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Salaire des enseignants : le ministre Bernard Drainville dans la tourmente

Bernard Drainville agite la main en conférence de presse.

Bernard Drainville dit ne pas avoir voulu insinuer que le travail d'enseignant a moins d’importance que celui de député.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Radio-Canada

« Attitude hautaine », « méprisant », « navrant ». Dans le camp libéral comme chez les solidaires, les propos de Bernard Drainville à propos des enseignants lors d’une entrevue au Devoir ne passent pas. Dans une déclaration de son bureau, le ministre se défend de toute insinuation que le métier d'enseignant est de moindre importance que celui de député.

Se faisant demander pourquoi les enseignants québécois ne mériteraient pas d'être parmi les mieux payés au Canada, alors que leurs députés sont en voie de le devenir, le ministre de l’Éducation a répondu que la comparaison était un petit peu boiteuse et même un tantinet démagogique, et qu'on ne pouvait comparer le travail des enseignants avec celui des députés.

Tu compares vraiment le job d'enseignant au job de député? Tu es en train de me dire que ça se compare? a-t-il demandé au chroniqueur Michel David.

Dans un extrait d'un point de presse de 2015 mis en ligne mercredi par l'ex-chef du Parti québécois (PQ), Jean-François Lisée, M. Drainville, alors député péquiste sous la direction de Pierre Karl Péladeau, avait fait un lien direct entre les salaires du secteur public et celui des députés, qu'il refusait de voir augmenter de 31 %.

Le gouvernement (libéral) propose d'appauvrir les infirmières, les enseignantes, les fonctionnaires, et il nous propose d'augmenter le salaire des députés de 31 %. Voyons donc, ça n'a aucun bon sens, avait-il dénoncé.

Aujourd'hui, le gouvernement caquiste souhaite précisément augmenter le salaire des élus de 30 %, alors qu'il propose une hausse de 9 à 13 % sur cinq ans pour la fonction publique.

Les propos du ministre Drainville au Devoir ont provoqué une série de vives réactions des partis d'opposition.

La porte-parole libérale en matière d'éducation, Marwah Rizqy, n’y voit rien de moins que du mépris.

Mme Rizqy, qui a elle-même été enseignante, a réagi sur les réseaux sociaux, rappelant les efforts que demande le métier d’enseignant.

Après plusieurs mois de suppléance, je peux affirmer qu'un enseignant peut être un excellent député, mais l'inverse est moins vrai.

Une citation de Marwah Rizqy, porte-parole de l'opposition officielle en matière d'éducation

Le chef parlementaire de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, n’a pas manqué l'occasion d’exprimer son indignation.

Il n’y a pas grand-chose dans la vie qui me mette plus en colère que cette attitude hautaine et condescendante des dirigeants politiques, a-t-il réagi.

Comment peut-on avoir une aussi haute opinion de soi-même et si peu de considération pour les gens que nous sommes censés servir?

Une citation de Gabriel Nadeau-Dubois, co-porte-parole de Québec solidaire

Je suis député. Ma blonde est enseignante au primaire. Malgré mes horaires de fou, je n'ai jamais prétendu travailler plus fort qu'elle ou être plus utile à la société. J'ai trop de respect pour son métier, a ajouté l’élu de Québec solidaire.

Le porte-parole du Parti québécois en matière d'éducation, Pascal Bérubé, a qualifié la réponse du ministre de navrante. Sur Twitter, il a lui aussi parlé de son père qui était enseignant.

Je suis aussi titulaire d'un baccalauréat en enseignement. Vous dire le respect que j'ai pour cette profession, a-t-il conclu.

La Fédération autonome de l'enseignement (FAE) n’a pas manqué de réagir dans une publication titrée Le mépris, ça suffit!.

Durant la même entrevue, le ministre Drainville a reconnu que les enseignants ne gagnaient pas assez d'argent et qu'une négociation dans le secteur public était en cours.

Le ministre a rappelé l'augmentation salariale de 14 à 18 % consentie à l'issue des dernières négociations, et a dit souhaiter que les enseignants soient le mieux payés possible parce qu'elles – surtout des femmes – jouent un rôle important dans notre société.

Le cabinet de M. Drainville a précisé mercredi que dans aucun cas, le ministre n'a voulu insinuer que le métier d'enseignant est de moindre importance que celui de député.

À ses yeux, toutes les professions et tous les métiers méritent le même respect, qu'on soit enseignante, infirmière, plombier, policier, travailleur de la construction, a dit son attachée de presse, Florence Plourde.

Pas idéal, reconnaît LeBel

À la suite du dépôt du projet de loi haussant les salaires des députés de 30 %, on a appris que le chef de cabinet du premier ministre François Legault, Martin Koskinen, avait touché une augmentation de salaire de 71 000 $.

L'environnement entourant la renégociation des conventions collectives dans le secteur public n'est pas idéal , a reconnu mercredi la présidente du Conseil du Trésor, Sonia LeBel, en entrevue à Radio-Canada.

C'est sûr que ce n'est pas un environnement idéal pour une négociation, et je comprends les gens de s'y perdre, a-t-elle affirmé. On est juste et équitable, malgré tout, pour la fonction publique et l'ensemble des réseaux.

Mme LeBel a offert, mercredi, un chèque de 12 000 $ aux 7000 enseignants admissibles à la retraite pour qu'ils acceptent de rester en poste à temps complet au cours de la prochaine année scolaire.

Avec les informations de La Presse canadienne

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