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Coupable, le policier Samuel Ducharme « n’est pas crédible » aux yeux du juge

Samuel Ducharme devant le poste de police de Sherbrooke.

Avant d'être suspendu, Samuel Ducharme était l'un des porte-parole du Service de police de Sherbrooke. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Accusé d'agression sexuelle pendant qu'il était en service, le policier Samuel Ducharme a été reconnu coupable. Le verdict a été rendu mercredi matin au palais de justice de Sherbrooke.

Une ordonnance interdit d'identifier la plaignante au dossier ainsi que certains détails en lien avec cette affaire.

Rappelons que Samuel Ducharme avait été arrêté en novembre 2021 par le Bureau des enquêtes indépendantes (BEI), car l'agression se serait déroulée alors qu'il était en fonction et qu'il portait son uniforme. Il avait été accusé quelques semaines plus tard.

Le juge Serge Champoux, dans son jugement, a rappelé que Samuel Ducharme est un visage connu. Il a rappelé aussi que la preuve a démontré certains éléments qui prouvaient la détresse de la victime lorsqu'elle a porté plainte et qu'elle a refusé clairement ses avances.

Il n'y a aucune ambiguïté.

Une citation de Serge Champoux, juge

Plusieurs éléments du témoignage de l'accusé ne me semblent pas crédibles, a poursuivi le juge Champoux.

Il a aussi dit que le comportement de Samuel Ducharme n'était pas conséquent avec les valeurs qu'il dit avoir.

Je ne crois pas à sa présentation des faits et elle ne présente pas de doute dans mon esprit, a indiqué le juge à propos de Samuel Ducharme. La crédibilité de la victime m'apparaît très bonne. Je considère son témoignage très solide, constant et déterminé, a-t-il ajouté.

Je suis convaincu hors de tout doute raisonnable que les gestes qu'elle allègue sont vrais.

Une citation de Serge Champoux, juge

Au moment de l'annonce du verdict, Samuel Ducharme est resté concentré et n'a pas réagi. La victime a quant à elle versé quelques larmes de soulagement.

Samuel Ducharme doit revenir au tribunal le 8 septembre prochain alors qu'auront lieu les recommandations sur la peine.

La victime soulagée

En entrevue, l'avocat de la Couronne, Me Marc-André Roy, a rappelé que le parcours de la victime a été passablement ardu. Que sa version soit crue aujourd'hui et qu'il y ait un verdict de culpabilité, c'est un baume pour elle.

Je suis surtout heureux pour la victime. Elle a eu un immense courage de poser ce geste. Elle anticipait les conséquences de porter plainte. Malheureusement, les conséquences ont réellement eu lieu dans sa vie, a-t-il ajouté.

Le procès de Samuel Ducharme a eu lieu en mai dernier. L'accusé avait raconté au tribunal qu'il croyait sincèrement qu'il vivait un flirt consentant avec la victime. De son côté, la Couronne avait soutenu que le témoignage de la plaignante était exempt de contradictions et que Samuel Ducharme n'aurait pas pris les mesures raisonnables pour s'assurer de son consentement.

Ni le Service de police de Sherbrooke ni la défense n'ont souhaité commenter la décision du juge.

L'été dernier, il avait été de nouveau arrêté dans un autre dossier où il est aussi accusé d'agression sexuelle. Les gestes commis auraient été faits en décembre 2011. Les deux dossiers n'ont aucun lien entre eux.

Un message d’espoir, estime le CALACS

Selon Kelly Laramée, intervenante au Centre d'aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS) agression Estrie, le verdict envoie un message encourageant pour les victimes d’agressions sexuelles.

Ça montre que les victimes sont soutenues. C'est un soulagement pour les victimes, car ça montre aux victimes que leur vécu est valide.

Elle ajoute sentir de l’ouverture de la part du système judiciaire, qui se montre plus sensible aux défis que rencontrent les victimes. L’intervenante croit qu’il y a cinq ans, le policier n’aurait probablement pas été condamné en raison de sa position d’autorité.

Selon elle, les victimes risquent maintenant moins d’hésiter à porter plainte, et elles pourraient être plus confiantes dans leurs dénonciations.

Avec les informations de Marion Bérubé

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