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Surdoses d’opioïdes : un record d’interventions pour Urgences-santé

Jamais les ambulanciers n'ont administré autant de naloxone à des toxicomanes de Montréal et de Laval.

Un homme allongé au sol entouré d'ambulanciers qui lui prodiguent les premiers soins après une surdose.

En 2022, les ambulanciers paramédicaux d'Urgences-santé ont administré de la naloxone à 291 reprises au Québec. L'année 2023 s'annonce encore plus occupée avec déjà 163 interventions. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Patrick Andre Perron

Alors que le ministre responsable des Services sociaux Lionel Carmant fera une annonce aujourd'hui, à Montréal, au sujet de la prévention des surdoses, de nouvelles données obtenues par Radio-Canada démontrent que la crise des opioïdes atteint des niveaux sans précédent.

En 2022, les ambulanciers paramédicaux d'Urgences-santé ont administré de la naloxone à 291 reprises, un record. Et l'année 2023 s'annonce encore plus occupée avec déjà 163 interventions de janvier à juin, révèle la réponse à notre demande d'accès aux documents.

C'est inquiétant, dit le porte-parole d'Urgences-santé Stéphane Smith. Par contre, le fait de donner la naloxone permet de sauver des vies, rappelle-t-il.

La naloxone est un médicament à effet rapide qui neutralise temporairement les effets d’une surdose d’opioïdes.

Des trousses de naloxone et du matériel nécessaire à l'injection sécuritaire de drogue reposent dans des bacs sur une photo non datée.

Une trousse pour injecter de la naloxone

Photo : Radio-Canada / Flora Pan

Je n'ai pas hâte de voir juillet et août, s'inquiète Stéphane Smith, les mois généralement les plus achalandés au chapitre des surdoses.

Des drogues de moins bonne qualité en circulation

Comme beaucoup de villes en Amérique du Nord, Montréal fait face à une détérioration de la qualité des drogues en circulation.

Les intervenants en toxicomanie notent une augmentation de la consommation de méthamphétamine en cristaux par injection et la quasi-disparition de l’héroïne, remplacée par des analogues de fentanyl, ce qui fait en sorte que les personnes doivent consommer plus fréquemment.

Des gens viennent en aide à un toxicomane.

Une augmentation des cas de surdoses est enregistrée à Montréal.

Photo : Radio-Canada / Ève Couture

Au site d'injection supervisée Cactus, à Montréal, près de 75 % des usagers consomment du fentanyl, et ce n'est pas étranger à l'explosion des surdoses à cet endroit, qui sont quatre fois plus nombreuses qu'avant la pandémie.

Plus les drogues sont fortes, plus l'effet peut être néfaste chez la personne, donc l'intervention rapide devient primordiale. Chaque seconde compte. Pas les minutes; les secondes.

Une citation de Stéphane Smith, porte-parole d'Urgences-santé

Celui-ci explique qu'une personne qui est en surdose va perdre conscience. Par la suite, il va y avoir un arrêt respiratoire puis va s'ensuivre un arrêt cardiaque.

Urgences-santé n'est pas la seule à utiliser de la naloxone pour sauver des personnes en surdose : les policiers de Montréal en ont administré 147 fois l'an dernier, contre 115 fois l'année précédente.

Dans les stations de métro de Montréal, les agents de la Société de transport de Montréal (STM) ont administré 15 fois de la naloxone entre janvier et mars.

Selon la santé publique de Montréal, 14 personnes meurent chaque mois, en moyenne, d'une surdose dans la métropole.

Des ambulanciers interviennent auprès d'un toxicomane, rue Berger.

Des ambulanciers interviennent auprès d'un toxicomane, rue Berger.

Photo : Radio-Canada

La naloxone, inefficace contre la « drogue zombie »

La santé publique s'inquiète de la présence accrue de xylazine dans les rues de Montréal. Il s'agit d'un tranquillisant pour animaux surnommé « drogue zombie ». Comme il ne s'agit pas d'un opioïde, la naloxone n'a aucun effet en cas de surdose après consommation de cette drogue très dangereuse.

Le ministre Carmant dans un centre d'injection supervisée

Le ministre responsable des Services sociaux du Québec Lionel Carmant doit visiter vendredi l'organisme Spectre de rue, un des quatre centres d'injection supervisée à avoir ouvert leurs portes à Montréal en 2017.

Ces endroits permettent à des toxicomanes de consommer en sécurité et d'être pris en charge en cas de surdose, mais ils manquent d'infirmières pour accueillir un maximum de personnes.

Lionel Carmant en point de presse.

Le ministre délégué responsable des Services sociaux, Lionel Carmant

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Le ministre devrait annoncer un soutien financier supplémentaire. Il sera accompagné de la responsable du dossier de l'itinérance au comité exécutif de la Ville de Montréal Josefina Blanco.

Mercredi, le cabinet de la mairesse Valérie Plante faisait part de son désarroi face à la combinaison de trois crises simultanées : celles du logement, des surdoses et de la santé mentale.

Alors que la crise du logement s'accélère, les enjeux liés à l'itinérance n'ont jamais été si complexes, étant donné la montée en flèche des problèmes de santé mentale et l'arrivée de drogues très impures dans nos rues.

Une citation de Cabinet de la mairesse de Montréal, Valérie Plante, mercredi

Du jamais vu, selon l'Hôtel de ville, qui parle d'un problème dont l'ampleur prend des proportions insoutenables.

Des reportages de Radio-Canada ont fait état, dans les derniers jours, de tensions de plus fortes entre itinérants toxicomanes, résidents et commerçants dans plusieurs quartiers de Montréal.

C'est le cas autour du Palais des congrès, mais aussi dans le Quartier des spectacles, avec « l'allée du crack », ainsi que dans le Village et dans le quartier Hochelaga, entre autres.

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