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À Saskatoon, la rue John A. Macdonald pourrait bientôt changer de nom

Rue John A. MacDonald à Saskatoon.

John A. Macdonald a joué un rôle majeur dans la conception du système des pensionnats pour Autochtones.

Photo : Radio-Canada / Don Somers

Radio-Canada

Les membres du comité de planification, de développement et des services communautaires de la Ville de Saskatoon ont voté à l'unanimité en faveur du changement de nom de la rue John A. Macdonald pour « rue miyo-wâhkôhtowin ».

Dans la langue crie, l'expression miyo-wâhkôhtowin veut dire bonne relation.

En 2021, le conseil municipal de la Ville de Saskatoon avait décidé de changer le nom de la rue nommée en l'honneur de l'ancien premier ministre du Canada John A. Macdonald, après la découverte de tombes anonymes sur les sites des pensionnats pour Autochtones partout au pays

John A. Macdonald a joué un rôle majeur dans la conception du système des pensionnats qui ont accueilli des enfants autochtones, arrachés à leur famille, entre les années 1870 et 1990.

La directrice des initiatives autochtones auprès de la Ville de Saskatoon, Melissa Cote, explique que cette démarche est une avancée dans le processus de réconciliation avec les peuples autochtones au Canada.

Le nom reflète le thème de la réconciliation. Les pensionnats ont contribué à l'éclatement des communautés et des relations, ainsi qu'à la division. La "bonne relation" nous rassemblera, déclare Mme Cote.

Ce processus de recommandation d'un nom était basé sur la volonté de donner la parole à ceux qui sont sous-représentés et pour qui le nom "John A. Macdonald" représente un préjudice, ajoute-t-elle.

Melissa Cote.

Melissa Cote est la directrice des initiatives autochtones au sein de la Ville de Saskatoon.

Photo : Fournie par la Ville de Saskatoon

Le financement lié au changement de nom de la rue John A. Macdonald provient d'un projet d'investissement approuvé durant le cycle budgétaire précédent, selon le personnel de la Ville.

Toutefois, le changement de nom de cette rue ne sera officialisé qu'après le vote du conseil municipal qui est prévu en septembre.

Miyo-wâhkôhtowin : une expression qui divise les résidents

Quelques résidents de la rue John A. Macdonald ont exprimé leur désaccord avec ce changement.

Parmi eux, Candice Luther dénonce le fait que la consultation des habitants de la rue n'a pas été intégrée au déroulement de cette démarche.

Je suis curieuse de savoir combien de ceux qui prennent toutes les décisions concernant cette route y vivent réellement, affirme Mme Luther. Nous aimerions un nom plus court. Toutes nos grandes villes sont en anglais. L'anglais est notre langue.

Le changement de nom nous a en quelque sorte laissés bouche bée, déçus, et mis à l'écart.

Une citation de Candice Luther, résidente de Saskatoon
Candice Luther.

Candice Luther réside sur la rue de John A. MacDonald de Saskatoon depuis 1979.

Photo : Fournie par la Ville de Saskatoon

Selon la présidente du Centre culturel autochtone de la Saskatchewan, Jessie Sylvestre, l'adoption d'un nom en cri pour une rue dans une ville et une province dont les dénominations sont issues de cette langue est tout à fait appropriée.

Mme Sylvestre rappelle que le nom de la Saskatchewan découle du terme cri kisiskāciwani-sīpiy, qui signifie la rivière Saskatchewan, et que le nom Saskatoon provient du mot cri désignant les baies du même nom.

Nous devons mettre l'accent sur les bonnes relations afin de ne pas perdre de vue notre orientation future, indique-t-elle.

Renommer cette rue est un acte de réconciliation significatif et approprié.

Une citation de Jessie Sylvestre, présidente du Centre culturel autochtone de la Saskatchewan

Le nouveau nom reflète le soutien à la revitalisation des langues des Premières Nations, soulève Jessie Sylvestre.

Jessie Sylvestre.

Jessie Sylvestre est présidente du Centre culturel autochtone de la Saskatchewan.

Photo : Fournie par la Ville de Saskatoon

Le maire de Saskatoon, Charlie Clark, souligne qu'un des objectifs de cette initiative est d'aider les jeunes de la Ville à prendre conscience de la préexistence des langues autochtones, qui incluent le cri, le saulteaux, le déné et le michif, avant l'arrivée des colons européens.

Il est très important que nos enfants voient ces noms écrits dans les rues, dit M. Clark. Ce processus a été émouvant et très significatif, mais aussi difficile. Il a été très difficile de trouver un moyen d'impliquer tout le monde [...]; il ne s'agit pas de revenir sur les préjudices causés par les pensionnats autochtones.

Avec les informations de Pratyush Dayal

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