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Un film sur l’utilisation de la psilocybine pour alléger l’anxiété liée à la fin de vie

Laurie Brooks en entrevue au bord d'un plan d'eau, sur une photo non datée.

Laurie Brooks a été l'une des premières personnes au Canada à avoir accès légalement à un traitement aux champignons magiques pour atténuer son anxiété de fin de vie.

Photo : La Presse canadienne / Fournie par Golden Teacher Films

Radio-Canada

Un nouveau film projeté sur quelques écrans au Canada retrace l’histoire d’une Britanno-Colombienne de 55 ans atteinte d’un cancer incurable qui a eu recours aux champignons magiques pour alléger l’anxiété liée à sa mort prochaine.

À l’origine, Laurie Brooks n’aurait jamais pensé avoir recours aux champignons magiques un jour. Elle n’aurais jamais cru, non plus, se faire la porte-parole d’autres personnes qui souhaitent avoir accès à ce genre de traitement.

Elle a toutefois découvert les effets de la psilocybine en marge de son combat contre un cancer du côlon incurable. L’anxiété qui l’habitait à l’approche de sa mort a incité un ami à lui suggérer de prendre de petites doses de champignons magiques en guise de traitement.

Le documentaire Dosed: The Trip of a Lifetime, de Nicohas Meyers et Tyler Chandler, explore ce qu’elle a vécu, ce qu’elle a compris, et son chemin vers l’acceptation de la maladie et de ses conséquences lorsqu’elle a décidé de refuser une troisième opération chirurgicale.

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Une solution de dernier recours

Le film paraît en marge d’une poursuite intentée contre le gouvernement fédéral par des usagers de psilocybine qui croient que les difficultés d’accès au produit générées par les restrictions imposées par Santé Canada et les délais d’attente et en vue d’obtenir une autorisation contreviennent aux droits à la vie, à la liberté et à la sécurité de la personne garantis par la Charte canadienne des droits et libertés.

En août 2020, Santé Canada a commencé à donner des exemptions d’un an pour les patients qui souhaitent avoir recours à la psilocybine pour soulager leur anxiété en fin de vie. Depuis janvier 2022, des professionnels de la santé peuvent demander une exemption en vertu du programme d’accès spécial de Santé Canada destiné aux personnes pour qui toutes les autres alternatives se sont avérées infructueuses.

Laurie Brooks, elle, a été l’une des premières au pays à obtenir une exemption personnelle. La résidente d’Abbotsford. Elle a d’abord pris trois grammes de psilocybine lors d’une première séance accompagnée, puis cinq grammes lors d’une deuxième séance, un an plus tard.

Lors de ces séances, elle écoutait de la musique les yeux bandés, couchée sur un canapé. Lors de la première séance, elle a décrit un assemblage de couleurs à la manière d’un kaléidoscope et une forêt. D’un sentiment de solitude et de peur, elle est graduellement passée au calme en voyant sa grand-mère décédée la guider.

Vue sur un plant de champignons magiques à l'Université de Victoria, sur une photo non datée.

Santé Canada dit avoir autorisé deux programmes d'essais cliniques de champignons magiques pour traiter l'anxiété de fin de vie.

Photo : The Associated Press / PETER DEJONG

Elle raconte que cette première expérience lui a permis de faire face au deuil et que la seconde séance lui a permis de trouver sa juste place dans le monde.

Selon elle, l’accès à la psilocybine dans un marché réglementé permettrait aux personnes en fin de vie de mieux faire face à l’anxiété, alors que le système actuel est plutôt générateur de stress.

Pourquoi n’aiderait-on pas les gens, demande-t-elle. « Dans mon cas, il n’a fallu qu’une expérience de six heures.

Un moyen d’atténuer l’anxiété

Selon le médecin à la retraite vancouvérois Gabor Mate, qui apparaît dans le film, des essais cliniques sur les effets de la psilocybine réalisés aux États-Unis montrent que ces effets sont petits, mais significatifs sur la vie des patients atteints d’un cancer en phase terminale.

Une étude réalisée en 2016 par l’École de médecine de l’Université Johns Hopkins montre une amélioration de la qualité de vie et une atténuation de l’anxiété durables six mois après un traitement chez 41 des 51 patients qui ont reçu de la psilocybine.

Je connais plusieurs personnes qui ont eu une expérience positive avec différentes substances, dont la psilocybine, administrées sous la surveillance de thérapeutes formés, explique le Dr Mate.

Les gouvernements sont beaucoup trop lents à reconnaître le potentiel du traitement, ajoute-t-il.

Santé Canada précise avoir autorisé deux programmes d’essais cliniques de thérapie assistée à la psilocybine pour atténuer la détresse de fin de vie. L’un se trouve en Colombie-Britannique et l’autre, en Ontario.

Avec les informations de La Presse canadienne

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