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L’utilisation de l’anglais maintenant limitée dans les services publics

Page de couverture du projet de loi 96 de l'Assemblée nationale du Québec.

De nouvelles dispositions de la loi 96 sur les communications dans les services publics sont entrées en vigueur jeudi.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Radio-Canada

De nouvelles dispositions à la loi 96, qui obligent depuis jeudi le gouvernement, les villes et les organismes publics du Québec à limiter leurs services en anglais à certains groupes, soulèvent déjà beaucoup de questions quant à leur application. Le ministre de la Langue française Jean-François Roberge reconnaît qu’une période d’adaptation sera nécessaire.

Je comprends qu’on est dans les premiers jours et qu’il y aura peut-être des ajustements. Mais l’important, c’est de respecter le fait que le Québec est le seul État francophone d’Amérique [...] et que le gouvernement doit être exemplaire et communiquer en français avec les citoyens, a expliqué le ministre Roberge en entrevue à Tout un matin, sur les ondes d'ICI Première.

Il a rappelé que certaines catégories de personnes ont toujours droit d’être servies en anglais. Parmi les ayants droit, il y a la communauté anglophone historique du Québec et les immigrants arrivés il y a moins de six mois.

Les Autochtones, ceux qui ne résident pas au Québec et les personnes admissibles à l’école anglophone font également partie des exceptions.

Un homme, casque d'écoute sur la tête, parle dans le micro d'un studio de radio.

Le ministre Jean-François Roberge (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Marie-Eve Cloutier

À la fois au comptoir et au téléphone, on doit vérifier en posant des questions que les personnes qui demandent à être servies en anglais ont vraiment le droit d’être servies en anglais, précise M. Roberge. On y va avec la déclaration de bonne foi.

L’application de ces dispositions prévues dans la réforme de la Charte de la langue française s'annonce toutefois difficile à certains endroits. Entre autres dans la grande région de Montréal et dans certaines villes où se trouvent de nombreux anglophones.

Le cas montréalais

Depuis jeudi à Montréal, les citoyens qui font appel au 311 sont dirigés vers un message vocal qui explique les nouvelles obligations de la Ville en matière de communication. La liste des groupes qui font exception à la règle et qui ont droit aux services en anglais est également énumérée.

Sur le site Internet de la Ville, un bandeau apparaît pour indiquer que la version anglophone est réservée à ceux qui ont le droit d’être servis en anglais.

Valérie Plante en conférence de presse.

La mairesse de Montréal, Valérie Plante (Photo d'archives).

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Lors d’un point de presse, la mairesse Valérie Plante a clairement exprimé la position de son administration face aux nouvelles règles.

Ce sont les directives du gouvernement du Québec. C’est clair que ce n’est pas nous qui allons faire la police et ça a été bien dit au gouvernement du Québec. Il nous demande de faire cette mention-là au téléphone, au 311, sur la documentation, alors on suit les règles en ce sens. On fait ce qui doit être fait tel que demande le gouvernement.

Une citation de Valérie Plante, mairesse de Montréal

Des mesures similaires ont été prises dans d’autres villes comme Laval et Gatineau. D'autres municipalités comme Longueuil et Châteauguay proposent quant à elles d'utiliser Google Translate pour obtenir les informations présentées sur leur site en anglais.

Malgré tout, M. Roberge affirme qu’il est à l'aise avec le fait qu’on fasse respecter la loi pour que le gouvernement, les organismes gouvernementaux et les municipalités communiquent en français avec les citoyens. Selon lui, il sera toujours temps de faire des ajustements.

C’est le début de quelque chose qui va être là pour des décennies [...] Il faut que l’État soit exemplaire. On ne peut pas demander aux entreprises d’avoir un affichage en français et d'avoir un gouvernement qui, lui, est bilingue en tout temps, sans se soucier de quoi que ce soit, estime-t-il.

Le rôle du gouvernement, ce n'est pas de bilinguiser le Québec, c’est de communiquer en français avec les Québécois.

Une citation de Jean-François Roberge, ministre de la Langue française

Le ministre des Finances Eric Girard est venu appuyer les propos de son collègue.

Il y aura une période de transition, a-t-il indiqué. Mais tous ceux qui ont besoin de services en anglais y auront accès. C’est particulièrement vrai concernant les soins de santé, qui sont les services les plus importants quand on en a besoin. Nous avons garanti que la loi 96 n’aurait pas d’impact sur l’accès aux soins de santé.

On va agir avec discernement, mais nous avons la responsabilité de protéger et de faire la promotion de la langue française, a ajouté M. Girard.

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