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Le feu de forêt à Chapais toujours non maîtrisé

Des véhicules dans une cour et de la fumée au loin derrière.

Un important feu de forêt menace la municipalité de Chapais.

Photo : Nina Grondin

Les pompiers forestiers tentent toujours de maîtriser l’incendie qui a pris naissance mercredi à proximité de la municipalité de Chapais, dans le Nord-du-Québec. Les quelque 800 personnes évacuées mercredi n'ont toujours pas pu regagner leur domicile.

Jeudi matin, la Société de protection des forêts contre le feu (SOPFEU) a mentionné que son évaluation a été revue à la baisse. Il s'étend maintenant sur une superficie de 1393 hectares, soit 13,9 km2.

Il s'est avancé jusqu'à quatre kilomètres de la ville, mais comme il est au sud de Chapais et que les vents soufflent vers le sud-sud-ouest, les flammes ne progressent pas vers la ville.

« Actuellement, le feu n'a pas été maîtrisé, mais il n'a pas progressé davantage. On parle d'une superficie quand même assez importante, mais les équipes de la SOPFEU et les pompiers, tout le monde est mobilisé », a soutenu la mairesse lors d'un point de presse à 13 h.

Un point de presse à 18 h

Un point de presse de la mairesse de Chapais, Isabelle Lessard, est prévu pour 18 h et sera diffusé en direct au Téléjournal Saguenay-Lac-Saint-Jean.

« Eux, ils vont être en mesure de nous donner les informations précises quant au feu, sa direction, sa progression. Ça va nous permettre de savoir un peu plus comment ça va se dérouler dans les prochains jours et à quel moment les gens vont pouvoir regagner leur domicile également », ajoute-t-elle.

Des équipes de la Sûreté du Québec en provenance de Chibougamau, Roberval, Saint-Félicien et Dolbeau-Mistassini sont arrivées en renfort à Chapais mercredi soir, dans la nuit et ce jeudi matin.

« Quelques éléments semblent suspects. La SQ mène ses enquêtes pour comprendre ce qui se passe et savoir s'il y a une cause criminelle derrière ça. Mais en ce moment nous sommes en validation, donc ce n'est pas de source sûre encore », a mentionné la mairesse.

Mercredi, quelque 500 familles avaient reçu l'ordre d'évacuer leur domicile à Chapais, ce qui correspond à 800 personnes. Elles ont été déplacées vers la ville voisine, Chibougamau.

L'avis d'évacuation est obligatoire pour les résidents de secteur de villégiature qui se situent plus près du feu. Pour les gens qui se trouvent dans le secteur sud de la ville, l'évacuation est volontaire mais « fortement recommandée », comme le rappelle la mairesse.

« Avec les vents qui sont dirigés vers la ville, c'est encourageant, mais nous ne sommes pas encore assez certains pour dire aux gens qu'ils peuvent regagner leur domicile pour la nuit. »

Actuellement, aucun bris matériel majeur n'a été constaté, mais il est possible que l'eau déversée par la SOPFEU ait endommagé des résidences dans les lieux de villégiature.

C'est sous contrôle à Chapais, mais il reste que c'est quand même préoccupant quand on voit ces feux un peu partout sur le territoire. La Sûreté du Québec était sur le terrain hier. Les effectifs de la SOPFEU aussi. On a demandé d'évacuer. Ce matin, ça redevient un peu plus normal, mais on est aux aguets. On espère même un peu de pluie, a soutenu le ministre de la Sécurité publique, François Bonnardel.

Le feu, dont le point d'origine se trouve à 11 km de Chapais, s’est approché jusqu'à 4 km de la ville mercredi.

Deux camions bloquent l'entrée de la ville de Chapais.

Un poste de contrôle est présent à l'entrée de la ville de Chapais.

Photo : Radio-Canada / Rémi Tremblay

Il y avait énormément de fumée dans la ville, souligne la mairesse de Chapais, Isabelle Lessard.

Deux autres brasiers

Isabelle Lessard a confirmé qu'un autre feu s'était déclaré mercredi à proximité de l'aéroport, situé entre Chibougamau et Chapais, mais qu'il a rapidement été contrôlé. Un deuxième feu a été déclenché à un kilomètre, au sud de la rue de la Cogénération, près de Chapais. Il a également été maîtrisé par les pompiers de la ville.

La Ville de Chapais a annoncé la fermeture de son parc industriel par mesure préventive. Il est interdit à quiconque d'y circuler afin de permettre aux équipes de faire leur travail.

Le Centre de services scolaire de la Baie-James a décidé de fermer les écoles primaires et secondaires pour la journée. Le député d’Ungava, Denis Lamothe, se rend aussi à Chapais pour soutenir la population.

Une femme sourit devant l'hôtel de ville de Chapais.

La mairesse de Chapais, Isabelle Lessard

Photo : Annie-Claude Brisson

Malgré l’inquiétude de la population, Isabelle Lessard souligne la collaboration et le travail efficace des équipes d’urgence. On tente de rester le plus calme possible, mentionne-t-elle.

Plus le temps passait, plus l’air était lourd. La [fumée] était de plus en plus épaisse. En soirée, ça sentait dans les maisons malgré les fenêtres fermées. C’était difficile à respirer, c’était ça qui était inquiétant, a raconté Caroline Belleau à l’émission C’est jamais pareil. La résidente de Chapais est partie retrouver ses parents, qui habitent à Chibougamau.

Je suis partie avec mon jeune enfant de 5 ans. Des vêtements de rechange, des vêtements pour la nuit, un petit peu de nourriture pour le lendemain matin pour qu’on puisse déjeuner, de la médication si on en a à prendre et un peu d’argent de poche. On met ça dans l’auto et on s’en va.

Une citation de Caroline Belleau

Ce matin, on voit que les vents ont un petit peu changé de sens. On voit que la fumée s’est beaucoup apaisée au niveau de la ville, remarque la mairesse Lessard.

Elle précise qu’il est encore trop tôt pour permettre aux personnes évacuées de retourner à leur domicile.

La SOPFEU en mouvement

Quelque 150 pompiers forestiers sont sur le terrain à Chapais. Josée Poitras, porte-parole de la SOPFEU, explique comment les équipes vont travailler jeudi matin.

On va faire un nouveau contour, un survol du feu pour avoir un meilleur aperçu et pour préparer la planification des prochains jours. Il y a la protection de certains chalets, la création d'une ligne d'arrêt mécanisée, ça aide aussi à éviter un comportement un peu plus violent du feu, dit-elle.

La cause du feu est actuellement inconnue, mais il pourrait s’agir d’une cause humaine puisqu’il n’y a pas eu de foudre dans le secteur, selon Josée Poitras.

Une équipe de spécialistes en comportement de feu de la SOPFEU et des pompiers forestiers arrivent en renfort ce matin. Les équipes sont aussi prêtes à intervenir avec les avions-citernes.

Un avion de la SOPFEU sur la piste de l'aéroport de Val-d'Or.

La SOPFEU doit attendre le bon moment pour déployer les avions-citernes. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Athéna Couture

Lorsque le feu est hors contrôle, ça peut même être dangereux pour les avions-citernes parce qu’il se fait une colonne de chaleur. Même un largage d’avion-citerne qui contient 6000 litres d’eau, avec une intensité de feu, l’eau ne réussirait pas même à abaisser l’intensité du feu. Ça sécherait même au passage au-dessus des flammes, décrit Josée Poitras.

Restreindre les déplacements en forêt

Le ministère des Ressources naturelles et des Forêts et le ministère de la Sécurité publique demandent à la population du Québec d'éviter les déplacements en forêt pour diminuer les risques d'incendie.

« On demande aux citoyens d'être diligents, d'être prudents. Il y a une situation climatique en ce moment qui fait qu'il y a des risques importants de feux de forêt. Donc on demande aux citoyens d'éviter d'aller en forêt pour éviter la propagation et les risques pour les citoyens », a mentionné, jeudi matin, la ministre des Ressources naturelles et des Forêts, Maïté Blanchette Vézina.

L'interdiction de faire des feux à ciel ouvert en forêt ou à proximité est toujours en vigueur dans la province.

Depuis le 28 mai, la province fait face à une situation propice aux incendies de forêt avec des températures élevées et sèches ainsi que de faibles précipitations sur l'ensemble du territoire, peut-on lire dans l'avis préventif du 1er juin.

La porte-parole de la SOPFEU, Josée Poitras, décourage également la population de s'approcher des feux de forêt pour prendre des photos, même à l'aide de drones ou d'aéronefs, sous peine d'amende.

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