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Les conseils d’éducation anglophones au N.-B. perdent leur pouvoir de décision

Bill Hogan en mêlée de presse.

Le ministre de l'Éducation et du Développement de la petite enfance, Bill Hogan, croit que le projet de loi n'aura pas d'impact dans les salles de classe.

Photo : Radio-Canada / Michel Corriveau

Radio-Canada

Le ministre de l’Éducation du Nouveau-Brunswick, Bill Hogan, annonce des changements dans la structure de la gouvernance scolaire pour le secteur anglophone. Ces changements n’auront pas d’impact dans les salles de classe, selon le ministre, mais les conseils d’éducation de district (CED) perdront leur pouvoir de décision et joueront plutôt un rôle consultatif.

Les modifications à la Loi sur l’éducation ont été présentées mardi à l’Assemblée législative du Nouveau-Brunswick.

Parmi les changements majeurs, les directions générales des districts scolaires relèveront désormais du sous-ministre du ministère de l’Éducation et du Développement de la petite enfance et non plus des CED.

Ainsi, les pouvoirs de décision et d’élaboration des politiques seront transférés aux districts scolaires et aux directions générales de ceux-ci, voire directement au ministère, plutôt qu’aux CED, comme c’était le cas auparavant.

La province indique que la réforme de la gouvernance locale implique ainsi une transition vers un rôle consultatif pour les CED du secteur anglophone.

Les CED seront toujours composés de membres élus et nommés. Toutefois, selon cette réforme, un élève pourra maintenant faire partie des CED, ce qui permettra de bien représenter les besoins de la population scolaire.

Thomas Geburt pose pour la photo.

Thomas Geburt estime que la réforme soumise par le gouvernement est un recul pour la démocratie.

Photo : Gracieuseté : Thomas Geburt

Thomas Geburt, président du conseil d'éducation anglophone Ouest, estime que cette perte du pouvoir de décision est un recul pour la démocratie.

D'après lui, les changements vont à l'encontre de ceux proposés par les CED. Je suis déçu qu'il n'ait pas écouté les conseils d'éducation quand nous avons proposé des améliorations au modèle actuel, qui fonctionne très bien.

Même responsabilités pour les CED du secteur francophone

Ces changements à la structure de gouvernance scolaire visent uniquement le secteur anglophone.

Dans le secteur francophone, le pouvoir décisionnel des CED doit être maintenu en raison du droit de gestion des établissements par les communautés minoritaires francophones, garanti par la Charte canadienne des droits et libertés.

Il y a une différence [entre les deux secteurs] parce qu'il y a des droits garantis par la Charte pour les francophones en tant que communauté minoritaire dans notre province, et nous n'allons pas jouer avec les droits garantis par la Charte, explique le ministre.

Pour cette raison, le ministre confirme que les CED du secteur francophone conserveront leurs compétences et leurs responsabilités actuelles.

C'est un soulagement pour Robert Lévesque, président de la Fédération des conseils d'éducation du Nouveau-Brunswick. Il admet que depuis décembre 2021, ses membres étaient sur le qui-vive. Un groupe de travail composé d'organismes francophones et du ministère s'est penché sur la gouvernance scolaire.

Le président de la Fédération des conseils d’éducation du Nouveau-Brunswick, Robert Levesque.

Le président de la Fédération des conseils d’éducation du Nouveau-Brunswick, Robert Levesque.

Photo : Radio-Canada

Ce groupe de travail est arrivé avec un produit final de ce que la francophonie veut au niveau de la gouvernance scolaire et je dois avouer que le gouvernement a été à l'écoute, souligne-t-il.

La fédération compte rester vigilante et demandera une analyse juridique pour analyser la nouvelle loi du gouvernement.

Pour le président du conseil d'éducation anglophone Ouest, cette différence de pouvoir entre les deux systèmes va être difficile à expliquer à la population. Je comprends les aspects liés à la protection du groupe linguistique minoritaire, mais à part cela, je ne vois pas pourquoi notre structure de gouvernance serait différente, explique Thomas Geburt.

Plus grande cohérence dans les écoles

Selon le ministre Hogan, l'objectif de la nouvelle loi est de rendre plus cohérente la manière dont les politiques provinciales sont appliquées dans les écoles de la province.

Par exemple, il explique que la politique d’inclusion en classe a été appliquée différemment et continue à l’être dans notre province, sans toutefois jeter le blâme sur les directeurs d’école.

Du côté anglophone, nous devons nous assurer que nous sommes cohérents dans toute la province. Nous n'avons pas actuellement la cohérence que nous aimerions voir et cela nous aidera à travailler plus étroitement avec les surintendants et les directeurs d'école afin d'assurer cette cohérence.

Le ministre de l'Éducation et du Développement de la petite enfance du Nouveau-Brunswick, Bill Hogan, en pleine entrevue médiatique.

Bill Hogan, ministre de l'Éducation et du Développement de la petite enfance du Nouveau-Brunswick, croit que le secteur anglophone a besoin de plus de cohérence dans l'application des politiques.

Photo : Radio-Canada / Jacques Poitras

Bill Hogan affirme aussi qu'il souhaite davantage de cohérence dans les écoles francophones, soulignant toutefois que ce problème est moins présent dans ce secteur.

Parmi les autres changements, notons que des conseils d’élèves seront formés dans chaque école secondaire et que ceux-ci auront un rôle officiel auprès du personnel des écoles et des CED.

La nouvelle Loi sur l’éducation entrera en vigueur le 1er juillet 2023.

Avec les informations de Jacques Poitras et d'Isabelle Arseneau

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