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Quand les étudiants locataires font les frais de la crise du logement

Une étudiante vue de dos marche dans une rue montréalaise.

Les étudiants locataires de Montréal ont subi une hausse de loyer de 20 % en deux ans, selon une enquête.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

S'entasser à plusieurs dans un appartement d'une seule chambre, travailler davantage, s'excentrer, demeurer chez ses parents ou laisser tomber ses études... Voilà certaines des solutions qui s'offrent aux étudiants locataires qui ne peuvent faire face à la hausse rapide des loyers, ou qui n'arrivent carrément pas à se loger dans la métropole.

C'est notamment ce que révèle l'Unité de travail pour l'implantation de logement étudiant (UTILE) dans une enquête publiée lundi sur la réalité des étudiants locataires dans le grand Montréal.

Notre enquête montre des hausses de loyer de 20 % en deux ans pour les ménages étudiants, souligne Laurent Levesque, directeur général à l'UTILE, en entrevue à Tout un matin mercredi.

Or, 48 % des 171 200 étudiants qui sont locataires à Montréal ont un revenu annuel qui est inférieur à 20 000 $, toujours selon les données récoltées par cette première enquête de l'UTILE.

On a vu une augmentation légère du nombre d’heures travaillées, des temps de déplacements aussi, commente M. Levesque. Donc les jeunes vont plus loin et ils travaillent plus, mais il y a quand même une limite à combien tu peux travailler pendant tes études.

Le prix médian des logements des étudiants montréalais interrogés dans le cadre de l'enquête était de 1175 $ par mois en avril 2023.

L’Étude sur les conditions de logement axée sur l’information régionale (ÉCLAIR) (Nouvelle fenêtre) a été menée entre les mois de février et d'avril 2023. Au total, 4767 étudiants qui habitent à Montréal ont répondu au questionnaire, soit 2,2 % de l’effectif postsecondaire.

Surpopulation et abandon

L'entreprise d'économie sociale affirme également voir émerger deux phénomènes préoccupants : la surpopulation dans les logements et l'abandon des projets d'études en raison de l'impossibilité de se loger dans la métropole.

L’Institut de la statistique du Québec est sorti, il y a quelques mois, pour montrer que les jeunes sont nombreux à vivre dans des situations qui sont non convenables, soutient Laurent Levesque. Dans nos données, on a 10 % de nos locataires répondants qui vivent à trois ou plus dans un logement d’une chambre.

Et ça, c’est les jeunes qui réussissent à trouver un logement.

On entend aussi des histoires […] de jeunes qui commencent à renoncer ou à considérer à renoncer à leur projet d’études simplement parce qu’ils ne trouvent pas de loyer qu’ils peuvent se payer.

Une citation de Laurent Levesque, directeur général à l’Unité de travail pour l'implantation de logement étudiant
Une affiche pour un appartement d'une chambre à louer.

Montréal compte quelque 171 000 étudiants locataires.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Selon lui, cette situation est le résultat du manque d'investissement dans le logement étudiant depuis plusieurs années, voire des décennies.

Aujourd’hui, on paye les frais de cette situation-là. Nos jeunes étudiants arrivent année après année à Montréal, ils viennent de toutes les régions du Québec, mais aussi de l’international, et se heurtent à un marché locatif extrêmement saturé, et donc à des hausses de loyers très rapides, explique-t-il.

Reportage de Raphaëlle Drouin

Exit les résidences traditionnelles

La publication de cette enquête de l'UTILE survient au lendemain de l'annonce de la construction de logements étudiants abordables dans le centre-ville de Montréal par l'organisme, en collaboration avec Centraide du Grand Montréal.

Le futur édifice sera situé rue Durocher, juste au nord de la rue Sherbrooke Ouest, à la limite du Quartier des spectacles et de l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal. Il devrait pouvoir accueillir plusieurs centaines d’étudiants à faible revenu dès 2027.

Selon Laurent Levesque, la majorité des étudiants ne veut pas de résidences traditionnelles. Ils souhaitent plutôt vivre en colocation, avoir un chez-soi, rester pendant l’été dans la même ville. C'est pourquoi son organisme travaille non seulement à la construction de résidences, mais également à l'actualisation du modèle proposé aux jeunes.

Laurent Levesque devant un micro.

Laurent Levesque, directeur général de l'Unité de travail pour l'implantation de logement étudiant, au micro de « Tout un matin »

Photo : Radio-Canada / Guillaume Cyr

Nous, ce que l’on construit, ce n’est pas des résidences traditionnelles avec un corridor, des chambres et une cuisine partagée. C’est vraiment des logements. Des studios, des 4 et demie, des 5 et demie, avec des cuisines et des salles de bain privées, où les gens peuvent choisir leurs colocataires, explique M. Levesque.

Il faut en construire de ces logements réguliers pour la population étudiante pour commencer à combler ce déficit-là, apaiser la crise et réduire la pression que les locataires étudiants exercent sur le marché locatif, ajoute-t-il.

Il estime que l'affluence d'autant d'étudiants dans le parc locatif privé de la métropole exacerbe la crise du logement, en réduisant nécessairement l'offre pour les familles à la recherche de ces grands appartements prisés par les jeunes qui souhaitent y faire de la colocation.

L’UTILE est à la base du développement de plus de 1000 logements étudiants abordables, dont 500 sont déjà habités par des étudiants locataires. L’organisme, qui travaille sur plusieurs projets outre celui de la rue Durocher, a pour objectif de rendre accessibles 3000 logements en 2027.

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