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Devrait-on bannir les cellulaires dans l’ensemble de l’école?

Un gros plan sur les mains d'une jeune fille qui tient un téléphone intelligent. Ses mains sont posées sur son pupitre d'école, par-dessus un cahier ligné.

Depuis lundi, les élèves ontariens ne peuvent plus apporter leur téléphone cellulaire en classe.

Photo : iStock

Radio-Canada

Est-ce que les jeunes devraient continuer à apporter leur cellulaire en classe ou même à l'école? Le débat est relancé alors qu'un professeur lance une pétition pour sortir les cellulaires des établissements scolaires.

L'enseignant en histoire et géographie à l'école Monique-Proulx à Warwick Étienne Bergeron souhaite qu'en plus des cellulaires, les montres intelligentes ainsi que tout autre appareil électronique personnel, comme les casques de réalité virtuelle, soient interdits non seulement dans les salles de classe, mais aussi dans tous les lieux publics des établissements scolaires.

La pétition qu'il a lancée a été déposée par le Parti québécois jeudi à l'Assemblée nationale. Vendredi après-midi, la pétition comptait plus de 2000 signatures.

C'est interdire tout dispositif électronique personnel à l'école.

Une citation de Étienne Bergeron, enseignant à l'école Monique-Proulx à Warwick

Il soutient qu'en ce moment, tout est permis dans la réglementation actuelle. Le fardeau revient aux enseignants de légiférer dans leur salle de classe.

Étienne Bergeron souhaiterait plutôt que ce soit le contraire et que les cellulaires soient permis seulement pour des occasions spéciales ou que des exceptions soient permises pour les élèves qui ont des besoins particuliers par exemple.

Au même titre qu'une casquette, qui est elle aussi interdite à l'école, il estime que les jeunes pourraient entrer dans l'école avec leur cellulaire, puis le déposer dans leur casier. Ils pourraient ensuite le reprendre en fin de journée pour retourner à la maison, comme c'est le cas avec un chapeau.

L'enseignant souhaite ainsi que les jeunes développent une relation saine avec la technologie.

Qu'on ne devienne pas esclaves de notre appareil. Il faut qu'on permette aux jeunes de développer leur propre dose de dopamine [...] et avoir des activités parascolaires diversifiées et en abondance.

Une citation de Étienne Bergeron, enseignant à l'école Monique-Proulx à Warwick

M. Bergeron propose que les gymnases ou les bibliothèques soient des alternatives aux écrans pour les jeunes sur l'heure du dîner.

Une dame blonde avec des lunettes face à sa webcam

Cathy Tétreault, directrice générale du centre Cyber-Aide (archives)

Photo : Radio-Canada

La fondatrice du centre Cyber-Aide, Cathy Tétreault, croit qu'il faut totalement proscrire le cellulaire dans les écoles primaires. Selon la fondatrice, il est essentiel de soutenir les écoles dans le cas d'une interdiction.

Elle ajoute qu'à partir de 12 ans, ce sont seulement deux heures d'écran par jour qui sont conseillées.

Si on va plus bas, à l'école primaire, on devrait déjà les retirer pour essayer de joindre le moins de une heure par jour d'écran pour les élèves du primaire, indique-t-elle.

Ça peut nuire à plusieurs aspects de la santé globale d'un enfant.

Une citation de Cathy Tétreault, fondatrice du centre Cyber-Aide

Des opinions partagées

Le directeur général de l'école secondaire privée Mont Notre-Dame, Éric Faucher, qui est également porte-parole pour les établissements privés de l'Estrie, ne croit pas que les cellulaires doivent être interdits dans les établissements scolaires.

Éric Faucher, porte-parole de l'Association des écoles privées de l'Estrie

Éric Faucher, porte-parole de l'Association des écoles privées de l'Estrie (archives)

Photo : Source: Éric Faucher

Actuellement, les écoles privées décident par elles-mêmes la réglementation entourant les téléphones cellulaires, met de l'avant Éric Faucher. Le directeur général ajoute que la plupart des écoles interdisent le cellulaire en classe, sauf exception, mais le permettent dans les lieux communs.

C'est important que les jeunes apprennent à utiliser les outils qui sont à leur disposition, les utiliser à bon escient et que ce soit quelque chose de positif et non quelque chose de négatif pour eux, affirme-t-il.

Le porte-parole ajoute ne pas avoir constaté que les jeunes soient moins concentrés lorsqu'ils rentrent de la récréation, où ils auraient pu passer du temps sur leur cellulaire.

C'est à nous, en tant qu'éducateur, de faire en sorte que le cours soit intéressant pour nos élèves et attirer leur attention.

Une citation de Éric Faucher, porte-parole pour les établissements privés de l'Estrie

Je pense que c'est un outil que tous les citoyens utilisent présentement. Je pense que le cellulaire est quelque chose dont on ne peut pratiquement plus se passer. Il y a des moments qu'on n'est pas obligé de l'avoir, c'est ce qu'on fait dans chacune de nos écoles, je pense que c'est suffisant comme ça, poursuit-il.

Le président du comité de parents du Centre de services scolaires (CSS) de la Région-de-Sherbrooke, Étienne Paradis, dit être en accord sur le fond de la démarche amenée par la pétition, mais il croit qu'il faudrait limiter la portée de l'interdiction.

Sur l'heure du midi, je ne vois pas pourquoi on interdirait aux jeunes d'avoir leur cellulaire, expose le président.

C'est comme si on nous interdisait à nous d'avoir notre cellulaire dans notre milieu de travail, je crois qu'il y aurait des rébellions

Une citation de Étienne Paradis, président du comité de parents, CSS de la Région-de-Sherbrooke

Une maman rencontrée vendredi matin à Sherbrooke pense qu'il est important que les jeunes puissent garder avec eux leur cellulaire en classe puisqu'elle peut s'assurer en tout temps que son enfant soit bien arrivé à l'école.

On met déjà beaucoup d'interdits aux jeunes. Puis des fois avec l'indirection, ils ont le goût de faire autrement.

Une citation de Une citoyenne

Je suis d'accord à ce que les enfants conservent leur cellulaire, mais quand ils ont des cours, que ce soit rangé. Mais de l'enlever complètement, non. Il y a moyen d'éduquer l'enfant et de mettre des interdits, mais pas trop non plus, ajoute une autre citoyenne.

Un jeune rencontré vendredi matin soutient qu'il ne faut pas élargir l'interdiction des cellulaires en classe. Selon lui, les jeunes utilisent leur téléphone correctement et si jamais un jeune dépasse les limites, un professeur pourrait tout simplement le lui confisquer.

Avec les informations de Jemima Kalemba et René-Charles Quirion

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