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Eau contaminée aux PFAS : des citoyens de La Baie inquiets

Des étalages à moitié vides dans une épicerie.

Les ventes de bouteilles d'eau ont augmenté au Marché Richelieu Benoît Simard à Grande-Baie.

Photo : Radio-Canada / Andréanne Larouche

Radio-Canada

La présence de contaminants dans une partie du réseau d'alimentation en eau potable de l'arrondissement de La Baie provoque de l'inquiétude dans la population.

Malgré la découverte de composés perfluorés, appelés PFAS, la mairesse de Saguenay, Julie Dufour, a insisté mercredi sur le fait que l'eau demeure propre à la consommation. Mais cette déclaration ne semble pas rassurer tous les citoyens concernés.

Je ne suis pas trop inquiet encore, mais je ne suis pas trop rassuré pareil, a indiqué un résident de La Baie interrogé jeudi.

Une clôture barbelée devant un puits.

L'eau du puits 71, situé le long de la rivière à Mars sur le chemin Saint-Louis, présente un taux élevé de PFAS.

Photo : Radio-Canada / Andréanne Larouche

La base de Bagotville a été pointée du doigt pour l’utilisation de mousses extinctrices, contenant des PFAS, au fil des ans. Ces contaminants pourraient avoir atteint la nappe phréatique dans le secteur de la rivière à Mars, où Saguenay puise l’eau pour desservir les secteurs de Port-Alfred et Grande-Baie.

J'ai entendu dire aux nouvelles ce matin que l'eau était correcte, donc je continue de la boire pareil, a rétorqué un autre.

Rappelons qu’environ 3700 résidences sont alimentées avec l’eau jugée problématique, ce qui représente autour de 8000 personnes.

Un plan technique présentant l'arrondissement de La Baie. Le secteur desservie par le réseau d'aqueducs est encadré.

La zone desservie par les puits problématiques comprend Grande-Baie et Port-Alfred.

Photo : Radio-Canada / Mélyssa Gagnon

La qualité de l'eau, oui, ça nous inquiète vraiment. On a vraiment l'impression qu'on manque d'informations, en tout cas, chez nous, on en parle beaucoup, puis on n'est pas capable d'avoir de l'information. Je pense qu'avoir de l'information, ça rassurerait la population, a fait savoir une femme.

Les bouteilles d'eau recherchées

D'ailleurs, une autre preuve de la crainte des citoyens, c'est que les ventes d'eau embouteillée ont explosé dans les commerces depuis l'annonce faite mercredi. C'est le cas au Marché Richelieu Benoit Simard dans le secteur de Grande-Baie.

Je me rends compte que ça stresse beaucoup de gens. Par exemple, les personnes un petit peu plus vulnérables ou les personnes un petit peu plus vieilles, a débuté un des copropriétaires, Jean Simard.

Un homme pose devant un étalage de bouteilles d'eau.

Jean Simard est copropriétaire du Marché Richelieu Benoît Simard à La Baie.

Photo : Radio-Canada / Andréanne Larouche

La zone touchée comprend également les résidences le long du boulevard de la Grande-Baie Sud ainsi qu’une partie du chemin de la Batture.

Les ventes d'eau ont explosé depuis deux jours. J'avais une palette et demie d'eau, hier, et je n'ai plus du tout d'eau aujourd'hui, a poursuivi Jean Simard sur l'heure du midi, alors qu'il s'attendait à écouler rapidement ce qui était encore sur les tablettes.

Des questions sur des filtres

D'autres choisissent de faire l'acquisition d'un système de filtration d'eau résidentiel. L'entreprise Eau Pure Saguenay-Lac-Saint-Jean dit recevoir de nombreux appels de résidents de La Baie.

Il sont inquiets, oui, c'est normal parce que c'est de l'eau de consommation, donc c'est la santé. On nous appelle pour avoir de l'information sur les produits à savoir si c'est approuvé, si c'est efficace, si on en a en magasin, a expliqué le propriétaire William Fortin.

Un homme pose devant la camionnette de son entreprise.

William Fortin est le propriétaire de l’entreprise Eau Pure Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Photo : Radio-Canada / Andréanne Larouche

Les appareils de filtration ne sont malheureusement pas à la portée de tous, alors qu’ils sont vendus à des prix oscillant entre 550 et 2000 dollars dans ce commerce.

William Fortin assure que les produits qu’ils offrent sont très efficaces pour filtrer les PFAS.

On a de la nanofiltration qui peut être utilisée pour traiter les PFAS. C'est très efficace, ça va traiter plus de 95 % des PFAS par nanofiltration par osmose inversée. Il y a d'autres procédés qui existent, comme les charbons actifs, a-t-il souligné.

La bonne approche

Pour Marc-André Verner, professeur agrégé à l’École de santé publique de l’Université de Montréal, le concept d’eau potable est assez large.

Je ne connais pas exactement la définition qui a été utilisée pour dire que l'eau est potable, c'est toujours relatif. Quand on parle de PFAS, on parle de contaminants pour lesquels il ne semble pas y avoir d'exposition qui est sans risque. Ça ne veut pas dire qu'il y a un risque à la santé, mais les PFAS s'y retrouvent, donc le risque n'est pas nul, a estimé le chercheur en entrevue lors de l'émission Place publique.

L'élue municipale assise à une table entourée de deux autres personnes.

Bruno Taillon, chef de Division traitement des eaux à Saguenay, la mairesse Julie Dufour et Saleem Sattar, directeur général de l'Environnement pour le ministère de la Défense nationale, lors de la conférence de presse mercredi concernant l'eau potentiellement contaminée.

Photo : Radio-Canada / Mélyssa Gagnon

Selon lui, la façon de faire retenue par la Ville est la bonne. Saguenay compte investir six millions de dollars pour installer des filtres aux prises d'eau, en plus d’améliorer son réseau d'aqueduc et trouver une nouvelle source d'eau.

C'est sûr que c'est l'approche qui est privilégiée, soit l'approche populationnelle où on va aller à la source d'eau, on va réduire soit en filtrant ou en trouvant de nouvelles sources d'eau pour s'assurer que la population en général ne soit pas exposée trop fortement aux PFAS. C'est préférable aux approches individuelles qui ne sont généralement pas équitables dans la population. Ce n'est pas tout le monde qui a les moyens de se payer des filtres qu'on doit changer aux tant de mois, donc c'est vraiment l'approche qui est la plus recommandée, a-t-il affirmé.

Il a aussi indiqué que la limite de Santé Canada de 30 nanogrammes par litre d’eau de PFAS représente le seuil maximal de traitement pour les municipalités, à savoir que des taux inférieurs ne peuvent être exigés en raison des limites des équipements. C'est une valeur qu'on est capable d'atteindre avec des bons systèmes de filtration, même si on a une eau qui est polluée, avait-il expliqué mercredi au Téléjournal.

Avec les informations d'Andréanne Larouche et Michel Gaudreau

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