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Le transport de GNL sur la côte ouest tuera davantage de baleines, prédit une étude

Une baleine à bosse nage dans un océan.

Dans le Pacifique Nord, les aires de reproduction hivernales de la baleine à bosse sont connues au large du Japon, d'Hawaï et du Mexique; les aires d’alimentation estivales sont trouvées dans les eaux côtières de l'Alaska, de la Colombie-Britannique et de l’ouest des États-Unis continentaux.

Photo : iStock

Le trafic maritime lié au transport de gaz naturel liquéfié risque d’augmenter la mortalité des baleines dans le Pacifique, affirme une étude internationale publiée dans la revue scientifique Endangered Species Research (ESR).

La recherche (Nouvelle fenêtre) (en anglais) projette que le transport maritime relié aux terminaux d’exportation de gaz naturel liquéfié (GNL) actuellement en développement à Kitimat, dans le nord de la Colombie-Britannique, augmentera la mortalité des cétacés par collision avec les navires dans la région.

La station biologique du Pacifique de Pêches et Océans Canada, à Nanaimo, a notamment participé à l'étude.

L’étude prédit que 2 rorquals communs et 18 baleines à bosse, deux espèces inscrites sur la liste nationale des espèces en péril, perdraient la vie chaque année à cause d’une collision avec les navires.

Un rorqual commun nage dans l'océan.

Le rorqual commun est la deuxième plus grande baleine du monde, après le rorqual bleu. Il atteint la maturité à 25 ans, mesurant alors de 20 à 27 mètres et pesant de 60 à 80 tonnes.

Photo : Radio-Canada

Selon le rapport, il s’agit d’une augmentation, comparativement aux estimations actuelles qui signalent la perte de moins d’un rorqual commun et de trois à quatre baleines à bosse chaque année.

Notre étude montre que lorsque le trafic méthanier arrivera, les populations de baleines de la région déclineront, explique Eric Keen, auteur principal de l’article et directeur scientifique à la North Coast Cetacean Society (NCCS).

En 2018, le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a estimé la population de baleines à bosse à plus de 4000 individus matures dans les eaux de la Colombie-Britannique, et à moins de 1000 individus matures dans le cas du rorqual commun.

Le comité confirme que ces deux espèces de cétacés continuent d'être exposées à des risques, entre autres liés aux collisions avec des navires et du bruit sous-marin causé par le transport maritime. Selon le comité, l’intensité du nombre de ces menaces continuera d’augmenter.

Le terminal d’exportation de LNG Canada en cause

Le rapport indique qu’une grande source de risque de mortalité pour les baleines vient du projet de terminal d’exportation de LNG Canada, qui devrait accroître le trafic maritime de façon importante dans la région.

Les premiers cargos remplis de gaz naturel liquéfié, issu notamment du gazoduc Coastal GasLink, devraient commencer à quitter le terminal de Kitimat à partir de 2025 (Nouvelle fenêtre). LNG Canada prévoit d'exporter 26 millions de tonnes de gaz naturel liquéfié chaque année, surtout en Asie.

La compagnie estime que, chaque année, 350 de ses cargos transiteront par ce terminal.

Des tuyaux s'élèvent d'une plateforme destinée au transport de gaz naturel liquéfié du projet Coastal GasLink à Kitimat, en Colombie-Britannique, le mercredi 28 septembre 2022.

À terme, le gazoduc Coastal GasLink doit acheminer le gaz naturel des exploitations du nord-est de la Colombie-Britannique jusqu'au port de Kitimat, sur la côte du Pacifique. Le projet de 670 kilomètres, complété à 85 %, doit être finalisé d'ici la fin de 2023.

Photo : La Presse canadienne / Darryl Dyck

Les modèles de l’étude indiquent que d’ici 2030, les collisions entre les baleines et les bateaux seront multipliées par 30 pour les navires de plus de 180 mètres de long qui empruntent la voie côtière vers Kitimat.

« À la lumière des constats de l’étude, le besoin d’agir est évident. La responsabilité revient au gouvernement et à l’industrie de s’assurer que l’intensification du trafic maritime commercial dans la région ne renverse pas le rétablissement de ces populations de cétacés », souligne Hussein Alidina, coauteur de l’article et spécialiste principal auprès du Fonds mondial pour la nature (WWF-Canada) pour la conservation marine.

Les gouvernements doivent réexaminer les conditions du projet et mettre en place des mesures efficaces qui réduisent le risque de mortalité des baleines par le transport de GNL avant qu’il ne commence.

Une citation de Hussein Alidina, coauteur de l’article publié dans la revue Endangered Species Research

Selon l’étude, la mesure d’atténuation la plus efficace est une restriction saisonnière des passages dans les zones sensibles. Une réduction de la vitesse réduirait également les risques, particulièrement en rapport avec les collisions avec les grands navires.

Des remorqueurs guident un navire de GNL sur une mer plate à l'est de Tokyo.

Un navire de gaz naturel liquéfié est remorqué à l'est de Tokyo.

Photo : Reuters / Issei Kato

Au moment de publier ces lignes, LNG Canada n’avait pas répondu à nos demandes de commentaires. Dans sa demande de certification d’évaluation environnementale, la compagnie avait déjà reconnu, en 2014, la menace posée par le projet sur les mammifères marins.

L’entreprise avait notamment indiqué que les navires pourraient ralentir leur vitesse entre juillet et octobre afin d’éviter les collisions avec les mammifères marins présents dans la région.

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