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Augmentation vertigineuse du nombre de moustiques à Edmonton

Gros plan sur un moustique, sur une surface de peau humaine. Il semble s'apprêter à piquer.

La ville d'Edmonton est frappée par une recrudescence de moustiques.

Photo : Anthony Zerafa

Radio-Canada

Après un début de saison lent, le nombre de moustiques a grimpé en flèche à Edmonton. Les pièges de la Ville ont capturé environ 42 000  en une semaine, alors qu'il n'y en avait que 600 l'été dernier à la même période.

Au laboratoire des moustiques de la Ville, la technologue principale en sciences biologiques, Sarah McPike, ouvre des bacs en plastique remplis à ras bords de tant de spécimens qu'une odeur nauséabonde se répand dans la pièce.

Elle n'est pas surprise que certaines personnes à Edmonton aient quelques démangeaisons. Les échantillons prélevés au cours de l'été ont révélé une récolte exceptionnelle. C'est une augmentation assez stupéfiante.

Les fortes pluies de ces dernières semaines ont fait d'Edmonton un terrain de reproduction idéal, l'eau de pluie remplissant les fossés, les nids-de-poule et les mares d'eau pluviale, comme l'explique Sarah McPike.

La plupart des moustiques de la région d'Edmonton sont des espèces d'eau de crue; les femelles pondent leurs œufs dans la végétation autour des fossés et d'autres plans d'eau temporaires. Lorsque de fortes pluies tombent, les œufs sont submergés et activés, précise Sarah McPike. Au bout d'une semaine environ, les femelles nouvellement écloses sont prêtes à piquer.

Les grands bourreaux

Parmi la trentaine d'espèces de moustiques qui importunent la population d'Edmonton, l'Aedes vexans reste la plus répandue. Son nom, vexans, vient du mot latin qui signifie tourmenter, et il est à la hauteur de sa réputation, celle d'un piqueur diurne agressif.

Une personne portant des lunettes tient une assiette posée sur la table.

Sarah McPike devant un récipient d'eau qu'elle a recueillie, remplie de centaines de larves et de nymphes de moustiques. Les pièges de la Ville ont été inondés d'espèces d'insectes nuisibles.

Photo : Radio-Canada / Kory Siegers

Cependant, un nouveau ravageur fait son apparition. Le nombre de Culex pipiens a grimpé en flèche, ce qui a contribué à l'explosion démographique générale, selon Sarah McPike.

Ce moustique, invisible à Edmonton jusqu'en 2019, est un porteur connu du virus du Nil occidental, qui peut provoquer une maladie neurologique mortelle chez les oiseaux et d'autres animaux, dont les humains.

Également connu sous le nom de moustique domestique, le Culex pipiens aime les environnements urbains, pondant souvent ses œufs dans l'eau stagnante de vieux barils remplis d'eau de pluie, de pneus usagés ou de bains d'oiseaux négligés.

La Ville en surveille le nombre, suit toute augmentation des cas de Nil occidental et étudie des options de traitement élargies pour les lieux de reproduction, notamment les bassins d'orage de la ville, qui sont plus de 60 000, affirme Sarah McPike. Jusqu'à présent, nous n'avons pas constaté d'augmentation de l'activité du virus du Nil occidental dans la région d'Edmonton. Mais nous resterons à l'affût.

La première preuve de la présence du virus en Alberta a été confirmée en juillet 2003. Entre 2003 et 2021, 541 cas de virus du Nil occidental chez les humains ont été détectés dans la province, dont un grand nombre ont été contractés en Alberta.

Le rôle de la météo

On ne sait pas exactement pourquoi le Culex pipiens, également appelé moustique domestique, s'est installé à Edmonton, mais les chercheurs pensent que le changement climatique a étendu son territoire vers le nord.

Selon l’entomologiste à l'Université de Calgary John Swann, les changements météorologiques peuvent être à la fois favorables et défavorables pour des moustiques.

Les températures plus douces, en particulier en hiver, ont donné un avantage à certaines espèces, alors que des conditions de sécheresse peuvent réduire la saison de reproduction pour d'autres.

L’entomologiste John Swann décrit Edmonton comme un territoire de choix pour les moustiques, le nombre de moustiques dans la capitale étant élevé par rapport à Calgary et à d'autres villes du sud de l'Alberta.

Selon Sarah McPike, avec le refroidissement des températures, les piqueurs diurnes devront devenir moins agressifs avant que le gel ne finisse par les tuer.

En attendant, elle encourage la population d'Edmonton à se couvrir, à porter un insecticide et à ne pas laisser d'eau stagnante dans les arrière-cours.

Avec les informations de Wallis Snowdon

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