•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Programme des petits déjeuners : Fredericton n’aidera que la moitié des écoles

Des élèves déjeunent.

Fredericton financera les petits déjeuners dans seulement la moitié des écoles du Nouveau-Brunswick.

Photo : Radio-Canada / LAURENCE ROYER

Le gouvernement du Nouveau-Brunswick ne financera un programme de petits déjeuners que dans la moitié des écoles de la province. Fredericton ne souhaite pas aider les écoles où un organisme communautaire distribue déjà des petits déjeuners. La décision est incompréhensible, selon l'opposition et les organismes qui fonctionnent grâce aux dons.

Le gouvernement conservateur du Nouveau-Brunswick met sur la table 2 millions de dollars pour offrir des petits déjeuners dans 50 écoles supplémentaires. En septembre 2022, le gouvernement avait annoncé une aide pour 110 écoles. Au total, ce sont donc 160 écoles sur 322 qui recevront de l’aide.

Une aide financière, mais pas pour tous

Dans plusieurs écoles, des organismes communautaires aident les écoles à fournir des petits déjeuners. C’est le cas dans la Péninsule acadienne où la Fondation des petits déjeuners aide une quinzaine d’écoles.

Le ministre de l’Éducation et du Développement de la petite enfance, Bill Hogan, a dit au Comité permanent des prévisions et de la politique budgétaires que les écoles qui ont déjà un programme de petits déjeuners ne recevront pas d’aide.

Les autres écoles ont déjà un programme en place, alors il ne faut pas travailler avec elles, car elles ont déjà un programme

Une citation de Bill Hogan, ministre de l'Éducation et du Développement de la petite enfance

Cela est inacceptable, selon Wanita McGraw, présidente de la Fondation des petits déjeuners de la Péninsule acadienne.

Une élève devant un plateau de nourriture vide.

Dans toutes les régions de la province, les besoins pour offrir des petits déjeuners aux élèves sont grands et ont tendance à augmenter.

Photo : Radio-Canada / Virginie Gagnon-Leduc

Je trouve qu’on seraient pénalisés, sincèrement, dans la Péninsule acadienne, si on ne reçoit pas d’argent de la province, de ces 2 millions $, et les autres argents, évidemment, qui vont probablement suivre, lance Wanita McGraw.

La députée libérale de Madawaska—Les-Lacs—Edmundston, Francine Landry, ne comprend pas la décision de Fredericton de limiter son aide à certaines écoles.

On va tout simplement ne pas toucher les écoles parce qu’elles ont des partenaires dans leurs communautés qui les aident à avoir des aliments sains et des petits déjeuners. Je trouve ça incroyablement difficile à accepter, lance Francine Landry.

Les organismes communautaires ont besoin d’aide

Depuis cinq ans, la Fondation des petits déjeuners de la Péninsule acadienne fournit ces repas dans une quinzaine d’écoles. L’organisme repose essentiellement sur le travail de ses bénévoles, et tout son financement vient de collectes de fonds.

Wanita McGraw.

Wanita McGraw, la présidente de la Fondation des petits déjeuners de la Péninsule acadienne, estime que Fredericton devrait aider la Péninsule au même titre que les autres régions de la province.

Photo : Gracieuseté de Wanita McGraw.

On fait plein d’activités, comme notre bingo annuel. On a des tournois de golf, des dons qui viennent d’entreprises, des dons qui viennent de particuliers. On a toutes sortes de façons d’aller chercher des sous, explique Wanita McGraw.

On a aucune subvention du fédéral ni du provincial.

Une citation de Wanita McGraw, présidente de la Fondation des petits déjeuners de la Péninsule acadienne

L’inflation, qui a accru les problèmes de pauvreté, a entraîné une augmentation des coûts pour l’organisme.

T’as plus de jeunes qui ont probablement moins de chance de manger à la maison. Ça fait que t’as plus de jeunes qui ont des besoins dans les écoles, et en plus de ça, non seulement que le nombre d’étudiants augmente, mais le prix de la nourriture augmente de façon incroyable, déplore-t-elle.

Aussi, Wanita McGraw signale que son organisme, s’il finance les petits déjeuners, n’a pas les moyens de nourrir les enfants pendant la pause de midi.

On a clairement aussi un problème de dîner. Si la province pense qu’on est autosuffisants pour tous les repas, on ne l’est pas, soutient-elle.

Des milliers d’enfants ont faim

Depuis 1996, la Fondation Bob Fife aide à payer des repas le midi à des élèves de familles à faible revenu du Nord-Ouest. Yves Lévesque, le président de l’organisme, y œuvre depuis une vingtaine d’années.

Comme plusieurs autres organismes semblables dans la province, la Fondation Bob Fife tire son revenu de ses campagnes de financement, qu’il s’agisse de sa campagne annuelle ou de tournois de golf, ou d’autres activités.

Yves Lévesque.

Yves Lévesque est président de la Fondation Bob Fife, qui aide à payer les dîner des élèves d'une dizaine d'écoles du Nord-Ouest depuis 1996.

Photo : Gracieuseté de Yves Lévesque.

L’organisme, qui ne reçoit rien des gouvernements provincial et fédéral, a déjà demandé de l’aide de la province, mais en vain.

On ne comble pas la totalité de nos demandes présentement, et c’est garanti que si on avait plus de fonds dans nos coffres, on pourrait offrir plus de repas pour des élèves sur l’heure du midi, dit-il.

Une priorité des commissions de services régionaux

Dans la région Chaleur, la Commission des services régionaux a fait des petits déjeuners une de ses priorités. L’organisme a mené un sondage, qui a montré que près de la moitié des enfants ne déjeunaient pas avant d’aller à l’école.

C'est vraiment un besoin de base.

Une citation de Jennifer Pitre, gestionnaire du développement communautaire, Commission de service régional de Chaleur

La gestionnaire du développement communautaire, Jennifer Pitre, espère trouver des solutions pour offrir des repas à tous les enfants qui ont faim.

Jennifer Pitre.

Jennifer Pitre, gestionnaire du développement communautaire à la Commission des services régionaux de la région Chaleur, dit que beaucoup d'enfants ne mangent pas avant d'aller à l'école.

Photo : Radio-Canada

C’est pas juste les enfants à Bathurst qui n’apprennent pas bien quand ils ont faim, c’est vraiment une problématique provinciale, souligne-t-elle.

D’ailleurs, plusieurs commissions de services régionaux travaillent ensemble sur cet enjeu.

On a une équipe de travail avec le Restigouche, la région Chaleur, puis Northumberland, la région de Miramichi, pour voir comment, nous ensemble, on peut aider à apporter les petits déjeuners dans nos régions, dit Jennifer Pitre.

Des détails attendus avec impatience

Le ministre Hogan a présenté les grandes lignes du programme de petits déjeuners, sans toutefois donner de détails. Il a précisé que sur les 50 nouvelles écoles qui recevront de l'aide, 30 sont anglophones et 20 sont francophones.

En septembre dernier, la province avait annoncé que 110 écoles recevraient de l'aide. Les écoles visées étaient situées dans trois districts scolaires anglophones, ainsi que dans le District scolaire francophone du Sud.

Francine Landry.

Francine Landry, députée libérale de Madawaska—Les-Lacs—Edmundston, ne comprend pas pourquoi la province ne veut pas aider les écoles qui ont des programmes de bénévoles pour les petits déjeuners.

Photo : Radio-Canada / Michel Corriveau

La députée libérale Francine Landry, qui a insisté sur l’importance d’offrir des petits-déjeuners partout dans la province, a talonné le ministre Hogan sur cette question au Comité permanent des prévisions et de la politique budgétaires.

Maintenant, vous annoncez 50 nouvelles écoles, il en manque encore dans 150, si on a 300 écoles, lui rappelle-t-elle.

Bill Hogan.

Bill Hogan, le ministre de l'Éducation et du Développement de la petite enfance, refuse d'aider financièrement les écoles où des organismes communautaires fournissent les petits déjeuners.

Photo : Radio-Canada / Michel Corriveau

En fait, ce sont 162 écoles qui n’auraient aucune aide du gouvernement provincial, du moins selon ce qu’a annoncé le ministre Hogan. Mais sur le terrain, les bénévoles qui œuvrent auprès des élèves espèrent que le ministre ajustera le tir pour inclure toutes les écoles de toutes les régions.

Vous souhaitez signaler une erreur?Écrivez-nous (Nouvelle fenêtre)

Vous voulez signaler un événement dont vous êtes témoin?Écrivez-nous en toute confidentialité (Nouvelle fenêtre)

Vous aimeriez en savoir plus sur le travail de journaliste?Consultez nos normes et pratiques journalistiques (Nouvelle fenêtre)

Infolettre ICI Acadie

Une fois par jour, recevez l’essentiel de l’actualité régionale.

Formulaire pour s’abonner à l’infolettre d’ICI Acadie.