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Attentat d’Air India : 38 ans plus tard, la mémoire fait défaut, affirme un sondage

Le doigt d'un bébé qui pointe un mur sur lequel des noms sont gravés.

Un monument à la mémoire des victimes du vol 182 d'Air India a été érigé en 2010 à Vancouver.

Photo : La Presse canadienne

Le 23 juin 1985, une bombe placée dans la soute à bagages du vol 182 d'Air India a explosé, tuant 329 personnes à bord, dont plus de 80 enfants. L'événement, considéré comme l'attaque terroriste la plus meurtrière de l'histoire du Canada, est pourtant peu connu de nombreux Canadiens, révèle un sondage mené par l'Institut Angus Reid.

Tous les passagers et membres d'équipage, Canadiens pour la plupart, ont péri dans cet attentat à la bombe attribué à des extrémistes sikhs qui réclamaient la création d'un État qui deviendrait le Khalistan et qui comprendrait notamment le Pendjab, une région à majorité sikhe partagée entre l’Inde et le Pakistan.

Le vol 182 d'Air India, en provenance de Toronto, devait assurer la liaison jusqu'à Bombay, en passant par Montréal et Londres. Il a explosé en plein vol au-dessus de l'Atlantique Nord, près des côtes irlandaises.

Le sondage non probabiliste (Nouvelle fenêtre) (en anglais), effectué en ligne en juin auprès de 1548 adultes membres d’un forum de l'Institut Angus Reid, indique que 9 personnes sondées sur 10 ont peu ou pas de connaissance de cet événement.

À noter qu’une marge d’erreur ne peut être attribuée à un sondage non probabiliste comme celui-ci.

Plus de la moitié des personnes interrogées âgées de moins de 35 ans n’ont même jamais entendu parler de cet attentat.

Quant à savoir s’il s’agit de la pire attaque terroriste dans l’histoire du Canada, une personne sur cinq consultée a dit être au courant.

Cette photo d'archives montre une porte de l'avion d'Air India qui flotte au large des côtes irlandaises après l'explosion d'une bombe qui a provoqué l'écrasement de l'appareil.

Une porte de l'avion d'Air India flotte au large des côtes irlandaises après l'explosion de la bombe qui a provoqué l'écrasement de l'appareil.

Photo : La Presse canadienne / ARCHIVES

C’est à la fois étonnant et pas étonnant, témoigne Angela Failler, présidente de la Chaire de recherche du Canada sur la culture et la mémoire publique et coauteure du livre Remembering Air India: The Art of Public Mourning.

La majorité des personnes tuées étaient des citoyens canadiens d’origine sud-asiatique et il y a eu une déconnexion quant à la reconnaissance de leur place dans la mémoire nationale.

Une citation de Angela Failler

Le gouvernement fédéral de l’époque avait effectivement essuyé des critiques pour la façon dont il avait traité cet événement tragique.

Le premier ministre Brian Mulroney avait notamment présenté ses condoléances au premier ministre de l’Inde, Rajiv Gandhi, pour la perte de ses propres citoyens.

Cette distance prise par les autorités publiques de l’époque a fait en sorte que cette attaque a été considérée comme un événement étranger pendant longtemps, ajoute Angela Failler.

Brian Mulroney et son épouse, Mila, le soir de la victoire électorale du 4 septembre 1984.

Brian Mulroney et son épouse, Mila, le soir de la victoire électorale du 4 septembre 1984.

Photo : La Presse canadienne / Presse canadienne

Des familles des victimes ont aussi déploré le manque de soutien fourni à l’époque par le gouvernement. Pour moi, Brian Mulroney n’a pas semblé considérer cet événement comme étant quelque chose qui arrivait chez nous, a témoigné Krishna Bhat, qui a perdu sa femme, Mukhta, et son fils de 9 ans, Deepak, dans la tragédie.

Ne sommes-nous pas Canadiens?, rappelle Krishna Bhat, qui a participé dans le passé à la Commission d'enquête relative aux mesures d'investigation prises à la suite de l'attentat commis contre le vol 182 d'Air India.

Lors des commémorations soulignant le 25e anniversaire de la tragédie, en 2010, en mémoire des victimes, le premier ministre Stephen Harper s'était excusé au nom du gouvernement du Canada et de tous les Canadiens pour les carences du point de vue de l'État qui prévalaient à l’époque et la façon dont les familles des victimes avaient été traitées par la suite.

Des commémorations ont lieu chaque année, le 23 juin, à travers le pays.

Avec des informations de Srushti Gangdev

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