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Vents de Tremble recueille des fonds pour construire une nouvelle résidence

L’organisation offre des programmes pour les personnes vivant avec un handicap dans la région de la Montagne, au Manitoba.

Deux personnes peignent un cache-pot.

Nico, en blanc, et Ken, en bleu, en train de peindre dans l'atelier.

Photo : Radio-Canada / Gavin Boutroy

L’organisation Vents de Tremble, située à Notre-Dame-de-Lourdes au Manitoba, a lancé une collecte de fonds destinée à la construction d’une nouvelle résidence pour des personnes vivant avec un handicap.

Le bâtiment actuel n’est pas suffisamment accessible pour les résidents vieillissants, selon la directrice générale de Vents de Tremble, Michaela Knibbs. Âgés de plus de 50 ans, ils requièrent notamment l’accès aux salles de bains en fauteuils roulants.

Nous souhaitons qu’ils puissent se déplacer aisément dans leur propre maison, et ce n’est pas le cas pour tout le monde en ce moment, indique-t-elle.

Nous avons actuellement quatre résidents qui habitent avec nous, certains depuis presque 30 ans. Et nous travaillons avec eux, dans leur domicile pour les aider à cuisiner, nettoyer, prendre des médicaments, toutes ces activités quotidiennes nécessaires, ajoute Mme Knibbs.

Elle explique que la province a aussi changé les exigences relatives à la sécurité incendie pour les résidences avec plus de cinq personnes. D’ici 2026, la résidence d’Aspen Winds a besoin d’un système de gicleurs.

Mme Knibbs debout devant la boutique de Vents de Tremble à Notre-Dame.

Michaela Knibbs est la directrice générale de Vents de Tremble.

Photo : Radio-Canada / Gavin Boutroy

Même s’il n’y avait pas cette obligation, il s’agit d’un besoin criant, souligne Michaela Knibbs. Des personnes vivant avec des handicaps, surtout des handicaps physiques, seraient incapables d’évacuer dans le cas d’un incendie, déplore-t-elle.

Vu les exigences particulières de la résidence de Vents de Tremble, Michaela Knibbs croit qu’il vaudrait mieux construire un nouveau bâtiment que de rénover l’ancien.

Une soirée pour dames Ladies night a permis de récolter 17 000 $ et une soirée casino, près de 28 000 $, sur un objectif de 650 000 $. D’autres événements sont prévus à l’automne.

Créer un sentiment d’appartenance

Nico habite à la résidence depuis environ deux ans. Il porte une tasse du Canadien de Montréal dans la main. Ses cheveux et sa barbiche sont gris, en tirant sur le blanc. Il est originaire d’une ferme près de Saint-Alphonse.

J’aime ça ici, affirme-t-il, en ajoutant qu’il s’attend à toujours habiter à la résidence lorsqu’il y aura un nouveau bâtiment. Je vais probablement être dans le coin, peut-être que j’y resterai toute ma vie, pense-t-il, rire à l'appui, en fixant sa tasse des Canadiens.

Nico sourit en tenant un petit pinceau.

Nico, tenant son pinceau.

Photo : Radio-Canada / Gavin Boutroy

En plus de vivre à la résidence, Nico participe au programme de jour de Vents de Tremble. Il s’agit d’un atelier où sont fabriquées toutes sortes de choses, dont des bijoux et des objets en bois. Les produits sont alors vendus au public.

Nico préfère sabler ou peindre des objets en bois. Ça m’amène un peu de joie de travailler ici, dit-il, en ajoutant qu’il aime ses collègues. J’aime faire beaucoup de blagues, répète-t-il, incapable de contenir son rire.

L’Atelier de Vents de Tremble est à Notre-Dame et tous les employés, handicap ou pas, sont payés. C’est vraiment incroyable ce qu’ils peuvent faire, lance Michaela Knibbs.

Des objets en bois en en tissus dans une boutique.

Des objets en vente au magasin de Vents de Tremble à Notre-Dame-de-Lourdes. Il existe aussi un magasin à Carman.

Photo : Radio-Canada / Gavin Boutroy

Certains d’objets sont fabriqués sur commande. Le charpentier de l’atelier, Corey Vuignier, note que certaines personnes font une commande chaque année depuis 10 ans. C’est l’affaire de voir qu’ils sont en train de donner de l’ouvrage à des gens qui ne sont pas capables d’être employés ailleurs, affirme-t-il.

Michaela Knibbs note que ce travail est très valorisant. Lorsqu’on rencontre quelqu’un pour la première fois, on demande : qu’est-ce que tu fais, comme travail ? Une très grande portion de nos vies est bâtie autour de capacités professionnelles, d’avoir un travail, d’avoir un rôle. Vents de Tremble, c’est un endroit où chacun peut avoir un rôle, où chacun peut avoir un sentiment d’appartenance, ajoute la directrice générale.

L’inclusion de personnes avec des handicaps en région rurale

Vents de Tremble est né en 2016, lorsque la Résidence de Lourdes et l’Atelier la Montagne ont fait fusion. L’atelier avait été fondé par des parents d’enfants avec des handicaps.

Ils se sont dit : qu’est-ce que ces enfants vont faire ? Dans les années 1970, 1980 c’était tabou pour les personnes avec des handicaps d’être en public, rappelle Michaela Knibbs.

Maria assise et souriante.

Maria, l'une des participantes au programme de jour de Vents de Tremble, lors de la pause-café.

Photo : Radio-Canada / Gavin Boutroy

J’ai entendu beaucoup d’histoires de neveux que les gens ignoraient qu’ils avaient, parce qu’ils avaient un handicap. Ils ne faisaient pas vraiment partie de la famille, on leur disait de se cacher dans un buisson si quelqu’un venait dans le jardin, poursuit-elle.

Ces parents pensaient que ça, ce n’était pas correct, ajoute la directrice générale.

En situation rurale, l’isolement peut être particulièrement difficile à vaincre pour les personnes vivant avec un handicap, vu les distances. Mais cette population éparse est aussi un atout, selon Mme Knibbs.

C’est peut-être plus facile dans la campagne. Dans les régions rurales, les gens connaissent leurs voisins, tu interagis avec tout le monde dans la communauté, poursuit-elle. Dans la ville, tu choisis avec qui tu interagis, ton cercle. Dans une communauté rurale, ton cercle c’est tout le monde, parce qu’il n’y a pas beaucoup de gens.

Trois personnes assises autour de tables avec divers projets.

De gauche à droite : Maria, Rhéal et Debbie, dans l'atelier de Vents de Tremble.

Photo : Radio-Canada / Gavin Boutroy

Dans une communauté rurale, il faut faire usage de toutes nos forces. Et eux, ils sont une force, conclut Michaela Knibbs.

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