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Erdogan remporte l’élection présidentielle en Turquie

Recep Tayyip Erdogan, de profil, prononce un discours au micro devant une foule.

Recep Tayyip Erdogan s'adresse à une foule dimanche soir à l'issue du second tour de l'élection présidentielle turque.

Photo : Reuters / MURAT CETINMUHURDAR/PPO

Radio-Canada

La commission électorale turque a déclaré Recep Tayyip Erdogan vainqueur de l'élection présidentielle à l'issue du second tour, dimanche en Turquie.

Sur la base des résultats provisoires, il a été constaté que M. Recep Tayyip Erdogan a été réélu président de la République, a déclaré le président du Haut Comité électoral turc (YSK), Ahmet Yener, cité par l'agence étatique Anadolu.

Au pouvoir depuis vingt ans, M. Erdogan a recueilli 52,14 % des suffrages, contre 47,87 % pour son adversaire Kemal Kiliçdaroglu, après le décompte de près de 99 % des voix.

Juché sur un autobus devant son domicile d'Istanbul, sur la rive asiatique du Bosphore, le chef d'État de 69 ans a pris la parole devant une mer de drapeaux rouges brandis par une foule enthousiaste.

Notre nation nous a confié la responsabilité de gouverner le pays pendant les cinq prochaines années, a-t-il lancé au terme d'une élection qui l'a contraint pour la première fois à un second tour.

Le seul gagnant aujourd'hui, c'est la Turquie, a conclu M. Erdogan.

Des rassemblements spontanés se sont formés partout dans les villes où le Reis a triomphé, en particulier au cœur de l'Anatolie.

Des élections « injustes »

Kemal Kiliçdaroglu parle à une tribune.

Kemal Kiliçdaroglu s'est dit «triste» pour la Turquie lors de son discours dimanche à l'issue du deuxième tour.

Photo : Reuters / YVES HERMAN

Kemal Kiliçdaroglu a réagi peu après au discours de M. Erdogan. Il a affirmé qu’il était triste pour la Turquie et qu’il continuera de se battre pour son pays.

Après avoir constaté son retard dans le dépouillement des votes, il a dit qu’il semblait en voie de perdre les élections les plus injustes depuis des années.

Il croit que les résultats démontrent la volonté du peuple de se débarrasser d’un gouvernement autoritaire et il craint les problèmes qui attendent la Turquie.

Même si les résultats de l’élection ne sont toujours pas officiels, le président russe Vladimir Poutine a félicité M. Erdogan.

Cette victoire électorale est le résultat de votre travail à la tête de la Turquie et une preuve claire du soutien de la population turque dans vos efforts de renforcer la souveraineté de l’État et de mener une politique étrangère indépendante, a dit M.  Poutine.

D’autres leaders politiques, dont le président américain Joe Biden, le président français Emmanuel Macron, le président ukrainien Volodymyr Zelensky et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, ont également félicité M. Erdogan pour sa réélection.

Les votes sont comptés au lycée français Notre-Dame de Sion à Istanbul lors du second tour de l'élection présidentielle turque.

Comptage des voix dans un bureau électoral à Istanbul.

Photo : Getty Images / Jeff J Mitchell

En dépit d'un fort désir de changement d'une partie de l'électorat, las de la crise économique, des restrictions aux libertés et de l'hyperprésidentialisation d'un pouvoir qui a envoyé des dizaines de milliers d'opposants derrière les barreaux ou en exil, le chef de l'État partait favori avec cinq points d'avance à l'issue du premier tour du 14 mai, où il avait recueilli 49,5 % des suffrages.

Visage fatigué, se déplaçant avec lenteur, Recep Tayyip Erdogan a voté en mi-journée dans le quartier d'Üsküdar, sur la rive asiatique d'Istanbul. Une foule enjouée l'y attendait, à laquelle les gardes du corps ont distribué des jouets tandis que le président glissait quelques billets de banque à des enfants.

Aucun pays au monde ne connaît des taux de participation de 90 %. La Turquie les a presque atteints. Je demande à mes concitoyens de venir voter sans faiblir.

Une citation de Recep Tayyip Erdogan, président sortant

Au premier tour, la participation avait atteint 87 %.

Presque simultanément, tout sourire malgré les pronostics défavorables, Kemal Kiliçdaroglu déposait son bulletin à Ankara en incitant ses concitoyens à voter pour qu'une véritable démocratie et la liberté puissent advenir dans ce pays, pour se débarrasser d'un gouvernement autoritaire.

Kemal Kiliçdaroglu salue ses partisans.

Le leader du Parti républicain du peuple (CHP) et principal candidat à la présidence de l'alliance de l'opposition, Kemal Kiliçdaroglu, salue ses partisans après avoir voté à Ankara.

Photo : Getty Images / Chris McGrath

Les deux candidats ont appelé leurs partisans à veiller sur les urnes jusqu'aux résultats définitifs. Il est maintenant temps de protéger la volonté de notre nation au-dessus de nos têtes jusqu'au dernier moment! a tweeté M. Erdogan immédiatement après la fermeture des bureaux de vote, à 17 h, heure locale.

Le camp Erdogan n'a eu de cesse de qualifier l'opposition menée par Kiliçdaroglu de terroriste en raison du soutien que lui ont apporté les responsables du parti prokurde HDP.

Nous appelons chacun au calme avant le décompte, a lancé Halis Firet, 56 ans, observateur pour le compte du parti de Kiliçdaroglu, le CHP, dans un bureau de vote d'Istanbul.

Recep Tayyip Erdogan vote à Istanbul.

Le président sortant Recep Tayyip Erdogan vote à Istanbul.

Photo : Getty Images

Au soir du premier tour, ils avaient fait l'objet de nombreuses contestations verbales de la part de l'opposition qui a, cette fois-ci, décidé de poster cinq scrutateurs devant chaque urne, soit un million d'observateurs à travers le pays.

Un pays, deux visions

Les personnes interrogées par l'AFP dans les files d'attente des bureaux de vote ont témoigné de la polarisation du pays après ces semaines de campagne.

À Ankara, Mehmet Emin Ayaz, chef d'entreprise de 64 ans, estimait important de conserver ce qui a été acquis au cours des vingt dernières années en Turquie sous l'ère Erdogan. À l'opposé, Aysen Gunday, retraitée de 61 ans, voulait faire de ce scrutin un référendum contre le président et a choisi Kemal Kiliçdaroglu.

Deux visions du pays, de la société et de la gouvernance s'offraient aux 60 millions d'électeurs de Turquie (la diaspora a déjà voté) appelés aux urnes : la stabilité au risque de l'autocratie avec Recep Tayyip Erdogan ou le retour promis à l'État de droit et à la justice, selon ses termes, avec son adversaire, un ancien haut fonctionnaire de 74 ans.

Pas plus que lors de la campagne du premier tour, l'économie ne s'est pas imposée dans le débat national malgré une inflation autour de 40 % et la dégringolade de la monnaie nationale, qui grève fortement le pouvoir d'achat de la population.

Même les zones dévastées par le séisme du 6 février, qui a fait au moins 50 000 morts et trois millions de déplacés, avaient massivement accordé leur confiance au chef de l'État, qui a multiplié les largesses et les promesses de reconstruction.

Un homme est debout devant un drapeau turc.

Un homme est debout devant un drapeau turc à Istanbul dimanche, jour de scrutin pour le deuxième tour de la présidentielle.

Photo : Getty Images / Ed Ram

Face à lui, Kemal Kiliçdaroglu, le demokrat dede – le papy démocrate –, comme se présente cet économiste de formation aux cheveux blancs et aux fines lunettes, a semblé abattu par son retard au premier tour.

On est moins motivés qu'au premier tour, a reconnu un de ses partisans, Bayram Ali Yüce, soudeur de 45 ans.

Faute d'accès aux grands médias et surtout aux chaînes de télévision officielles, Kemal Kiliçdaroglu a bataillé sur Twitter quand ses partisans tentaient de remobiliser les électeurs par du porte-à-porte dans les grandes villes.

Face à cet homme discret d'obédience alévie, une branche de l'islam jugée hérétique par les sunnites rigoristes, Recep Tayyip Erdogan a multiplié les rassemblements, s'appuyant sur les transformations qu'il a su apporter au pays depuis son accession au pouvoir comme premier ministre en 2003, puis comme président depuis 2014.

Ce second tour survient dix ans jour pour jour après le début des grandes manifestations de Gezi qui s'étaient répandues dans tout le pays et avaient été sévèrement réprimées.

Avec les informations de Agence France-Presse et Associated Press

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