Chanter comme un oiseau pour décloisonner l’opéra

La chanteuse d’opéra Frédérique Drolet propose un atelier de chants d’oiseaux au parc national de Plaisance.
Photo : Radio-Canada / Olivier Plante
La soprano québécoise Frédérique Drolet donne un atelier de chants d’oiseaux, une initiative originale et ludique pour démocratiser le chant lyrique.
Paruline jaune, bruant chanteur, moqueur chat... Le répertoire déjanté de Frédérique Drolet impressionne. Le groupe attentif rassemblé au parc national de Plaisance s’exclame après chacune de ses interprétations.
Le décor de verdure de ce parc situé en Outaouais est à 100 lieues des débuts de la chanteuse à l’Opéra de Montréal, il y a une décennie, dans Les noces de Figaro.
Oui, c’est l’fun, chanter dans les grandes salles, mais il y a tout un autre pan de l’art lyrique qui est de donner l’expérience aux gens d’entendre un chanteur d’opéra de proche
, soutient l’artiste-pédagogue.
Chacune de ses interprétations s’accompagne d'explications sur les oiseaux, données par la garde-parc naturaliste du parc national de Plaisance, Mariane Lacroix.

La guide-interprète du parc national de Plaisance, Mariane Lacroix, fournit des renseignements supplémentaires sur chacun des oiseaux dont les chants sont interprétés par la soprano.
Photo : Radio-Canada / Olivier Plante
L’opéra pour tous et partout
Motivée par l’idée de rendre l’opéra accessible à tous, la chanteuse a lancé sa propre compagnie, Opéra à la carte
, pour faire résonner les voix lyriques dans toutes sortes d'espaces inusités. Concert à domicile sur le bord d’une piscine, télégramme chanté ou atelier de chants d’oiseaux, Frédérique Drolet rivalise d’ingéniosité pour faire connaître sa passion au grand public.
On ne s’attendrait pas à voir l’ornithologie mêlée à l’opéra. Juste ça, ça stimule ma créativité, pis j’en ai beaucoup!
Les tonalités produites par les volatiles l’inspirent énormément. Elle ne calcule plus les heures passées à écouter l’application Merlin Bird de l’Université Cornell pour arriver à imiter le chant des oiseaux. L’exercice d’improvisation vocale la stimule tout particulièrement.

Frédérique Drolet souhaite faire résonner l’opéra dans des espaces inusités pour le rendre accessible à tous.
Photo : Wikimedia / Mykola Swarnyk
Le tambourinement et le rire propres au pic maculé lui procurent un véritable plaisir d’interprète. Le butor d’Amérique, quant à lui, évoque pour elle le son d’un robinet qui coule!
Il y a beaucoup de sons aigus chez les oiseaux. L’opéra, c’est aussi d’explorer des sonorités différentes de notre voix parlée
, explique la pétillante soprano.
Frédérique Drolet lance aussi le défi aux participants de l’atelier de reproduire les chants d'oiseaux entendus.

Frédérique Drolet s’est donné pour mission de démocratiser l’opéra auprès du grand public.
Photo : Radio-Canada / Maxim Saavedra-Ducharme
Si le chant lyrique en intimide encore certains, cette chanteuse originaire de La Petite-Nation rappelle que cet art comporte un large éventail de possibilités.
Les gens ont l’impression que l’opéra, c’est quelque chose de dramatique, mais il y a tout un autre pan de l’opéra
, insiste-t-elle. Il y a des opéras-comiques. Il y a des opéras féeries, des contes. [...] Moi, j’essaie de présenter différentes facettes de l’opéra.