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Francophonie : Les « villages gaulois » du Nord-Est de l’Ontario

Le drapeau franco-ontarien.

Le Nord de l’Ontario compte 20 municipalités avec au moins 50 % de personnes qui connaissent le français. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada

Selon des données partagées cette semaine par Statistique Canada, les trois communautés d’au moins 500 habitants en Ontario qui ont la plus forte proportion de personnes qui peuvent s’exprimer en français sont dans le Nord-Est de la province.

Le canton de Mattice-Val Côté a détrôné Hearst au premier rang, avec un pourcentage de 96,3.

Le maire de Mattice-Val Côté, Marc Dupuis, n’a pas caché sa satisfaction en entrevue à l’émission Le matin du Nord.

Il va falloir ériger une pancarte, n’est-ce pas? Vous êtes maintenant dans la région la plus francophone de l’Ontario.

Une citation de Marc Dupuis, maire du Canton de Mattice-Val Côté

Il admet que sa communauté n’est pas à l’abri du déclin du français, ou d’un déclin démographique en général, mais remarque le retour de jeunes familles à Mattice-Val Côté.

Il note également que les nouveaux arrivants issus de l'immigration sont aussi en majorité francophones.

Marc Dupuis accorde une entrevue.

Le maire de Mattice-Val Côté, Marc Dupuis, encourage ses concitoyens à demander des services en français. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada

Marc Dupuis espère que le fort pourcentage de francophones dans sa communauté et les environs se traduira en davantage de soutien des gouvernements pour assurer une bonne offre de services en français.

Médaille d'argent pour Hearst

La ville de Hearst, située dans le corridor de la route 11 un peu à l’ouest de Mattice-Val Côté, est deuxième avec un pourcentage de 93,2 % de résidents qui parlent français.

Son maire, Roger Sigouin, a souligné l’importance des institutions locales, comme l’Université de Hearst et l’hôpital Notre-Dame, pour la préservation de la langue.

Une carte de l'Ontario indiquant où se trouvent approximativement Hearst, Mattice-Val Côté et Dubreuilville.

Les trois communautés ontariennes avec la plus grande proportion de francophones sont relativement proches les unes des autres.

Photo : Radio-Canada

Le canton de Dubreuilville complète le trio de tête avec 90,4 %.

La minorité anglophone de Dubreuilville n’a pas d’école, ce qui représente un obstacle pour les entreprises minières du coin qui souhaitent attirer des travailleurs.

Parmi les autres communautés du Nord-Est, Moonbeam se pointe au 8e rang des localités ontariennes pour sa proportion de francophones, avec 79,7 %, à égalité avec Champlain, dans l’Est ontarien.

Val Rita-Harty, située entre Hearst et Kapuskasing, suit de près avec 79,6 %.

Le maintien d’une vitalité francophone

Au total, le Nord de l’Ontario compte 20 municipalités avec au moins 50 % de personnes qui connaissent le français, soit deux fois plus que dans l’Est de la province.

L’historien Serge Dupuis, originaire de Sudbury, souligne qu’il y avait autrefois encore plus de communautés francophones majoritaires dans le Nord de l’Ontario.

Il cite en exemple les municipalités de Rayside-Balfour et de Vallée Est, qui sont depuis 2001 des quartiers du Grand Sudbury.

Avant la fusion, la langue officielle de ces communautés à l’hôtel de ville était le français, ce qui n’a pas été maintenu lors de la création de la ville du Grand Sudbury, où le français est minoritaire.

L'historien Serge Dupuis s'exprime au micro du studio 1 dans les bureaux de Radio-Canada sur la rue Elm à Sudbury.

L'historien Serge Dupuis, basé à l'Université Laval, est un spécialiste la francophonie nord-américaine. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Frédéric Projean

Serge Dupuis souligne que, lorsque les francophones sont en forte majorité, il y a une certaine pression sur les anglophones, qui ont plus tendance à apprendre le français.

Il explique que, selon une étude menée au Québec au début des années 1970, le seuil pour assurer le maintien du nombre de francophones, ou même une croissance, est une proportion de 87 % de francophones.

Sous ce pourcentage, il y a un certain glissement vers l’anglais.

En Ontario, il y a seulement quatre municipalités qui sont au-dessus de ce seuil. À Mattice-Val Côté, Hearst et Dubreuilville s’ajoute Hawkesbury, dans l’Est de l’Ontario, avec un pourcentage de 87,3 %.

L’historien note que l’étude n’a pas été répétée depuis, mais il précise que cela semble correspondre encore aujourd’hui à la réalité québécoise, alors que la proportion de francophones est sous la barre de 87 %, et que le français est en perte de terrain, surtout dans l’ouest de l’île de Montréal et dans le Pontiac.

Pour que la francophonie existe, il faut qu'il y ait un niveau minimal d'engagement des citoyens.

Une citation de Serge Dupuis, historien

Marc Dupuis rappelle que les francophones du corridor de la route 11 sont souvent comparés aux Gaulois des bandes dessinées Astérix qui résistent à l’envahisseur romain.

Il précise toutefois qu’il ne s'oppose pas à l’arrivée d’anglophones dans la région. On a besoin des gens pour travailler, dit-il.

Mais dans notre coin de pays, on dirait que ce sont des gens qui parlent français qui décident de venir dans notre coin justement à cause de la francophonie.

Donc, ça va continuer, je suis certain, pour les prochaines années à venir, conclut Marc Dupuis.

Avec les informations de Nicolas Mongeon et de Bienvenu Senga

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