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Un ex-Montréalais accusé d’avoir tué la « Dame de la rivière Nation » en 1975

La Police provinciale de l’Ontario a déposé des accusations de meurtre en lien avec la découverte du corps d’une femme du Tennessee dans l’est ontarien, il y a 48 ans

Une plaque commémorative dans un cimetière sur laquelle on peut lire, en anglais, « Finalement à la maison et en paix ».

Une plaque commémorant la disparition de Jewell Langford se trouve dans un cimetière à Jackson, au Tennessee.

Photo : Radio-Canada / Denis Babin

Une des plus vieilles affaires de meurtre classées au Canada, avec des liens en Ontario, au Québec, en Floride et au Tennessee, a enfin été résolue avec l'identification de la victime.

Retrouvée morte et ligotée dans un cours d’eau près de l’autoroute 417, entre Montréal et Ottawa, en 1975, une femme non identifiée a été connue pendant des décennies sous le seul surnom de Dame de la rivière Nation.

En fait, elle s’appelait Jewell Parchman Langford, avait 48 ans et était originaire du Tennessee, selon des informations obtenues par Radio-Canada.

Un panneau indiquant l'entrée du centre-ville de Jackson dans le Tennessee.

Jewell Parchman Langford a notamment travaillé dans le domaine des centres d'entraînement physique à Jackson, au Tennessee, dans le sud des États-Unis.

Photo : Radio-Canada / Denis Babin

Ce mystère a été récemment élucidé par la Police provinciale de l’Ontario (PPO), qui a de plus déposé une accusation de meurtre contre Rodney Nichols, l'une de ses connaissances de l’époque à Montréal.

Ce dernier a maintenant 81 ans et habite en Floride, où il est visé par une demande d’extradition.

Disparition mystérieuse

Née de parents propriétaires d’une ferme dans Madison County, Jewell Langford venait d’une famille de cinq enfants.

Avant son passage à Montréal, elle avait travaillé dans le domaine des centres d'entraînement physique à Jackson, au Tennessee, dans le sud des États-Unis.

Selon les journaux locaux, elle avait notamment ouvert avec son époux de l’époque, Atlas Langford, un centre spécialisé dans l’exercice et la perte de poids nommé Imperial Health Spa, en 1972.

Des personnes avec des pelles pour une pelletée de terre inaugurale.

Selon les journaux locaux, Jewell Langford avait ouvert un centre spécialisé dans l’exercice et la perte de poids nommé Imperial Health Spa, en 1972.

Photo : Archives du journal The Jackson Sun - 1972

Selon nos sources, Jewell Langford a été portée disparue au printemps 1975 auprès des autorités policières de Montréal, où elle s’était récemment installée. Elle aurait été vue une dernière fois à la fin avril et sa disparition aurait été rapportée à la police vers la fin mai.

Ce dossier avait fait l’objet d’une enquête policière infructueuse à l’époque.

Selon une source, le lien ne s’est jamais fait entre cette femme disparue à Montréal et le corps retrouvé environ 150 kilomètres à l’ouest, aux abords de l’autoroute 417 à Casselman, en Ontario, le 3 mai 1975.

Au moment de sa découverte, le corps décomposé de cette femme était enveloppé dans des morceaux de tissu et ligoté par des cravates, a affirmé la PPO. La police avait trouvé des traces de sang sur le pont au-dessus de la rivière Nation, suggérant qu’elle avait pu y être lancée de l’autoroute.

L’identité de cette victime de meurtre est demeurée un mystère pendant des décennies pour les forces policières, qui la surnommaient « Dame de la rivière Nation » (Nouvelle fenêtre) dans leurs communications avec le public.

Selon l’ancien maire de Casselman, Conrad Lamadeleine, l’identité de cette femme a longtemps fait l’objet de spéculations dans la région.

On a essayé d’aider la police à trouver qui cela pouvait être. Personne n’a pu donner aucun indice, se rappelle-t-il. Tout le monde se demandait s’il manquait quelqu’un dans la famille, s’il y avait des disparus. La police provinciale a fait beaucoup de recherches dans la région.

Le reportage de Daniel Leblanc.

Un chef d’accusation pas encore médiatisé

Rodney Nichols était un joueur de rugby bien connu parmi les amateurs de ce sport à Montréal, principalement au sein de la communauté anglophone dans l’ouest de la ville.

Selon des documents déposés au palais de justice de L’Orignal, dans l’est ontarien, ce dernier a formellement été accusé du meurtre de Jewell Langford le 8 septembre 2022.

Portrait de Jewell P. Langford.

Une photo de Jewell P. Langford transmise par sa famille.

Photo : Gracieuseté Denise Chung

La PPO n’a jamais annoncé publiquement le dépôt de l’accusation dans ce dossier, qui avait temporairement fait l’objet d’un interdit de publication en attendant le retour au pays du présumé meurtrier. L’interdit de publication a depuis été levé, mais le dossier n’avait pas encore fait l’objet de reportage dans les médias.

Rodney Nichols réside encore à Hollywood, en Floride, et fait l’objet d’une demande d’extradition de la part des autorités canadiennes. Il n’a pas comparu en lien avec cette accusation et n’a pas enregistré de plaidoyer.

Il n’a pas pu être joint par Radio-Canada, qui lui a laissé un message à sa résidence.

Un porte-parole de la PPO, Bill Dickson, n’a pas voulu commenter le dossier.

De son côté, une porte-parole du département américain de la Justice dans le sud de la Floride a affirmé qu’elle ne pouvait pas parler des dossiers d’extradition.

Une affaire longtemps classée

Le dépôt d’une accusation de meurtre dans ce dossier survient après la décision de la PPO, au milieu des années 2010, de rouvrir cette affaire qui avait jadis été classée.

Des experts de la PPO ont recréé, en 2017, un buste en argile en trois dimensions basé sur le corps retrouvé dans la rivière dans l’espoir qu’un membre du public puisse la reconnaître, sans succès.

La photo d'une femme et un buste en argile la représentant.

La photo de Jewell Langford et son buste en argile créé en 2017 par la Police provinciale de l'Ontario pour l'identifier.

Photo : Radio-Canada

Des avancées dans le domaine de l’ADN et de la généalogie génétique ont vraisemblablement permis à la PPO d’identifier la victime. Cette identification a, par la suite, permis à l’enquête de progresser de manière significative.

Pendant des années, le corps non identifié de Jewell Langford se trouvait au Canada, tandis qu’une plaque commémorant sa disparition se trouvait dans un cimetière à Jackson.

Portée disparue, mais pas oubliée, pouvait-on y lire.

Une plaque commémorative sur laquelle on peut lire : "Portée disparue, mais pas oubliée".

La plaque commémorant la disparition de Jewell Langford qui se trouvait auparavant dans un cimetière à Jackson.

Photo : Gracieuseté Police provinciale de l'Ontario

Après avoir été identifié, son corps a été ramené aux États-Unis. Aujourd’hui, dans le même cimetière, une nouvelle plaque a été installée.

Finalement à la maison et en paix.

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