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Quelles conséquences la grève des ports en Colombie-Britannique peut-elle avoir?

Vue sur le port de Vancouver.

Des acteurs économiques espèrent qu’Ottawa interviendra pour que le syndicat des débardeurs et les employeurs trouvent un terrain d’entente. (Photo d'archives)

Photo : The Canadian Press / DARRYL DYCK

Depuis le 1er juillet, plus de 7000 débardeurs dans plus de 30 ports de la Colombie-Britannique font grève. Des acteurs du milieu économique demandent qu'Ottawa impose une loi spéciale pour mettre fin au conflit de travail, mais le syndicat des travailleurs ne souhaite pas une implication du fédéral. Quelles pourraient être les conséquences si la grève venait à s'éterniser?

L'interruption de travail des débardeurs peut créer des phénomènes de rareté pour certains produits, explique d’emblée le professeur titulaire de la chaire de recherche du Canada en commerce international agroalimentaire Bruno Larue.

Ça peut faire augmenter les prix de manière temporaire, ajoute le professeur à l'Université Laval, au Québec, tout en ajoutant que, dans certains cas, des importateurs auront anticipé le conflit de travail et auront un peu plus de stocks dans leurs entrepôts.

Évidemment, si le conflit est [là] pour perdurer, cela va finir par avoir des effets sur les prix, ajoute Bruno Larue, soulignant qu'il appuie une intervention du gouvernement fédéral.

Sans détour, le directeur principal du transport, de l'infrastructure et de la construction à la Chambre de commerce du Canada, Pascal Chan, dit être profondément troublé, car cette grève aura notamment un impact sur les ports de la côte ouest en Colombie-Britannique.

Vingt-cinq pour cent des biens échangés au Canada passent par ces ports. Chaque jour, cela représente 800 millions de dollars en frais, donc, plus de 5,5 milliards de dollars par semaine.

Une citation de Pascal Chan, Chambre de commerce du Canada

Plusieurs industries subiront les conséquences de cette grève, le commerce du détail, tous les produits consommés au quotidien issus de l’agriculture, ou encore de l’automobile. Les chaînes d’approvisionnement sont fragiles, décrit-il.

Le reportage de Marie-Claude Morin.

Le port de Prince Rupert, dans le nord de la Colombie-Britannique, est le troisième plus grand de la région. Environ 4000 personnes de la communauté travaillent dans l’industrie portuaire, selon le maire Herb Pond. Il n'y a donc personne dans la ville qui ne soit pas affecté d'une manière ou d'une autre [par cette grève], dit-il.

Une partie du terminal du port de Prince Rupert devrait d’ailleurs doubler sa capacité d’ici 2026 grâce à un financement d’Ottawa. La maire explique avec insistance à quel point il est essentiel de ne pas perdre l’emploi des travailleurs, car ces personnes veulent aller travailler.

Un déjà-vu

Pascal Chan affirme que cette grève touchera tous les Canadiens et Canadiennes : En prenant en compte le volume qui passe par les ports en Colombie-Britannique, on peut s'attendre à de sévères pertes.

Des grévistes manifestent à Port Moody.

Depuis le samedi 1er juillet, des milliers de travailleurs des ports de la Colombie-Britannique font grève.

Photo : Radio-Canada / Ben Nelms

Une interruption des chaînes d'approvisionnement augmenterait le coût de la vie, un fait déjà démontré pendant la pandémie de COVID-19, comme le constate Pascal Chan. L'hypothèse est par ailleurs confirmée par le vice-président aux affaires nationales de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI), Jasmin Guénette.

[Cette grève] peut absolument nuire à [la] réputation [des ports de la Colombie-Britannique]. C'est une période économique troublante.

Une citation de Pascal Chan, Chambre de commerce du Canada

Jasmin Guénette prédit que les petites et moyennes entreprises seront durement touchées. Donc, on peut parler potentiellement de pertes de revenus pour les PME. Il évoque, entre autres, des pertes de stocks si les produits ne sont pas acheminés ou reçus rapidement, ou encore des coûts en raison de contrats qui ne sont pas respectés.

Une grève en période inflationniste

Si la grève ne dure que quelques jours, l'impact est plus facile à gérer, assure Jasmin Guénette, mais si elle dure plusieurs jours, voire une semaine et plus, c'est là que cela devient vraiment stressant et angoissant.

Un gros plan de conteneurs.

La grève des travailleurs des ports de la Colombie-Britannique pourrait avoir des retombées sur le transport de marchandises à l'échelle mondiale.

Photo : La Presse canadienne / DARRYL DYCK

Jasmin Guénette fait référence aux pertes économiques des entreprises, dont les produits périssables qui restent au port ou ne sont pas acheminés. Il est lui aussi favorable à une intervention d’Ottawa si le syndicat et la partie patronale sont incapables de s’entendre : Soit [Ottawa] maintient les opérations pendant qu'on négocie, soit [il] dépose une loi spéciale.

Dans un gazouillis, la première ministre de l'Alberta, Danielle Smith, presse à son tour le gouvernement fédéral d'agir. Le mouvement de grève risque de causer un préjudice économique considérable aux familles et aux entreprises de tout le Canada, y compris en Alberta , écrit-elle.

Avec des informations de l’émission Phare Ouest

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