•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le ministre du Logement de l’Ontario, Steve Clark, démissionne

Steve Clark derrière les micros en point de presse.

Le ministre des Affaires municipales et du Logement Steve Clark remet finalement sa démission. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Alex Lupul

Radio-Canada

Le premier ministre ontarien, Doug Ford, perd son ministre des Affaires municipales et du Logement Steve Clark, qui annonce sa démission lundi dans la foulée du scandale de la ceinture de verdure.

Les partis d'opposition réclamaient sa démission depuis plusieurs semaines.

Le ministre Clark avait présenté des excuses la semaine dernière à la suite d'un rapport accablant du commissaire provincial à l’intégrité, mais avait refusé de démissionner.

Doug Ford avait alors défendu son ministre, malgré le rapport qui concluait que M. Clark avait contrevenu à la Loi sur l’intégrité des députés.

Doug Ford et Steve Clark en point de presse.

Le premier ministre Doug Ford avait défendu le ministre Clark après la publication du rapport du commissaire à l'intégrité. (Photo d'archives)

Photo : La Presse canadienne / Cole Burston

Grand Toronto : redécoupage de la ceinture de verdure

Consulter le dossier complet

Une enseigne au bord d'une route dans une zone boisée.

Dans une déclaration écrite diffusée lundi, M. Clark, en poste depuis 2018, explique qu'il a décidé de démissionner parce qu'il était devenu une « distraction », alors que l'Ontario fait face à une « crise » du logement.

Je pensais rester en poste et établir des procédures adéquates pour éviter la répétition des erreurs [commises]. Mais j'ai réalisé que ma présence ne ferait que détourner l'attention du travail important à accomplir.

Une citation de Steve Clark, ministre démissionnaire (communiqué)

Dans une publication sur X (anciennement Twitter), le premier ministre Ford le remercie pour ses années de service public et réitère que son gouvernement cherche à construire au moins 1,5 million de nouveaux logis au cours de la prochaine décennie.

Pour le politologue Peter Graefe de l'Université McMaster de Hamilton, le gouvernement a réalisé qu'il ne pouvait plus continuer à prétendre qu'il pouvait simplement tourner la page.

C'est peut-être moins surprenant que ça se fasse un jour férié où c'est peut-être moins visible pour la population.

Une citation de Peter Graefe, professeur en sciences politiques

Selon le professeur Graefe, ce scandale pourrait éveiller le « scepticisme » des électeurs à l'endroit du gouvernement Ford.

Le professeur de science politique à l'Université de Toronto à Scarborough, Christopher Cochrane, doute fortement que la démission soit suffisante pour atténuer le mécontentement des opposants du retrait des terrains de la zone protégée.

Le fait que cette annonce ait été faite après que le premier ministre ait défendu son ministre démontre qu’il y a peut-être eu des développements durant la fin de semaine, analyse pour sa part Stéphanie Chouinard, professeure agrégée de science politique au Collège militaire royal du Canada et à l'Université Queen's.

La démission du ministre Clark est un grand pas dans la bonne direction, estime pour sa part Abdullah Mir, co-président de l'organisme Stop Sprawl Durham, qui cherche à limiter l'étalement urbain dans la région à l'est de Toronto.

Le groupe cherche toujours à faire annuler la décision de retirer la Réserve agricole de Duffins-Rouge de la ceinture de verdure.

Bâtir dans une zone protégée

Le scandale de la ceinture de verdure porte sur la décision du gouvernement Ford d'autoriser la construction de 50 000 logis dans une partie de cette zone normalement protégée autour de Toronto. La province avait retiré près de 3000 hectares en décembre, mais en ajoutant des parcelles ailleurs.

L'explication donnée par M. Ford et son ministre Clark a toujours été que l'Ontario avait besoin de ces terres face au manque criant de logement, ce que les partis d'opposition et des experts ont remis en doute.

Le commissaire à l'intégrité J. David Wake affirme dans son rapport que le processus de sélection des terrains a eu pour effet de favoriser indûment les intérêts privés de certains promoteurs immobiliers. Il ajoute que le ministre Clark n'a pas bien supervisé son chef de cabinet Ryan Amato, qui s'est s’engagé dans un processus « précipité et inadéquat ». M. Amato avait déjà démissionné le mois dernier.

Dans un autre rapport plus tôt en août, la vérificatrice générale (VG) de l'Ontario, Bonnie Lysyk, avait conclu que certains promoteurs avaient eu droit à un « traitement préférentiel ». Les propriétaires des terrains retirés de la ceinture de verdure s'attendaient à ce que la valeur de ces parcelles bondisse d'au moins 8,3 milliards de dollars, avait ajouté la VG.

Le mois dernier, la Gendarmerie royale du Canada (GRC) a précisé qu'elle évaluait la possibilité de lancer une enquête criminelle dans le dossier.

De son côté, M. Clark indique qu'il demeurera député de la circonscription de Leeds-Grenville-Thousand Islands et Rideau Lakes. Le gouvernement n'a pas précisé qui lui succéderait aux Affaires municipales et au Logement.

Marit Stiles en mêlée de presse.

La chef du NPD Marit Stiles réclame le retour dans la ceinture de verdure des terres qui en avaient été retirées.

Photo : Radio-Canada

De la corruption, dit l'opposition

La chef de l'opposition officielle, la néo-démocrate Marit Stiles, affirme dans un communiqué que M. Clark « assume finalement ses responsabilités pour son rôle dans le scandale gouvernemental de la ceinture de verdure ».

Pour le NPD, la corruption s'étend « plus loin que le bureau de Clark ».

C'est maintenant au tour de Doug Ford d'accepter les conséquences [de ses actes].

Une citation de Marit Stiles, chef du NPD en Ontario

Elle presse M. Ford de rappeler les députés à l'Assemblée législative et de ramener dans la ceinture de verdure toutes les parcelles qui en avaient été exclues.

Le chef intérimaire des libéraux John Fraser qualifie la démission du ministre Clark de « première étape », affirmant que bien des questions demeurent sans réponse.

Le premier ministre doit être transparent au sujet de l'échange de terres dans la ceinture de verdure, écrit-il dans un communiqué.

Le chef du Parti vert Mike Schreiner affirme dans une déclaration que « l'odeur de corruption persiste ». Il réclame une enquête publique.

Si Doug Ford pense que la démission de son ministre va mettre fin au scandale de 8,3 milliards de la ceinture de verdure, il se trompe.

Une citation de Mike Schreiner, chef des verts

Pour sa part, le groupe Environmental Defence soutient que la démission du ministre Clark est une « tentative de détourner l'attention ». Ce n'est pas un substitut à la restitution complète des terrains de 8,3 milliards retirés de la ceinture de verdure, affirme dans un communiqué Phil Pothen du groupe environnemental.

Pour Environmental Defence, permettre la construction de maisons dans cette zone protégée ne va que favoriser l'étalement urbain. D'autres terrains sont disponibles dans le Grand Toronto et la région de Hamilton pour la construction de logis, fait valoir le groupe environnemental.

Avec des renseignements fournis par Philippe de Montigny

La section Commentaires est fermée

Les commentaires sont modérés et publiés du lundi au vendredi entre 6 h et 23 h 30 (heure de l’est).

Vous souhaitez signaler une erreur?Écrivez-nous (Nouvelle fenêtre)

Vous voulez signaler un événement dont vous êtes témoin?Écrivez-nous en toute confidentialité (Nouvelle fenêtre)

Vous aimeriez en savoir plus sur le travail de journaliste?Consultez nos normes et pratiques journalistiques (Nouvelle fenêtre)

Infolettre ICI Ontario

Une fois par jour, recevez l’essentiel de l’actualité régionale.

Formulaire pour s’abonner à l’infolettre d’ICI Ontario.