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Vers une guérison des ulcères diabétiques grâce aux travaux de chercheurs de Québec

Ulcère non cicatrisé dans la corne du pied.

Il n’est pas rare qu’une glycémie mal contrôlée entraîne l’apparition d’une lésion que l’on identifie comme l’ulcère du pied diabétique.

Photo : iStock

La Presse canadienne

Un modèle développé en laboratoire par des chercheurs de l'Université Laval devrait permettre de mettre à l'essai des molécules pour faciliter la guérison des ulcères diabétiques.

Le modèle conçu par le doctorant Mathias Lemarchand sous la supervision du professeur François Berthod reproduit en quelque sorte la peau d'un diabétique en laboratoire.

Les chercheurs ont utilisé deux types de cellules présentes dans le derme – les fibroblastes et les kératinocytes – et les ont traitées avec un produit chimique qui augmente la fixation des sucres sur les protéines (un processus appelé glycation) pour reproduire les effets du taux de sucre très élevé dans le sang qui caractérise le diabète.

Les souris qui sont utilisées en ce moment pour étudier la guérison de ces plaies sont des modèles bien imparfaits, puisque leurs blessures guérissent d'une manière différente, et beaucoup plus efficace, de celle des humains. Le transfert vers l'humain des connaissances acquises est donc limité.

Il importait dès lors de disposer d'un modèle plus proche de la réalité humaine pour faire progresser les espoirs de guérison de ces ulcères qui, dans les pires cas, peuvent entraîner l'amputation d'un membre.

Pour être capable de trouver de nouvelles molécules qui permettent de mieux traiter ces ulcères, la chose vraiment importante est de développer des modèles qui permettent de reproduire la réalité de l'ulcère diabétique in vitro.

Une citation de Mathias Lemarchand, Université Laval

L'équipe du docteur Berthod avait déjà développé un modèle de peau qui fonctionnait bien pour étudier la guérison des plaies. Ils ont voulu cette fois-ci pousser leurs travaux un peu plus loin en développant un modèle plus proche de la réalité des diabétiques.

Il est très difficile de reproduire une telle peau diabétique en laboratoire, a expliqué le professeur Berthod. Le diabète est une maladie qui évolue lentement et c'est l'hyperglycémie qui, au fil des années, finit par entraver les capacités de guérison de la peau. Comme on ne peut pas garder un modèle de peau en laboratoire pendant des années, il a fallu trouver une méthode pour accélérer le processus [...] pour se rapprocher le plus possible de la situation chez le patient, a dit le chercheur.

Et c'est ce qu'ils ont réussi à faire.

La preuve ultime que ça fonctionne, c'est que quand on compare notre modèle traité [...] pour induire les effets négatifs de l'hyperglycémie et un modèle normal, quand on compare les deux, on voit qu'effectivement, quand on a induit ce traitement de glycation, on a un impact négatif sur la fermeture de la plaie, a indiqué le professeur Berthod.

Ce modèle permettra maintenant de tester des molécules qui pourraient protéger des effets néfastes de l'hyperglycémie. On pourrait envisager le développement, un jour, d'un traitement topique qui serait appliqué directement sur les ulcères pour en faciliter la guérison.

Les chercheurs planchent actuellement sur un modèle qui utiliserait directement les cellules du patient pour pouvoir modéliser l'effet de ces molécules. Cela représente un autre défi important, puisque ces cellules sont tellement malades qu'il est très difficile de les faire se développer en laboratoire pour obtenir une peau complète.

Notre but, c'est de développer des approches qui soient le moins chères possible, puis le plus accessibles possible, parce qu'on sait que la problématique du diabète est de plus en plus importante, a dit le professeur Berthod.

Le nombre de patients augmente de plus en plus et il y a toutes sortes de problématiques qui sont liées avec ces patients-là. Plus vous avez de patients à traiter, plus il faut que les approches que vous développez soient peu coûteuses et faciles à appliquer.

Une citation de François Berthod, Université Laval

Les conclusions de cette étude ont été publiées dans la revue Biotechnology and Bioengineering (Nouvelle fenêtre) (en anglais).

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