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Transformations de maisons saisies en logements abordables : le plan de la province déçoit

Une maison dont certaines fenêtres sont barricadées.

Les six propriétés font partie des 10 maisons saisies lors du Projet Matriarche, une enquête sur le trafic de drogue qui a entraîné l'arrestation de plus de 20 personnes et la confiscation de plus de 2,3 millions de dollars en actifs.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Deux expertes se disent déçues par le plan du gouvernement manitobain visant à transformer des maisons saisies en logements abordables. Selon elles, ce plan ne va pas résoudre la pénurie de logements sociaux à Winnipeg.

Le 17 mai dernier, le gouvernement provincial a annoncé son intention de vendre six propriétés situées dans le quartier Point Douglas pour la valeur de 1 dollar chacune à des organisations autochtones ou à des organismes à but non lucratif pour qu’elles soient transformées en maisons unifamiliales abordables.

Ces maisons avaient été saisies par la police, il y a deux ans, en vertu de la Loi provinciale sur la confiscation de biens obtenus ou utilisés criminellement.

Un document de proposition du projet précise toutefois que les maisons seront vendues telles quelles. Les six propriétés ont été inspectées par des employés de Logement Manitoba et que ces derniers ont déterminé que les maisons devront probablement être démolies , ajoute-t-il.

Les organismes qui acquièrent les propriétés devront donc assumer les coûts de reconstruction.

CBC/Radio-Canada a contacté plusieurs organismes susceptibles d'acquérir ces propriétés. Tous se sont dits intéressés, mais beaucoup n'étaient pas sûrs de pouvoir assumer les coûts associés à la reconstruction.

Le plan prévoit aussi que les organismes qui achètent ces propriétés devront également trouver un propriétaire qui répond à plusieurs exigences. Les personnes admissibles devront être des acheteurs de première habitation, avoir des personnes à charge, être admissibles à un prêt hypothécaire et avoir un revenu annuel qui ne dépasse pas 85 000 $.

La porte-parole auprès de la coalition winnipégoise Right to Housing, Shauna MacKinnon, estime que le coût de reconstruction constitue un énorme obstacle pour toute organisation souhaitant transformer ces lieux en logements abordables.

Shannon MacKinnon.

Shannon MacKinnon est aussi la présidente du département d’études urbaines et des quartiers défavorisés auprès de l’Université de Winnipeg.

Photo : Radio-Canada / Prabhjot Singh Lotey

Elle est aussi la présidente du département d’études urbaines et des quartiers défavorisés de l’Université de Winnipeg.

[Je suis] déçue. Cela ne répond pas aux besoins des gens [qui ont plus besoin d’avoir accès au logement], indique Shauna MacKinnon. Les personnes à faible revenu, les personnes bénéficiant de l'aide sociale ne seront pas admissibles à un prêt hypothécaire.

Il y a déjà des maisons abordables pour quelqu'un qui gagne 84 000 $ par an. Cela semble merveilleux de faire un don pour 1 dollar, mais en fin de compte, à qui ça sert réellement?

Une citation de Shauna Mackinnon, présidente du département d’études urbaines et des quartiers défavorisés de l’Université de Winnipeg

Selon elle, une meilleure option serait que Logement Manitoba prenne en charge les six propriétés pour y construire des immeubles de plusieurs appartements.

De plus, Shauna MacKinnon se questionne sur la vente de deux autres maisons saisies au même propriétaire, au lieu d'être incluses dans le projet. Ces deux maisons n'ont pas été démolies, et l'une d'entre elles a même été vendue pour 250 000 $.

Encore une fois, c'est : "Faisons quelque chose avec les bonnes [maisons] et celles-ci ne valent rien, laissons-les à la communauté!", ajoute Mme MacKinnon.

Un porte-parole de la province a déclaré, par courriel, que les revenus de la vente de ces maisons seront notamment utilisés pour rembourser une hypothèque importante sur l'une d’entre elles. Il a indiqué que les revenus restants seront utilisés pour payer la démolition éventuelle de certaines des six propriétés qui ne pourront pas être rénovées ainsi que pour coûts d'entretien.

Une femme aux cheveux courts.

Kate Kehler indique que le choix de ne pas inclure certaines maisons dans le projet « correspond à l'idée que certains peuvent habiter un certain quartier et d'autre pas ».

Photo : Radio-Canada / Tyson Koschik

De son côté, la directrice générale du Conseil de planification sociale de Winnipeg, Kate Kehler, se demande pourquoi les maisons viables situées dans des quartiers plus riches ne sont pas incluses dans le projet.

C’est comme si le gouvernement cautionnait le syndrome "pas dans ma cour" puisqu’il ne donne pas ces meilleures maisons, situées dans de meilleurs quartiers, pour le même montant, déclare-t-elle.

Avec les informations de Brittany Greenslade

Une maison dont certaines fenêtres sont barricadées.

Les six propriétés font partie des 10 maisons saisies lors du Projet Matriarche, une enquête sur le trafic de drogue qui a entraîné l'arrestation de plus de 20 personnes et la confiscation de plus de 2,3 millions de dollars en actifs.

Photo : Radio-Canada

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