•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Crise de l’itinérance à Toronto : les solutions des candidats à la mairie

Photo d'un homme qui fait la manche dans la rue à Toronto.

Les intervenants auprès des sans-abri appellent les candidats à la mairie de Toronto à en faire davantage pour résoudre la crise de l'itinérance.

Photo : La Presse canadienne / Nathan Denette

La crise de l'itinérance est plus grave que jamais à Toronto : le nombre de sans-abri augmente et les intervenants du milieu tirent encore une fois la sonnette d'alarme auprès des candidats au poste de maire de Toronto, en pleine campagne électorale.

Toronto n’a jamais vu autant de sans-abri dans ses rues. Cette situation est sans précédent, affirme Greg Cook, travailleur auprès des personnes en situation d'itinérance.

Beaucoup de gens meurent [dans la rue] chaque année. On demande à la Ville de faire preuve de leadership et de fournir plus de financement de tous les ordres de gouvernement pour résoudre cette crise, souligne le travailleur de rue.

Près de 10 800 personnes étaient sans-abri à Toronto au cours des trois derniers mois et 187 personnes en situation d'itinérance sont mortes l’an dernier, d'après les données de la Ville.

Un homme à l'extérieur.

Selon Greg Cook, membre du réseau Shelter & Housing Justice Network, la crise de l'itinérance n'a jamais été aussi criante à Toronto.

Photo : Radio-Canada

Olivia Chow élue à la mairie de Toronto

Consulter le dossier complet

Vue nocturne sur ce grand ensemble architectural marqué par une enseigne lumineuse montrant le mot Toronto.

L'organisme Shelter and Housing Justice Network (SHJN) demande à la Ville et au prochain maire d'en faire davantage pour lutter contre le sans-abrisme grandissant dans la Ville.

Il faut que le prochain maire prenne la situation au sérieux et fasse en sorte qu'il y ait suffisamment de places dans les refuges, notamment.

Une citation de Greg Cook, membre du réseau Shelter & Housing Justice Network

Le statu quo est inadmissible. Le prochain maire devra mettre en œuvre des politiques concrètes et devra réclamer que les gouvernements provincial et fédéral agissent [pour résoudre cette crise], ajoute-t-il.

Plan d'action des candidats

En ce moment, il y a une crise de l'itinérance. C'est critique, constate la candidate à la mairie de Toronto Olivia Chow.

Nous devons ouvrir des locaux faciles d'accès 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, qui offrent des conditions de vie sécuritaires, croit Mme Chow.

Les solutions d'Olivia Chow

  • Ouvrir des centres de réchauffement et de rafraîchissement toute l'année
  • Doubler le financement du fonds Toronto Rent Bank pour aider les ménages à payer leur loyer
  • Presque tripler les soutiens à la prévention des expulsions
  • Empêcher la perte de milliers de logements abordables grâce au financement accru de fournisseurs de logements
  • Construire des centaines de milliers de logements supplémentaires, y compris « des logements très abordables et des loyers adaptés au revenu »

Le conseiller municipal Josh Matlow estime qu'il est non seulement temps de reconnaître l'urgence de la situation mais qu'il faut aussi en faire une priorité.

Il ajoute que la meilleure façon de lutter contre la crise de l'itinérance, selon lui, c'est de s'assurer que tout le monde ait accès à un logement.

Les solutions de Josh Matlow

  • Ouvrir des centres de réchauffement et de rafraîchissement toute l'année
  • Construire davantage de logements abordables et de logements au loyer adapté au revenu
  • Améliorer la capacité, le climat interne et la sécurité des refuges pour sans-abri
  • Accroître les services liés à la santé mentale et à la toxicomanie
  • Renforcer la collaboration avec les intervenants du milieu

Pour les candidats à la mairie Olivia Chow, Josh Matlow, Mitzie Hunter et Ana Bailão, tous les résidents torontois ont le droit d'avoir accès au logement.

Il y a une crise de l'itinérance, des opioïdes et de santé mentale et nous avons besoin de mesures immédiates, reconnaît l'ancienne mairesse adjointe de Toronto, Ana Bailão.

Nous avons besoin de lits dans les refuges, nous devons nous assurer que les centres de réchauffement [et de rafraîchissement] sont ouverts et nous devons désigner les bâtiments que nous pouvons utiliser tout en améliorant l'offre de logements, a-t-elle lancé en conférence de presse mardi.

Ana Bailão à l'extérieur.

Ana Bailão a été la présidente du comité de la planification et de l'habitation de la Ville de Toronto.

Photo : Radio-Canada

Nous avons besoin de solutions. C'est ce sur quoi je vais travailler en collaboration avec les autres gouvernements, affirme-t-elle.

Au cours du mandat de l'ex-maire John Tory, elle était responsable du dossier du logement à Toronto, ce qui inquiète M. Cook.

Certains candidats ont de meilleures plateformes que d'autres. Olivia Chow n'a encore rien de concret, mais elle s'est dite préoccupée par cette situation, dit-il.

Je suis très inquiet de la plateforme d'Ana Bailão. Elle s'occupait du logement au conseil municipal de Toronto et la situation a continué d'empirer. Elle a souvent voté du côté de John Tory, explique Greg Cook.

Portrait de Mitzie Hunter dans la rue.

Mitzie Hunter croit que l'accès au logement pour tous est un droit fondamental.

Photo : Radio-Canada / Michael Wilson

De son côté, l'ancienne ministre et députée provinciale Mitzie Hunter dit avoir un plan d'ensemble pour aborder la question de l'itinérance, y compris l'itinérance chez les jeunes.

Cette candidate à la mairie propose une stratégie à trois volets : réduire l'itinérance, améliorer la stabilité du logement et accroître le bien-être mental.

Les solutions de Mitzie Hunter

  • Ouvrir des centres de réchauffement et de rafraîchissement toute l'année
  • Ajouter 400 nouveaux lits en refuge pour remédier à la surcapacité permanente du système
  • Doubler la capacité des programmes d'aide aux personnes en situation d'itinérance
  • Créer 2000 nouveaux logements avec des services de soutien grâce à un financement permanent
  • Augmenter les services de prévention des expulsions pour les logements locatifs
  • Accroître l'aide des intervenants en services de soutien aux pairs, des psychologues et des travailleurs sociaux
  • Former au moins cinq nouvelles équipes pour répondre aux besoins en santé mentale des 1000 jeunes en situation d'itinérance de la ville
  • Intervenir en aidant les jeunes et les adultes qui s'installent dans un logement permanent avec des systèmes de soutien

L'itinérance à Toronto est une crise qu'on a laissée devenir incontrôlable, croit pour sa part Mark Saunders, ancien chef du Service de police de Toronto et candidat à la mairie.

Il doit annoncer son plan en matière de logement, de santé mentale et de toxicomanie très prochainement, affirme-t-il dans une déclaration écrite.

Selon lui, les services d'aide aux personnes en situation d'itinérance ne sont pas coordonnés et ferment souvent à 17 h.

La Ville a laissé tomber les sans-abri et c'est une urgence à laquelle nous devons réagir immédiatement.

Une citation de Mark Saunders, candidat à la mairie

Mark Saunders ajoute que le nombre de nouveaux logements avec des services de soutien et le nombre de logements au loyer fondé sur le revenu ont été insuffisants pour répondre à la demande croissante.

Mark Saunders en entrevue à l'extérieur.

Mark Saunders a été le chef de la police de Toronto de 2015 à 2020.

Photo : Radio-Canada

Mardi, il a dit vouloir changer la stratégie actuelle de la Ville de Toronto en matière de toxicomanie pour miser sur les traitements contre la dépendance, mais il n'a pas dévoilé comment il compte répondre à la crise de l'itinérance.

M. Saunders s'est plutôt concentré sur la crise des opioïdes en proposant de mettre fin à la demande de décriminalisation des drogues.

Un camp de sans-abri sous une rampe d'accès à Toronto.

L'ombudsman de Toronto a critiqué la Ville pour le démantèlement de campements de sans-abri à l'été 2021.

Photo : La Presse canadienne / Chris Young

Le Comité économique et de développement communautaire a approuvé à l'unanimité mardi une motion pour demander à la Ville de Toronto de déclarer l'état d'urgence devant cette crise de l’itinérance.

Cette motion symbolique doit envoyer un message au sujet de l’urgence dans laquelle se trouve Toronto et du besoin de faire mieux en la matière, selon les conseillers municipaux.

De son côté, l'intervenant auprès des sans-abri Greg Cook espère que les candidats proposeront une vision pour Toronto où tout le monde aura un toit.

L'élection partielle pour choisir le prochain maire de la Ville aura lieu le 26 juin.

Vous souhaitez signaler une erreur?Écrivez-nous (Nouvelle fenêtre)

Vous voulez signaler un événement dont vous êtes témoin?Écrivez-nous en toute confidentialité (Nouvelle fenêtre)

Vous aimeriez en savoir plus sur le travail de journaliste?Consultez nos normes et pratiques journalistiques (Nouvelle fenêtre)

Infolettre ICI Ontario

Une fois par jour, recevez l’essentiel de l’actualité régionale.

Formulaire pour s’abonner à l’infolettre d’ICI Ontario.