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Pourquoi y a-t-il une crise des réfugiés à Toronto?

Des réfugiés et des demandeurs d'asile à l'extérieur d'un refuge à proximité des rues Peter et Richmond.

Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) ne connaît pas le nombre exact de demandeurs d’asile en Ontario. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Alex Lupul

La Ville de Toronto vit une crise dans la gestion de l'hébergement d'urgence des demandeurs d’asile et des réfugiés. Certains d'entre eux dorment maintenant dans les rues et dans certains parcs, faute de place dans les refuges. Comment en sommes-nous arrivés là?

Mardi, des demandeurs d’asile et des réfugiés ont été transportés du 129, rue Peter, au centre-ville de Toronto — un bureau censé les aider à trouver un lit dans un refuge —, vers une église du nord de la ville. Il s’agissait d’un court répit pour ces personnes qui, dans certains cas, dormaient dans la rue.

D’après certains intervenants, les demandeurs d’asile sont dirigés vers ce bureau par des employés de l'Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) à leur arrivée à l’aéroport Pearson.

Dans un courriel, l’ASFC a transmis deux documents qu’elle remet aux demandeurs d’asile à l’aéroport Pearson. Ceux-ci contiennent l'adresse ou le numéro de téléphone de cinq refuges, mais pas celui du 129, rue Peter.

Lettre avec l'adresse de trois refuges à Toronto.

L'un des deux documents donnés par les agents de l’ASFC aux demandeurs d’asile à l’aéroport de Toronto.

Photo : Agence des services frontaliers du Canada

Des réfugiés dans la rue à Toronto

Consulter le dossier complet

Des personnes discutent devant un immeuble au 129 rue Peter. Ils sont entourés de plusieurs sacs de poubelle.

Ils sont censés arriver au 129, rue Peter pour qu'on leur affecte un lit dans un refuge, note Debbie Douglas, la directrice du Conseil ontarien des organismes de service aux immigrants.

Depuis le 1er juin, la Ville tente de trouver une place pour les réfugiés dans le système qui leur est destiné et, si aucune place n’est libre, on les envoie vers des programmes fédéraux. 

Dans les faits, explique la travailleuse communautaire et militante Diana Chan McNally, depuis le mois de juin, si une personne déclare qu’elle a demandé l’asile, on lui refuse l’accès aux refuges. En revanche, si la personne ne dévoile pas son statut lors du processus d’admission au refuge, elle a une chance d’obtenir une place. 

Diana Chan McNally en entrevue chez elle, devant une étagère.

Selon la travailleuse communautaire et militante Diana Chan McNally, depuis le mois de juin, les personnes se déclarant demandeurs d'asile ne peuvent obtenir un lit dans un refuge.

Photo : Radio-Canada

La Ville de Toronto n’avait pas répondu à une demande de commentaire à cet effet au moment de la rédaction de ces lignes.

De surcroît, Debbie Douglas soutient que les programmes fédéraux auxquels fait référence la Ville de Toronto n’existent pas. Je ne sais pas à quoi elle fait référence. Il n’y a pas de programmes pour les demandeurs financés par le fédéral à Toronto, dit-elle. 

Plus de réfugiés et d’itinérants 

D’après des données du service municipal responsable des refuges, le Shelter Support and Housing Administration (SSHA), la Ville de Toronto a déjà accueilli plus de 3000 réfugiés dans ses abris d'urgence en 2018. 

Si la situation est si urgente actuellement, avec un nombre comparable de demandeurs d’asile, c'est en partie parce que le nombre de personnes en situation d'itinérance est en croissance depuis quelques années, selon Diana Chan McNally.

Il y en avait 7000 il y a quelques années, explique-t-elle. En juin, la Ville de Toronto en recensait 10 418, soit 33 % de plus qu’en janvier 2021. Lorsque vous combinez cette population avec les réfugiés, les chiffres gonflent, ajoute Mme Chan McNally.

Le nombre de demandeurs d’asile a lui aussi augmenté de façon importante. Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) ne connaît pas le nombre exact de demandeurs d’asile dans la province, mais 9784 d'entre eux ont été transférés du Québec vers l’Ontario depuis le 30 juin 2022.

Dans les points d’entrée aériens en Ontario au mois de juin, 1575 demandes d’asile ont été traitées, soit près de 300 % de plus qu’il y a six mois. Selon Debbie Douglas, la majorité de ces demandeurs sont arrivés à l’aéroport Pearson.

Jusqu’à maintenant cette année, IRCC a traité 4575 demandes d’asile dans les aéroports de l’Ontario. Elle n’en avait traité que 4985 au total l’année dernière. Le nombre de demandes aux points d'entrée terrestres en 2023 est aussi en voie de dépasser le total de 2022.

Il y a un afflux de réfugiés qui fuient la guerre et la persécution.

Une citation de Leslie Gash, directrice du Toronto Shelter Network

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Certains hôtels qui logeaient des personnes en situation d’itinérance durant la pandémie ont aussi cessé d’offrir ce service, remarque Mme Gash. Les hôtels veulent retourner à leur fonction première, donc c’est difficile de trouver où loger ces gens. 

Des fonds insuffisants

Le 18 juillet, après des semaines de pressions, Ottawa a finalement répondu aux demandes de la Ville de Toronto et octroyé 97 millions de dollars, une somme que le service des refuges attendait d’obtenir, d’après son budget de 2023.

Elle parle lors d'un point de presse à l'extérieur.

La mairesse Olivia Chow demandait un financement de 157 millions de dollars à Ottawa.

Photo : Radio-Canada / Alex Lupul

Selon des intervenants, la Ville de Toronto a besoin de davantage de fonds. J’espère que le gouvernement fédéral comprend que ce n’est pas suffisant, dit Debbie Douglas. Cette somme est juste le minimum.

Plus récemment, l’administration municipale a fait valoir qu’elle avait besoin de 157 millions de dollars; elle réclame donc 60 millions de dollars de plus.

Les travailleurs ne savent plus quoi dire aux réfugiés qui les contactent pour obtenir une place dans un refuge.

L’une de nos employés est coordinatrice à l'accueil et m’a dit qu’en regardant les nouvelles vendredi, elle a reconnu le nom de personnes qui avaient appelé [pour avoir une place], explique Leslie Gash.

C’est bouleversant, puisqu’ils n’ont pas de réponse, dit-elle.

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