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Quand un étudiant doit payer près de 1000 $ pour la « chambre de Harry Potter »

Un jeune homme marche devant la bibliothèque Robart en mai.

Pour certains étudiants torontois, trouver un logement relève du parcours du combattant. (Photo d'archives)

Photo : CBC / Evan Mitsui

  • Alice Dulczewski

Bia Piza Maia dos Santos entre en première année à l’Université métropolitaine de Toronto. L’étudiante qui arrive d’Ottawa a passé l’été à s’inquiéter, incapable de trouver une chambre.

L’étudiante de 18 ans qui a commencé ses recherches en mai a été obligée d'augmenter son budget de 50 % pour trouver une colocation avant le début de l'année scolaire.

Au début, je pensais mettre 800 $ par mois (ndlr : pour une chambre), sans les charges. À la fin, j’étais prête à mettre quasiment 1200 $. Sinon, c’était vraiment trop difficile de trouver quelque chose , explique-t-elle.

Bia Piza Maia dos santos

Bia Piza Maia dos Santos a dû se résoudre à augmenter son budget pour trouver un logement.

Photo : Radio-Canada

Kylian David, est un étudiant français arrivé à Toronto pour suivre des cours d’anglais. Même s’il se doutait que les prix allaient être élevés, il ne s’attendait pas à ce que ce soit si cher. Je payais 500 $ par mois pour une belle chambre dans une colocation à Chicoutimi, au Québec, dit-il.

Ici, à Toronto, il faut presque payer le double pour avoir la chambre d’Harry Potter.

Une citation de Kylian David, étudiant

4 emplois en plus des études

Selon l’agent immobilier Thomas Delespierre, trouver une chambre pour la rentrée est plus difficile car beaucoup d’étudiants cherchent des logements en même temps, dit-il. Combiné au manque de logements à Toronto et à la hausse des prix des loyers, la tâche peut s’avérer ardue.

Les propriétaires ont tendance à préférer les jeunes travailleurs aux étudiants.

Une citation de Thomas Delespierre, agent immobilier

En conséquence, certains étudiants se retrouvent parfois en grande difficulté.

Après avoir été repoussée sur la liste d’attente pour une résidence universitaire, l’étudiante torontoise Maria Guardado a dû trouver une sous-location en catastrophe. Ça a été très difficile de trouver quelque chose. Il y avait énormément de scams, de gens louches. À un moment, une fille m’a dit que je pouvais rester chez elle gratuitement si je l’aidais à prendre des photos d’elle pour son compte Onlyfans. Evidemment, j’ai dit non, explique-t-elle.

Maria Guardado.

Maria Guardado a eu toutes les peines du monde à trouver un logement.

Photo : Radio-Canada

Étudiante en dernière année de Science politique, Maria Guardado a vu l’explosion des prix des loyers depuis la pandémie. Elle se dit épuisée par cette pression financière. J’ai eu jusqu’à quatre boulots en même temps pour payer mes frais, explique la Torontoise de 24 ans, qui a maintenant trois contrats.

À un moment, je dormais trois heures par nuit pour combiner mes cours et mes heures de travail.

Une citation de Maria Guardado, étudiante

Le problème, dit-elle, c’est que je n’ai juste plus le temps pour étudier et je sens que [la situation] a un impact sur mes résultats scolaires.

Faire preuve de flexibilité

Pour trouver un logement moins cher, certains choisissent de prendre une chambre en banlieue de Toronto et s'imposent plusieurs heures de trajets par jour.

Dans tous les cas, l’agent immobilier Thomas Delespierre pense qu’il est nécessaire de faire des concessions. Il faut se montrer flexible et choisir sa priorité entre le prix, la location et le logement lui-même, affirme-t-il.

L’agent immobilier chez Royal Lepage Signature conseille aux étudiants en difficulté de s’y prendre bien à l’avance pour trouver un logement et d'être capable de montrer patte blanche.

L'agent immobilier Thomas Delespierre.

Thomas Delespierre, agent immobilier chez Royal LePage Signature, à Toronto. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Julia Kozak

Les étudiants étrangers qui n’ont pas de cote de crédit peuvent donner le nom d’un garant ou offrir plusieurs mois de loyer à l’avance, explique-t-il. Légalement, le propriétaire ne peut pas le demander, mais ça pourrait pencher en la faveur de l’étudiant si celui-ci le propose de lui-même, précise Thomas Delespierre.

L’étudiante Maria Guardado, déplore ce système. Même si ce n’est pas légal, on m’a déjà demandé de payer six mois de loyer d’avance. C’est ridicule. Qui a autant d’argent ?, se demande-t-elle.

La Torontoise doit se débrouiller depuis l’adolescence sans ses parents, mais elle remarque qu’autour d’elle, la plupart de ses amis vivent encore avec leur famille. Les jeunes Canadiens se retrouvent forcés de vivre chez leurs parents le plus longtemps possible, dit-elle.

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Dénicher la bonne affaire, est-ce possible ?

Bia Piza Maia dos Santos a fini par trouver une chambre deux semaines avant la rentrée scolaire. Parfois j’ai du mal à réaliser que j’ai trouvé quelque chose, tellement ça a été difficile, dit-elle. Heureuse de pouvoir débuter son expérience torontoise sereinement, l'étudiante pense toutefois à travailler davantage en plus de ses cours pour réussir à couvrir ses frais. J’ai commencé à payer le loyer, et je me dis que je vais devoir travailler plus, dit-elle.

Kylian David.

Kylian David a vu son budget location considérablement augmenter depuis qu'il a déménagé à Toronto.

Photo : Radio-Canada

Le Français Kylian David, lui, partagera finalement un appartement avec quatre autres personnes.

Malgré la hausse des prix, l’agent immobilier Thomas Delespierre pense qu’il existe encore des opportunités intéressantes sur le marché. Une bonne option serait de trouver une chambre dans une location avec un bail qui date d’il y a deux ou trois ans, explique-t-il, ou bien de reprendre un ancien bail si les locataires s’en vont.

Néanmoins, l’agent immobilier admet qu’en dehors de ça, les prix sont à la hausse partout. C’est la réalité de Toronto qui est un peu victime de son succès. Il y a beaucoup plus de gens qui arrivent que de nouveaux logements construits.

  • Alice Dulczewski

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