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Baisse marquée des heures supplémentaires obligatoires dans les hôpitaux

Depuis le mois de janvier, le recours au temps supplémentaire obligatoire (TSO) a diminué de moitié dans les urgences du Québec, un élément au cœur du renouvellement des conventions collectives.

Christian Dubé face à un micro.

Le ministre de la Santé Christian Dubé avait de bonnes nouvelles.

Photo : Radio-Canada / Guillaume Cyr

Lors de son passage à l’émission matinale Tout un matin cette semaine, le ministre de la Santé, Christian Dubé, a surpris l’animateur en parlant de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont (HMR).

J'étais à HMR vendredi passé et le PDG m’a dit qu’il n'y a presque plus de TSO puisqu'on a amélioré le temps d’attente aux urgences, a confié M. Dubé.

Au mois de janvier, la menace de démission d’une centaine d’infirmières de l’urgence de HMR avait cristallisé l’exaspération du personnel du réseau de la santé à l’égard du temps supplémentaire (TS) et surtout du temps supplémentaire obligatoire (TSO).

Il faut dire que HMR figurait au printemps dernier dans le top 10 de notre palmarès du temps supplémentaire et du temps supplémentaire obligatoire dans les hôpitaux du Québec.

Or, la situation s’est nettement apaisée ces derniers mois.

Pour la première fois en 25 ans, il n'y a pas eu de temps supplémentaire obligatoire à l'urgence de Maisonneuve-Rosemont cet été, affirme le président du syndicat des professionnelles en soins de l'Est-de-l'Île-de-Montréal, Denis Cloutier. C'est une bonne nouvelle qu'on a aujourd'hui.

Denis Cloutier devant l'urgence d'un hôpital.

Denis Cloutier, président du syndicat des professionnelles en soins de l'Est-de-l'Île-de-Montréal

Photo : Radio-Canada

Selon ce dernier, si on est passé de 20 TSO par jour à zéro en un an, c'est directement lié au fait que la direction a changé les moyens et appliqué des solutions.

Pour lui, c’est une preuve du fait que le TSO peut être aboli rapidement malgré le manque d’effectifs.

Denis Cloutier cite notamment la présence cet été d’une trentaine de candidates à la profession infirmière, le recours aux agences ainsi que la contribution des GMF et du Guichet d'accès à la première ligne (GAP).

La situation s’est également améliorée ailleurs au Québec.

Selon le tableau de bord du ministère de la Santé, le taux d’heures supplémentaires obligatoires travaillées par le personnel infirmier dans les urgences s'élevait à 0,46 % fin juillet, alors qu’il oscillait autour de 1 % au début de l’année.

Comme l’a précisé le ministre Dubé, les patients, on les envoie ailleurs qu'aux urgences avec le système du guichet d’accès, qui n'est pas encore parfait, mais tout ça commence à porter fruit.

Un homme pousse un fauteuil roulant en passant la porte.

Un homme pousse un fauteuil roulant en sortant de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont, à Montréal. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Rediriger des ambulances vers d'autres hôpitaux

Un autre facteur qui contribue à contenir l’achalandage de l’urgence à HMR est la réduction des transports ambulanciers.

Depuis janvier, une proportion des ambulances habituellement dirigée vers HMR est redirigée vers les autres hôpitaux de Montréal-Laval, explique une porte-parole du ministère de la Santé.

Les travaux sur les quotes-parts pour la répartition des ambulances sont en cours et permettront une remise à niveau [...] Pour certaines installations, la quote-part sera diminuée, pour d'autres, augmentée, et pour certaines la quote-part sera stable.

Une citation de Marie-Claude Lacasse, coordonnatrice aux relations avec les médias, ministère de la Santé et des Services sociaux

Selon les données d'Urgences-santé, il y a eu en 2022-2023 près de 180 000 transports dans les hôpitaux de Montréal et de Laval, dont plus de 9 % vers l’urgence d'HMR.

Appelé à réagir, le ministre Dubé a salué la collaboration des autres hôpitaux de Montréal pour accueillir davantage de patients par ambulance.

Le CIUSSS lui-même a fait beaucoup d’avancées et a réussi à travailler avec les autres hôpitaux [...] pour rediriger certaines urgences (ambulances) ailleurs, a-t-il souligné en mêlée de presse à Québec.

Par ailleurs, M. Dubé reconnaît que le recours à la main-d’œuvre d’agences a augmenté ces derniers mois, mais rappelle que les établissements de la région de Montréal ont jusqu’à la fin de 2024 pour limiter leur utilisation.

Au cœur des négociations

En début de semaine, le premier ministre François Legault a rencontré la présidente de la FIQ, Julie Bouchard, afin de donner un second souffle aux négociations avec les infirmières.

Questionné au début du mois de mai pour savoir s’il redoutait un débrayage à l’automne, le premier ministre François Legault avait répondu espérer que non.

On n'en veut plus d'utilisation des agences privées, on n'en veut plus de temps supplémentaire obligatoire, donc ça suppose d'avoir une nouvelle organisation du travail, disait-il. Ça va se passer beaucoup dans les négociations des conventions collectives.

Selon le président du Syndicat des professionnelles en soins de l'Est-de-l'Île-de-Montréal, affilié à la FIQ, les progrès à HMR sont porteurs.

Il faut s'en inspirer pour tordre le bras des autres gestionnaires du réseau et mettre fin une fois pour toutes au TSO, lance Denis Cloutier.

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