provincial.

Ces critiques s’ajoutent à celles émises lors de l’étude du projet de loi de sécurisation culturelle dans le réseau de la santé. Le gouvernement de la Coalition avenir Québec est accusé d'imposer son approche paternaliste dans le dossier.

Dans une lettre ouverte, Ghislain Picard, chef de l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador, annonce qu’il refuse de participer aux consultations du gouvernement, car il juge la démarche coloniale étant donné l'absence des propositions des Premières Nations.

S’il est adopté, le projet de loi 32 obligera tout établissement du réseau de la santé et des services sociaux à tenir compte des réalités culturelles et historiques des Autochtones.

Il a été rédigé par le gouvernement après avoir entendu les besoins et les attentes de 14 organisations autochtones.

Pour plusieurs acteurs politiques sur la Côte-Nord qui auraient voulu participer à l’écriture de la loi, c’est encore loin d’être à la hauteur de leurs attentes.

Tout le monde est d’accord qu’il y a un problème. On travaille à trouver des solutions, et nos solutions sont refusées.

Une citation de Jean-Charles Piétacho, chef d’Ekuanitshit

Jean-Charles Piétacho est chef d’Ekuanitshit depuis 32 ans. Il déplore que malgré les années qui filent, la situation, elle, reste la même.

Ils vont adopter une loi et nous, nous ne serons pas là. Peu importe les partis, ils ne passent pas à l'action. J'en ai vu, des rapports de commissions qui prônent la sécurité culturelle. Nos voix ne sont pas entendues, retient-il.

Plusieurs acteurs politiques appellent également à la reconnaissance du racisme systémique et du Principe de Joyce, tous deux absents du projet de loi.

Un médecin avec les bras croisés qui sourit.

Le docteur Stanley Vollant pense que des années seront nécessaires pour développer que le système de santé inspire confiance aux Autochtones. (Photo d'archives)

Photo : Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux du Centre-Sud-de-l'Île-de-Montréal

Pourtant, ces deux notions sont indissociables du concept de sécurisation culturelle, selon Stanley Vollant, chirurgien à l’Hôpital Notre-Dame et prochain directeur de santé publique de la Commission de la santé et des services sociaux des Premières Nations du Québec et du Labrador.

Ça fait 300 ans qu’on est sur ce régime-là et, malheureusement, beaucoup de concepts, de façons de faire, sont issus d’un passé où il y avait inégalité entre l’ethnie dominante et les gens qui étaient en dessous, les Premières Nations. On a besoin de briser ce rapport de force, d’être égal à égal, indique le chirurgien de Pessamit.

Stanley Vollant a l’intention de prendre part aux audiences publiques du gouvernement. Une participation des Autochtones est nécessaire, selon lui, pour améliorer le projet de loi imparfait.

Je comprends ceux qui disent que le processus est colonisateur. Doit-on briser cet élan ou le prendre? Rome et Paris ne se sont pas construits en un jour, il faut commencer par un premier pas.

D'après les informations de Renaud Chicoine-McKenzie

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