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À Québec, un aménagement novateur pour mieux contrôler l’eau de ruissellement

Le marché de Sainte-Foy

Les aménagements aux abords du marché de Sainte-Foy permettent de mieux contrôler les pluies abondantes.

Photo : Radio-Canada / Claude Bernatchez

EN MODE SOLUTIONS - Fossés, bassins de rétention, réservoirs et aménagements paysagers. Les ingénieurs de la Ville de Québec ont déployé toute une gamme d’outils de contrôle des eaux dans la conception du stationnement Roland-Beaudin inauguré en 2022.

On contrôle 100 % de la surface de l'eau qui tombe sur le stationnement, nous explique Renée Lanthier, ingénieure et directrice par intérim de la Division Planification de la fonctionnalité des infrastructures du Service de l'ingénierie de la Ville de Québec, lors d'une présentation détaillée des ouvrages autour du Marché de Sainte-Foy et du nouveau centre de glaces. Le débit de rejet à l'égout y est contrôlé. Il ne dépassera jamais un débit fixe.

Une bouche d'égout dans un bassin.

Un bassin de biorétention au stationnement Roland-Beaudin à Sainte-Foy

Photo : Radio-Canada / Claude Bernatchez

Gérer des crues plus abondantes et plus fréquentes

L’été 2023 a été marqué par des précipitations exceptionnelles. Quatre-vingt-quinze millimètres de pluie ont été enregistrés à la station météorologique de l’Université Laval les 10 et 11 juillet. Trente millimètres le 13 du même mois et près de soixante-dix  millimètres le 8 août. Pour éviter des refoulements d'égouts et des inondations, la Ville a dû procéder à des surverses d’eau non traitée dans les cours d’eau comme le fleuve Saint-Laurent.

Un débordement d'eau dans une rue.

Les pluies abondantes de l'été 2023 ont forcé la Ville de Québec à déverser des eaux non traitées dans le fleuve Saint-Laurent.

Photo : Radio-Canada

Les municipalités doivent gérer dans leurs anciens quartiers des réseaux unitaires comme on les construisait dans le passé. Il y a deux types de réseaux, explique la professeure et chercheuse à l’INRS Sophie Duchesne. Dans les réseaux séparés, les eaux des égouts sont dirigées vers les usines de traitement et les eaux pluviales vers les cours d'eau. Dans les plus vieux quartiers comme Québec centre-ville, Sainte-Foy ou Sillery [...] les eaux de pluie et les eaux usées sont mélangées. [...] Quand il y a trop d'eau, il y a des débordements d'un mélange d'eaux usées, puis d'eau pluviale qui s'en vont dans les cours d'eau.

Les municipalités doivent maintenant développer toute une panoplie d'outils pour mettre en application le principe de contrôle à la source comme on le fait maintenant au marché de Sainte-Foy. Terminé le tout à l'égout, nous explique Renée Lanthier. On a rajouté la notion de résilience, on souhaite, avec les infrastructures vertes, essayer de reproduire un peu plus le cycle naturel de l'eau. En cas de coup d’eau important, on arrive à contrôler les débits avant de les rejeter dans un égout ou dans un cours d’eau.

Comment ça marche?

Tout autour du stationnement Roland-Beaudin et des rues qui y mènent, les arbres et les plantes rendent ce secteur asphalté et bétonné plus accueillant.

Les plantes permettent avec leur système racinaire de traiter, mais aussi d'évaporer l'eau là, quand elle arrive.

Une citation de Renée Lanthier, ingénieure et directrice par intérim de la Division Planification de la fonctionnalité des infrastructures du Service de l'ingénierie

En regardant de plus près, on découvre que les aménagements ne servent pas qu’à embellir le paysage urbain. Plusieurs composantes permettent de gérer les quantités et la qualité de l’eau de ruissellement avant qu’elle ne prenne le chemin du réseau d’égouts existant.


Le fossé de stockage

  • Une simple cavité où l’eau de ruissellement s'accumule avant de s'infiltrer dans le sol.
Un fossé.

Les fossés à proximité du stationnement récoltent une partie de l'eau de ruissellement.

Photo : Radio-Canada / Claude Bernatchez

Les aires de biorétention

  • On les repère facilement grâce aux tuyaux horizontaux qui sortent du sol et qui sont coiffés d’un grillage. Elles servent à stocker et à filtrer l’eau qui s'écoule naturellement dans le sol. Quand les quantités d’eau sont trop importantes pour être absorbées par le bassin et qu’elles atteignent le haut du grillage, elles s'engouffrent dans les tuyaux et suivent leur chemin vers les chambres de rétention.
Un bassin de biorétention.

Les aires de biorétention absorbent et filtrent l'eau de pluie.

Photo : Radio-Canada / Claude Bernatchez

Les chambres de rétention

  • Des cavités souterraines qui stockent temporairement les surplus d’eau avant de les envoyer dans le réseau.
Des tuyaux

Les chambres de rétention retiennent l'eau de pluie avant de les libérer dans le réseau d'égouts.

Photo : Gracieuseté Ville de Québec

Les unités de prétraitement

  • Des grillages par lesquels l’eau passe avant de se retrouver dans les bassins et qui servent à éliminer les plus grosses particules transportées par l'eau de surface.
Une grille de prétraitement.

Les grillages servent à retrier les plus grosses particules véhiculées par l'eau.

Photo : Radio-Canada / Claude Bernatchez

Des réservoirs d’eau à l’usage du marché

  • Des réservoirs qui permettent de récupérer l’eau de pluie qui est utilisée par les marchands qui arrosent leurs plantes et qui alimente les toilettes du marché.

Le stationnement Roland-Beaudin, c'est clairement innovant, c'est une application, je pense, très intéressante. [...] Là, c'est de suivre puis d'apprendre de ce type d'aménagement.

Une citation de Renée Lanthier, ingénieure et directrice par intérim de la Division Planification de la fonctionnalité des infrastructures du Service de l'ingénierie

Dépenser pour corriger les erreurs du passé

Innover pour améliorer un système désuet a un coût : 4,6 millions de dollars pour le réaménagement de l’espace Roland-Beaudin.

On n'est pas encore avancé, les analyses avantages-coûts sur tout le cycle de vie des infrastructures, nous dit Sophie Duchesne de l’INRS,mais intuitivement oui, on pense que c'est moins cher. Elle ajoute : Si on voulait changer toutes nos conduites d'égout souterraines pour les rendre plus grosses, il faut refaire la rue au complet [alors que refaire] un aménagement en surface, ça coûte beaucoup moins cher.

Un autre exemple : le cul-de-sac du boulevard Neuvialle

Mme Lanthier insiste sur la multitude de solutions qui peuvent être mises en place et donne l'exemple du cul-de-sac Neuvialle dans le secteur Duberger. Un aménagement en rue qui intègre des noues (un fossé) et un stationnement en pavé perméable sous lequel on peut stocker de l’eau avant de la rejeter vers la rivière Saint-Charles.

Les données climatologiques et les courbes de pluviométrie qui anticipent les précipitations futures servent à planifier la conception des infrastructures d’égout. Elles sont mises à jour régulièrement, mais vont toutes dans la même direction : les crues subites seront plus nombreuses et plus fréquentes.

Renée Lanthier nous rappelle que les solutions d’adaptation qu’imposent les changements climatiques sont multiples et que l‘aménagement du stationnement Roland-Beaudin ou ceux qu’on aperçoit en bord de rues ne sont que quelques-uns des outils disponibles. Par endroit, il faudra augmenter la capacité des conduites d’eau souterraines alors qu’ailleurs on misera sur la déminéralisation des sols ou la création de marais artificiels.

Déjà, 251 bassins de rétention sont répartis dans tous les quartiers de Québec, selon Renée Lanthier. Dans tous les nouveaux quartiers, c'est une obligation, les eaux de ruissellement générées par ces nouvelles rues sont toutes dirigées vers un bassin de rétention. Ils permettent de contrôler les quantités et la qualité de l’eau avant de les rejeter dans le réseau.

Un bassin de rétention dans un parc.

Le bassin de rétention du parc de la Montagne-des-Roches à Charlesbourg.

Photo : Radio-Canada / Claude Bernatchez

Comme celui de la Montagne des Roches dans lequel se déversent les eaux d’un quartier de Charlesbourg. Ils sont aussi bénéfiques pour la biodiversité, rappelle Sophie Duchesne. On vient mettre un milieu qui est végétal [...] ça peut avoir un impact [...] surtout sur les températures en temps de canicule. Ça peut être très important dans les quartiers centraux.

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